Il fréquente assidûment le « Balto » de la place Denfert-Rochereau pour d’interminables parties de baby-foot, mais il découvre aussi très vite le rock’n’roll, les dissensions politiques avec la Guerre d’Algérie en toile de fond, les divergences littéraires et de toutes sortes dans une époque autrement plus passionnée que la nôtre.
Mais le petit Michel découvre surtout l’improbable « club des incorrigibles optimistes », un club d’échecs, situé dans l’arrière salle du Balto où Sartre et Kessel se joignent parfois à des réfugiés politiques : « Hongrois, Polonais, Roumains, Allemands de l’Est... Ils n’avaient rien, ils n’étaient rien, ils étaient vivants. » Ils avaient tous quitté une position éminente, leur famille, leur pays pour devenir chauffeur de taxi, gardien de nuit… ils taisaient leurs souffrances, trompaient leur profonde mélancolie par un humour ravageur et un éthylisme désespéré, masquant ainsi leurs remords et leurs trahisons…
Ne faut-il être pas un bien adroit romancier pour nous faire avaler l’énormité de l’existence d’un tel comité dans l’arrière-salle d’une brasserie parisienne plutôt populaire ? C’est précisément la magie de la littérature que d’y parvenir et de nous faire découvrir un nouveau romancier de 59 ans, Jean-Michel Guenassia, qui s’est investi sans pareil dans une telle entreprise, à laquelle il aura consacré près de dix ans de sa vie pour nous immerger avec maestria dans une époque, une ambiance, une nostalgie de mondes et de caractères disparus, bref, pour contribuer avec une éclatante réussite au renouvellement de la littérature française qui avec ce type de récit, retrouve simplement le souffle épique, historique et social qui signa certaines de ses grandes réussites passées.
"Le Club des Incorrigibles Optimistes" de Jean-Michel Guenassia.
Paris : Albin Michel, 2009. 756 pages. 1500 bahts.
Librairie Carnet d'Asie, Alliance française
02 670 4280
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Gavroche
06/01/2010
Livre
"Le Club des Incorrigibles Optimistes"
Michel Marini, le personnage pivot du premier roman fleuve d’environ 800 pages de Jean-Michel Guenassia, est un petit Parisien de 12 ans en 1959, fils de réfugiés d’Algérie, plus passionné par la lecture et les parties de baby-foot que par les études.
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