Ils ne ratent pas une occasion de frauder, ne paient pas l’impôt, se prélassent à la maison sous couvert d’arrêt maladie et leurs doigts sont devenus crochus à force de voler des aides sociales indues. Si les Français étaient jusqu’à présent des Grecs qui s’ignorent, leur président se sera chargé, par la grâce d’un discours de campagne qui ne dit pas son nom, de leur ouvrir les yeux sur leur condition nouvelle de voleurs de poules. « La fraude, c'est la plus terrible et la plus insidieuse des trahisons de l'esprit de 1945. C'est la fraude qui mine les fondements même de la République sociale voulue au sortir de la Résistance en 1945 », a déclaré le chef de l'état. Il s’agit là d’une évidence, et rares seront nos compatriotes à approuver la fraude généralisée et applaudir au sac des comptes sociaux, de la même manière qu’ils seront nombreux à estimer que l’eau, ça mouille. Alors pourquoi ne pas prendre les mesures de bon sens consistant à renforcer les équipes chargées de contrôler le bien fondé des aides sociales, sans pour autant jouer les uns contre les autres, le public contre le privé ? Il y aurait des élections bientôt, avec ratissage de voix tout azimut, que ça ne m’étonnerait pas…
L’enfer, c’est les autres. Cette citation de Jean Paul Sartre, les dix millions d’usagers quotidiens du métro pourraient la reprendre à leur compte. Bousculés par un malotru qui entre dans une rame, énervés par une musique trop bruyante issue des écouteurs d'un voisin ou rattrapés par un chewing-gum laissé sur un siège, les occasions de maudire ce compagnon d’infortune, condamné à voyager dans une promiscuité subie sont légion. Chaque jour, dans les transports en commun, les Franciliens font les frais des incivilités des autres voyageurs. On a donc lancé une grande campagne pour rappeler aux gêneurs qu’ils ne sont pas seuls au monde. Las ! Depuis 1997, la RATP a développé de nombreuses campagnes en ce sens, pour un résultat sans réel changement de comportement. Paris sera toujours Paris.
Et pendant ce temps-là, quand le pédalo hexagonal prend l’eau de toutes parts, notre DSK national continue de faire parler de lui. Voilà qu’on apprend maintenant qu’il calquait l’organisation de ses rendez-vous galants sur son emploi du temps de président du FMI, démontrant par là une habileté certaine à joindre l’utile à l’agréable. Mesurait-il, cet insatiable forniqueur, lorsqu’il déchargeait son trop plein de vitalité sur le col de Nafissatou Diallo, à quel point ces quelques centilitres de semence allaient bouleverser le cours de sa vie, et celui d’une presse française que l’on a connue moins encline à se vautrer dans la fange ? Allez, qu’on lui lâche la grappe et qu’il se fasse soigner.
Fred Salmon
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Gavroche
18/01/2012
France
/ Chronique
Fraudeurs, malotrus, et toujours le même DSK...
Comme chaque mois, le chroniqueur Fred Salmon porte un regard amusé et dénué de complaisance sur l’actualité française.
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