Le pire, c’est la montée de l’eau dans certains quartiers de la capitale, principalement sur les deux rives du Chao Phraya, le fleuve qui traverse la mégapole avant de se jeter dans le golfe de Thaïlande. Le pire, comme l’a rappelé la chef du gouvernement, c’est une montée progressive des eaux, limitée à certains quartiers de la capitale, « d’une hauteur de 50 centimètres à un mètre ». Mais le pire, ce n’est pas un déluge d’eau, une grande vague de deux mètres de haut qui noierait la ville et ses habitants en quelques minutes, comme pourraient le laisser croire certaines images et commentaires de reportages diffusés par les télévisions étrangères. Le pire, pour le centre « névralgique » de Bangkok, là où sont regroupés la plupart des hôtels, immeubles résidentiels, tours de bureaux et centres commerciaux, c’est de se retrouver les pieds dans l’eau ou à hauteur de genoux, à certains endroits, dans certains soïs (rues) et quartiers inondables. Le pire, c’est de ne pas pouvoir se rendre à son bureau mardi, au retour d’un long week-end. Le pire, c’est de ne plus trouver de place dans les parkings à étages des condominiums pour mettre à l’abri sa voiture, ou de ne pas trouver de denrées de première nécessité dans les magasins dévalisés… en prévision du pire. Le pire, ce matin, dimanche 23 octobre, n’est pas arrivé. Le pire est peut-être à venir, mais le pire ne sera pas une ville fantôme, coupée du monde, où seuls les bateaux auront accès à 10 millions de gens bloqués dans un océan de béton. Le pire est déjà arrivé. Le pire, ce sont des inondations catastrophiques pour le pays suite à une saison de mousson terriblement longue et pluvieuse, comme il s’en produit deux par siècle. Le pire, c’est aussi une gestion de ces inondations mal maîtrisée et qui porte à de nombreuses critiques. Mais l’heure n’est pas au bilan et aux comptes. L’heure est de venir en aide aux dizaines de milliers de réfugiés qui ont dû évacuer leurs habitations, leurs quartiers et rejoindre les centres de secours. L’heure est à la mobilisation pour tenter de sauver les communautés les plus exposées. Des dizaines de milliers de Bangkokois se sont levés ce matin dans l’idée de participer à cette grande chaîne de solidarité.
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Gavroche
23/10/2011
Inondations en Thaïlande : Le pire n’est pas à venir, le pire est maintenant
Dimanche 23 octobre. Trois jours. Trois jours qu’un air frais baigné de soleil a fait son apparition sur Bangkok. Sans les images des inondations passées en boucles sur toutes les chaînes de télévision locales, difficile d’imaginer que l’eau, des masses d’eau, des millions de mètres cubes d’eau s’accumulent aux portes de la capitale. Malgré les efforts des autorités, la mobilisation de l’armée et un grand élan de solidarité de la population pour tenter de colmater digues et barrages dressés pour ralentir le flot et prêts à céder à tout moment, les Bangkokois « doivent se préparer au pire », à déclaré hier soir la Première ministre, Yingluck Shinawatra, lors d’une intervention télévisée.
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