Sa récente prise de position favorable à l’ouverture de salles d’injection encadrées pour les toxicomanes a le mérite de jeter un éclairage salutaire sur un problème de santé publique qui peine, de par la nature même de la population concernée, à émouvoir les foules.
En effet, qui s’intéresse aux turpitudes sanitaires des toxicos ? Le Premier ministre a d’un revers de main jeté aux oubliettes la proposition de Mme Bachelot, qui pour le coup a presque fait figure de dangereuse rebelle. Il est devenu fréquent que l’exécutif se réfère aux exemples venus de l’étranger pour convaincre qu’il s’agit d’exemples à suivre. Il y a longtemps que la Suisse, la Suède, l’Allemagne et d’autres pays d’Europe ont ouvert avec succès de telles structures. Les usagers y consomment leur drogue dans des conditions d’hygiène correctes, et des intervenants sont présents pour les aiguiller sur des solutions pour sortir de leur addiction, avec des résultats probants.
Dans les années 80, où l’héroïne était LA drogue, les seringues n’étaient pas en vente libre dans les pharmacies, et les toxicomanes les partageaient, partageant du même coup les virus de l’hépatite C, du Sida et d’autres joyeusetés du même genre.
S’il y avait eu des salles de shoot à cette époque, cela aurait évité à de nombreux drogués, qui croyaient que le bonheur se trouve au bout de la seringue, de traîner comme un boulet mortel une épée de Damoclès lourde de funestes conséquences. Et puisque la finance gouverne le monde, parions que l’argument que le fonctionnement d’une salle de shoot revient moins cher qu’une pathologie au long cours saura in fine trouver des oreilles attentives, à défaut de compassionnelles.
On parle aussi de rouvrir les maisons closes. A y regarder de plus près, cela n’est pas sans rapport avec ce qui précède. Dans les deux cas, il s’agit de cacher derrière les hauts murs ceux que la société ne saurait plus voir : les marginaux, les originaux, les déviants, ceux qui sortent un tant soit peu du moule dans lequel on prétend contraindre l’individu, l’homo economicus du XXIème siècle condamné à produire et consommer, et prié de garder ses miasmes. Dans les pays où les bordels formatés des temps modernes ont rouvert, il paraît que « la chair est triste, hélas ! » et que des gérants appointés par d’obscurs fonds de pension ont remplacé les mères maquerelles d’antan. Tout fout le camp, ma bonne dame.
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Gavroche
02/11/2010
France
/ Chronique
Allez, pour une fois...
...Accordons un satisfecit à notre ministre de la Santé et des Sports, l’extravagante Roselyne Bachelot- Narquin. Il ne s’agit pas là de louer sa proposition de faire passer la population française au dépistage du sida, comme en d’autres temps elle avait tenté de vacciner la France entière contre l’énigmatique virus de la grippe A. D’ailleurs, et en faisant preuve d’un mauvais esprit parfaitement assumé, on peut se demander à quel laboratoire ami elle envisage cette fois de passer sa colossale commande de tests de dépistage.
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