Si ce matin la prudence restait de mise, le gouvernement et la presse se veulent plus rassurant sur l'évolution de la situation, parlant d'un « danger écarté », après avoir préparé les Bangkokois « au pire ».
Les Thaïlandais se sont réveillés ce matin avec un peu plus de sérénité, eux qui s'attendaient, au mieux à l'évacuation de la capitale, au pire à la noyade. Une psychose collective apocalyptique – nombreux sont les habitants ayant déguerpi, tandis que des milliers de voitures ont été abandonnées sur les voies express suspendues et les ponts... – alimentée par les communiqués alarmistes d'un gouvernement aussi imprévisible que les inondations relayées par l'ensemble des chaînes de télévision locale. Des télévisions qui diffusent en boucles depuis une semaine les images de chaque ruelle des quartiers inondés de la capitale, de chaque mètre de digue ayant cédé sous la pression de l'eau, ou de chaque centimètre de plus (ou en moins) du fleuve Chao Praya, prêt à déborder telle une baignoire dont on aurait oublié de fermer le robinet…
Un constat qui ne fait pas oublier que si Bangkok est, pour cette fois, « sauvée des eaux », ce sont près de 2 millions de Thaïlandais qui, depuis juillet, ont été touchés par les inondations, les pires que le pays ait jamais connues. On déplore plus de 340 victimes, tandis que des dizaines de milliers de familles ont été évacuées et placées dans des centres d'accueil. Le bilan économique et social est très lourd. Des milliers d'usines ont été inondées, plus d'un demi million d'emplois sont directement menacés et les dégâts, considérables, se chiffrent à plusieurs milliards d'euros.
Le secteur du tourisme a lui aussi été touché, principalement par les images relayées par les télévisions du monde entier – dont le reportage scandaleux des envoyés spéciaux de France 2 ce dimanche soir au journal télévisé (des touristes qui s'enfuient, une capitale sous les eaux putrides infestées de rats, des gens bloqués et bientôt en manque de nourriture...) – n'incitant pas les voyageurs à se rendre dans le royaume, malgré l'impact très limité sur les destinations touristiques, dont la capitale, et la fin de la mousson qui annonce, en Thaïlande, le début de la haute saison touristique.












