C’est en 1557 que les missionnaires et marchands portugais posèrent leurs valises à Macao. La Chine leur avait offert ce petit archipel pour le coup de main rendu dans la lutte contre les pirates. En 1974, la Chine hésite encore et refuse la rétrocession du gouvernement. Il faudra attendre 1987 pour que Portugais et Chinois trouvent un terrain d’entente, pour qu’enfin le 20 décembre 1999, l’archipel redevienne chinois, sous un régime d’administration spéciale comme sa voisine Hong-Kong.
On se perd dans le dédale des ruelles de la ville entre quartier chinois et façades portugaises. Faite de pierres et de bois tropical, l’église baroque de Sao Domingos fut transformée au 19ème siècle en écurie. Restaurée depuis, elle trône fièrement sur la place Largo de Sonado, qui est le centre historique de Macao. Même si les grandes enseignes de restauration rapide s’en sont emparées, les vagues de ses pavés, les couleurs chatoyantes des églises et les somptueuses façades qui bordent les rues piétonnes invitent à la flânerie. Si vous avez un creux, ne manquez pas les beignets farcis à la viande de la rua da Palha, face au magasin Quick Silver.
A quelques pas de là, les ruelles conduisent à l’église Sao Paulo. Elle fut ravagée en 1835 par un incendie qui laissa miraculeusement intacte sa façade. Elle est devenue depuis l’emblème de la ville. On peut y grimper en empruntant un gros escalier métallique de très mauvais goût, situé à l’arrière du mur, et y observer les catacombes. C’est un excellent endroit pour y déguster une tarte aux oeufs (voir encadré) et pour reprendre des forces avant de grimper sur le fort qui jouxte l’édifice. Du fort de Sao Paulo do Monte, on jouit d’une
vue d’ensemble idéale sur Macao. L’homme a connu son heure de gloire en 1622 en décimant une flotte hollandaise qui essayait de s’introduire dans la baie. Mais les canons ne menacent plus que les immeubles flamboyants du Grand Lisboa.
Même si les chinois se pressent toujours au temple d’A Ma, elle n’est plus la seule à qui ils confient leur destinée. A Macao, on joue sa vie sur un coup de dés. Ici, le jeu c’est sérieux. Les mises ont dépassé celles de Las Vegas. C’est un sacré business qui vient de consacrer Macao la ville état la plus riche d’Asie, devant Singapour. Et les casinos y contribuent
pour plus de 40%.
Même sans être fou de jeu, il est impossible de rester insensible au gigantisme des récents projets. The Venetian, la dernière folie de Cotai Strip, entre les îles de
Coloane et de Taipa, avec ses 3000 chambres, se targue de pouvoir abriter 90 Boeing 747; ce qui bien qu’amusant, serait totalement inutile. Tout y est démesuré, à l’extérieur comme à l’intérieur, on peut faire un tour de gondole sur les canaux, aux doux chant des gondoliers qui n’ont rien à envier à Placido Domingo. Le trompe l’oeil du plafond vous transporte
sur la place Saint Marc à la nuit tombée, une légère brise vous rafraichit, l’illusion est parfaite. Vous traversez le pont Rialto, montez au Campanile ou sirotez un capuccino au café Florent (où même les prix exorbitants ont été conservés). Toutes les grandes enseignes du luxe sont là. Bref, les millionnaires potentiels n’auront pas besoin d’aller bien loin pour flamber leurs gains.
Une autre option en centre ville cette fois, le casino Wynn offre une aire de jeu de très grande classe. Pour un dîner portugais, rendez-vous au «O Porto Interior» (259b Rua do Almirante Sergio). Ne vous laissez pas duper par le voisinage, le tout Macao s’y presse pour déguster les spécialités de poissons et de poulets. Bref, Macao a de quoi remplir un week-end de démesure. Mais ne vous attendez pas à l’ambiance insulaire d’autrefois, le temps des miniMokes est révolu.Ces jeeps de plage ont été interdites en 2006 pour des raisons de sécurité routière, dit-on. Disons que pour du gros jeu, ça ne faisait pas sérieux.
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Gavroche magazine
04/08/2008
Tourisme
MACAO : Des mini-Mokes à Cotai Strip
Le strass et les paillettes des casinos pharaoniques. La fraîcheur pastel des églises portugaises. Les vapeurs d’encens du temple d’A Ma. A Ma Gau! La baie d’A Ma, du nom de cette fille, devenue déesse après avoir survécu à une tempête en mer. Macao, la baie d’A Ma, attire les fous de Dieu ou les fous de jeu…Et parfois les deux.
Les tartes aux oeufs
Partout dans la ville, les échoppes spécialisées dans les produits laitiers pullulent. Les yaourts frais sont une pure merveille. Mais c’est la tarte aux oeufs qui retient toute notre attention. Elle est inspirée d’une pâtisserie portugaise traditionnelle, la pastel de nata, elle-même originaire des côtes de Belem. C’est une sorte de tarte garnie de crème brulée. Mais la version
asiatique propose un flanc plus sucré au dessus caramélisé versé dans une pâte feuilletée. C’est Andrew Stow, un anglais installé sur l’île de Coloane, qui mit au point cette version et la rendit célèbre dans son café Lord Stow, crée en 1989. Depuis il a des filiales dans toute l’Asie où l’on fait la queue pour déguster la tarte à l’oeuf de Macao. www.lordstow.com Où en trouver à Bangkok? Ton Son Phanich 392/16 Siam Square Soi 5
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