A mon arrivée par le train de nuit en provenance de Bangkok, j’ai du mal à trouver mes repères dans une ville aux avenues disproportionnées, aux commerces souvent abandonnés. C’est donc à bord d’une calèche que je fais mes premiers pas. Cette impression de ville endormie, révélant de-ci de-là son patrimoine architectural, me replonge dans l’atmosphère surréaliste de Jogjakarta en Indonésie. De nombreuses maisons anciennes tout en bois mériteraient une vraie rénovation, tandis que certains temples, tout aussi malchanceux, ont perdu un peu d’âme, suite à une mauvaise rénovation. Malgré tout, la ville aux allures bancales me révèle ses visages: la vieille pharmacie chinoise, les couturières de rue, les dactylographes payées à la page et, au bord de la rivière, des bars aux allures clandestines qui passent des tubes des années 80. Je me laisse peu à peu séduire par cette ville surprenante.
Abandonnant la calèche, c’est à pied que je fais ma première visite majeure : le Wat Si Chun. Ce temple Birman, avec ses toits à plusieurs niveaux, ses gargouilles délicatement sculptées et ses mosaïques de verres colorés me transporte immédiatement de Jogjakarta à Inle. Par le plus grand des hasards, ma visite se déroule aux alentours 16h. C’est, à mon goût, la plus belle des lumières pour mettre en valeur les temples d’Asie et je me laisse envoûter par les dorures des motifs floraux qui s’estompent dans la blancheur laiteuse des peintures murales.
Le lendemain, je décide d’explorer le patrimoine Lanna de Lampang, direction le sud vers le Wat Phrathat Lampang Luang. Il me faut passer les murs d’enceinte de facture récente pour découvrir l’un des exemples les plus remarquables de l’architecture religieuse Lanna dans toute la région du Nord. Il apparaît aujourd’hui comme le bastion qu’il fut, avec son immense Chedi datant du milieu du 15éme siècle, mesurant 45 mètres de haut et 24 mètres de circonférence, dominant ainsi l’espace fortifié. Le Wihan principal ouvrant sur chaque côté, est une structure tout aussi délicate avec ses fresques murales sur des panneaux de bois surmontés par un toit en étage. Le résultat et l’état de conservation me laissent sans voix.
Je m’interroge toujours, pourtant, sur l’avenir d’une ville qui parait désertée. Une fois de plus, ma patience sera récompensée et la visite du marché de nuit du samedi me redonne espoir. Je retrouve, perdu dans une foule compacte, toute l’énergie et la simple joie de vivre de la Thaïlande. Des mélanges de générations, de mondes contemporains et traditionnels, des tout petits riens qui font qu’en Asie, tout est possible.
Je repars de Lampang, pensif et optimiste.
Chi PHAN –Exotissimo
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Gavroche
01/11/2010
Tourisme
Thaïlande, Lampang: Si proche et si lointaine à la fois
A seulement 01h30 de route de Chiang Mai, construite à la même époque, Lampang est loin de jouir du même essor économique que sa voisine. Et pourtant, c’est une ville qui recèle bien des trésors.
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