Inutile d'avoir une silhouette de mannequin ou de sortir d'une école de théâtre parisienne. Les farangs (Occidentaux), petits, grands, gros, musclés, chauves, mâles ou femelles, peuvent intéresser un producteur pour son prochain lm. Les tournages sont de plus en plus nombreux dans le royaume, que ce soit pour de spots publicitaires ou de grosses productions de cinéma. Partout, l’étranger peut se faire repérer : dans la rue, dans un bar, un restaurant ou sur son lieu de travail. Il arrive même que des agents s'invitent à des réunions professionnelles ou visitent des entreprises étrangères an d'y sélectionner les prols recherchés. Mais avant de posséder des qualités esthétiques particulières, il faut être disponible, car les tournages peuvent s'étendre sur plusieurs jours, à raison de plusieurs heures par jour. La patience devient, dès lors, une qualité exigée et indispensable. Entre deux prises, parfois très courtes, les attentes peuvent sembler interminables.
Parfois, les conditions de tournage sont rudes et un physique endurci s’avère utile. Lydia, la propriétaire du restaurant français l'Arc à Jomtien, l’a vécu. « J'ai dû sauter d'une falaise pour atteindre un filet de pêche à la mer et aussi passer quelques heures sous le soleil à bord d'un vieux tacot dévalant les petites ruelles de Bangkok », témoigne la gurante du dernier lm de Christian Clavier, On ne connaît pas sa famille. « Mais l'expérience fut inoubliable, et Muriel Robin et Jean Reno sont fort sympathiques. » Expérience inoubliable et, la restauratrive en convient, lucrative. L'intérêt nancier peut vite représenter la première source de motivation. De moins de 5 000 bahts pour une apparition, le tarif passe à plusieurs dizaines de milliers de baths pour une doublure, voire plus pour un spot publicitaire entier ou un rôle parlé. Dans ce dernier cas de gure, parler la langue thaïlandaise n'est pas une obligation mais représente un grand avantage. En revanche, la maîtrise de l'anglais reste indispensable, à moins de tourner pour une production française. En dépit de scènes de tournage parfois pénibles, les gurants farangs protent d’agréables conditions d’accueil. Ils sont nourris et logés au point de se sentir traités comme des stars. Mais des stars éphémères avant tout. Ce genre d’expérience reste rare et ne devient qu’exceptionnellement une profession à part entière.
L’oeil sur vous !
La plupart des gurants s’inscrivent dans une agence de modeling de la capitale pour décrocher leur contrat et espérer gurer dans une production. Booking, casting à l'occidentale : des méthodes professionnelles qui ont un coût, les charges retenues sur les indemnités de tournage pouvant monter jusqu'à 30%. À Pattaya, il n'existe pas d'agence de ce type, mais que ses résidents se rassurent : Pinit Lee repère ! Doté d’une expérience professionnelle multiple et variée, l’assistant de production a découvert le métier de régisseur en 2004, lors du tournage de Deux frères, le lm de Jean- Jacques Annaud. Suivent Chok Dee et Lady bar 2, deux productions françaises, puis Largo Winch 2 de Jérôme Salle, sorti cette année. Pinit est chargé de repérer des lieux, des paysages mais aussi des acteurs et des gurants, aussi bien autochtones qu'étrangers. Il a toujours les yeux ouverts et son sens de l'observation en éveil. S’il vous croise, souriez, vous serez peut-être lmé !
DAVID MICALLEF
Infos : talaysong@yahoo.com
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Gavroche
22/09/2011
Village francophone
Pattaya recherche farangs figurantsPlus de 500 productions étrangères viennent tourner chaque année dans le royaume. Régulièrement, elles recrutent des figurants sur place, à Pattaya notamment, où les farangs représentent une source inépuisable de profils potentiels.
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