- Les affaires. Si l’on opère un bref retour sur l’année qui vient de s’écouler, force est de constater que ce qui la caractérise, outre les péripéties économiques et financières dont on nous gave ad nauseam, c’est le nombre incroyable d’affaires pas toujours reluisantes qui sont sorties jour après jour, mois après mois.
A ma droite, affaires Karachi, Bourgy, emplois fictifs de la Ville de Paris, les vacances de MAM en Tunisie, de Fillon en Egypte et de Guaino en Lybie. Woerth, sa femme et son hippodrome, l’affaire Bettencourt, l’affaire des fadettes (un joli petit nom pour une vilaine manie d’espionnite du ministre de l’Intérieur); Le permis de construire illégal de la villa de Joyandet, le reflexologue Georges Tron mis en examen pour viol en réunion et j’en oublie.
A ma gauche, deux jolies pépites mises au jour par l’inénarrable Arnaud Montebourg (dont la principale qualité est d’être le compagnon d’Audrey Pulvar) : affaire de corruption généralisée dans la Fédération socialiste du Pas-de-Calais, et affaire Guérini à Marseille, ville maudite gangrenée par des parrains mafieux d’un côté et des tueurs de flics armés de kalachnikov de l’autre.
Et cerise sur cet indigeste gâteau, l’affaire Strauss-Kahn et ses multiples rebondissements, dont on se demande si elle trouvera un jour une conclusion.Même le centre, ce ventre mollasson de la politique française n’est pas en reste : le transparent et presque inutile Hervé Morinn, accessoirement candidat à la Présidentielle (0,5% dans les sondages) est rattrapé par la vente d’un de ses pur-sang à l’Emir du Qatar, à l’époque où il faisait office de ministre de la Défense, et signait de gros contrats d’armement avec le même émir. Cet inventaire à la Prévert reste toutefois non exhaustif. - Les affaires (2) pendant la crise, elles continuent. Oubliés les grands cris indignés du gouvernement français contre les bonus indécents des patrons des banques... Une directive européenne a bien exigé un « équilibre » entre leurs rémunérations fixes et variables, mais le règlement français qui l'a transposée l'a édulcorée. Résultat : certains banquiers continuent à se verser des parts variables cinq fois plus élevées que leur fixe... Même si au total, leurs rémunérations auront accusé une baisse de 20 %, on est encore loin de la soupe populaire.
- Mais la grande affaire de 2012, ce sera bien sur la Présidentielle. On suivra avec délectation un Sarkozy tentant de faire oublier qu’il exerce le pouvoir à divers titres depuis plus de 10 ans, et refaisant le coup de 2007 avec casque de chantier sur la tête, aréopage d’ouvriers au second plan, auxquels on donne des petites tapes complices et viriles dans le dos. Un petit Poutine. On se délectera du spectacle d’un Hollande, futur président (?) par défaut faisant le grand écart entre promesses intenables et contraintes budgétaires, entre le désir sans doute sincère de donner à rêver et la marge de manoeuvre réduite que les marchés, nos nouveaux bons maîtres du XXIème siècle lui condescendront. Et n’oublions pas, toujours en embuscade, la Marine : Que le suffrage universel, dans son infinie mansuétude, nous en préserve…
Meilleurs voeux!
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Gavroche
18/01/2012
France
/ Chronique
C’est une affaire qui roule !
Comme chaque mois, le chroniqueur Fred Salmon porte un regard amusé et dénué de complaisance sur l’actualité française.
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