Mélanie Maudet | Gavroche | 23/12/2011
Tourisme  

Buffles, scooters et autres petits plaisirs aux alentours de Chiang Mai

Surnommé le marché aux buffles, le visiteur ne vient jamais ici par hasard. Mais pour acheter du bétail, ou un deux roues et plus s’il trouve son bonheur dans ce « souk » thaïlandais situé non loin de Chiang Mai.

Lorsque l’hymne royal retentit, en début de matinée, dans les allées du marché aux buffles, voilà déjà près de trois heures que vendeurs et visiteurs se croisent et négocient. Cet endroit n’a rien de commun avec un marché traditionnel. Certes, l’on achète et l’on vend comme partout ailleurs, mais aussi on troque, on reluque la magnicence des bovins, on encercle les coqs de combat en pariant sur leur performance, on s’amuse des gros insectes, arrimés à un morceau de canne avec comme destin, celui de gladiateurs miniaturisés.

Tout commence le long de la route nationale 108, quelques kilomètres après Hang Dong. De chaque côté des voitures et des étals annoncent la proximité imminente de la foire. En y pénétrant et une fois dépassées les halles aux véhicules, les couloirs se rétrécissent, donnant le sentiment de pénétrer dans un souk marocain quadrillé par son dédale d’allées. Heureusement ici, l’extrémité n’est jamais loin et c’est escorté en permanence par une musique criarde, que le marcheur passe successivement des fruits et légumes aux vêtements, aux outils, aux accessoires de voitures, à la vannerie, aux plantes, mais aussi aux livres, aux chapeaux, aux bijoux, sans oublier une ménagerie à la Jacques Prévert, faite de jeunes lapins, d’oies et de poissons.

De la cour des grands à la basse-cour

Ce marché est surtout réputé pour ses espaces dédiés aux vélos et cyclomoteurs en tous genres ; du matériel d’occasion, avec quelques années au compteur, toujours vendu au juste prix. Certains viennent pour échanger un plus ancien contre un nouveau, en rajoutant quelques centaines de bahts. Il est toujours possible de l’essayer et de négocier, mais aucune garantie après-vente n’est proposée.

L’autre raison de sa notoriété, c’est la présence des buffles. Sur cet espace, à l’extrémité du marché, pas une femme, mais des habitués à en croire leurs palabres et leurs commentaires en direction des bestiaux au cuir luisant et aux muscles saillants, exposés comme s’ils venaient participer à un concours. à quelques mètres, les camions attendent d’embarquer le bétail. Une partie est destinée à la boucherie, une autre à l’élevage. Dans le prolongement, se découvre un champ entier de paniers. Drôle de vision offerte par ces grosses cloches artisanales, d’un mètre de haut, en bambou pour la plupart, alignées côté à côte et surmontées d’un plastique pour en fermer la partie supérieure. Ce sont des cages à volailles. Inlassablement, poules et coqs en sont extraits pour être tâtés et soupesés. à quelques mètres, un attroupement forme une sorte de rempart autour d’une piste cylindrique, pas tant pour en empêcher l’accès que pour éviter aux combattants de tenter la moindre échappatoire. Car c’est bien de combat dont il est question. Le cou haut monté, les plumes hirsutes, le bec prêt à plonger dans la chair de l’adversaire, les deux protagonistes se toisent. La plupart de ces coqs portent les stigmates de leurs derniers pugilats et quand il semble évident que l’un des deux a perdu, il est retiré de l’arène pour lui éviter la mort. Un air de gallodrome version Caraïbe, où là-bas aussi, les combats de coqs sont particulièrement appréciés.

Et ainsi s’enchaînent les duels de gallinacées, tandis que les spectateurs vont et viennent en quête de tabac à chiquer ou d’ingrédients pour la préparation de la salade de papaye. Vers 11 heures, alors que le soleil devient insupportable et que les visiteurs sont las de déambuler, le marché ferme ses portes, jusqu’au samedi suivant.


Mélanie Maudet

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