Malto C | Gavroche | 18/08/2010
Tourisme  

Nosy Be : joyau de l'Océan Indien

« L’ île aux mille odeurs, aux mille couleurs, aux mille visages. » Pour être exagérée, cette description, tirée d’une brochure d’hôtel, reflète pourtant une certaine image de Nosy Be : une île aux sens exacerbés, chargée d’exotisme, a la fois sauvage et accueillante. Une île que tout voyageur rêve de découvrir.
Les derniers rayons de soleil viennent caresser les visages avec une chaleur apaisante. Le bateau à fond plat ralentit brusquement en approchant du lagon d’Ambohiday, donnant l’impression de se faire engloutir par la mer. Mais le skippeur remet un peu de gaz pour approcher le plus près possible de la plage. Tandis que les bagages sont déchargés à dos d’homme, Marcello Spadoni, le directeur italien de l’Amarina, nous gratifie d’un bonjour a l’accent transalpin. Pendant qu’il nous fait visiter son resort, aussi luxueux qu’isolé, cet ancien animateur de club aux quatre langues nous raconte avec l’âme d’un poète et la chaleur d’un méridional son attachement pour cette ile du bout du monde ou « rien n’a changé en 20 ans ».

Et si Nosy Be nous était conté… Marcello est persuadé que l’île a un bel avenir. Le nombre de touristes a augmente de façon constante ces dernières années, suite à une longue traversée de désert où Madagascar avait subi les aléas des « effets de mode » qui rendent une destination populaire pendant un temps, avant d’être délaissée, telle une maitresse qui trahit son amant, pour une autre. Nosy Be (« grande île », en langue malgache) souffre aussi d’une pénurie d’infrastructures, dû au niveau de pauvreté général et du peu d’investissement étranger. Malgré les 144.000 visiteurs qui ont visité l’île en 2006, le relatif isolement aérien du pays la rend dépendante du marché européen, notamment français et italien. Elle envie l’île Maurice, sa rivale de l’Océan Indien et son million de visiteurs par an! Le directeur de l‘Amarina note cependant que des investisseurs étrangers, comme le propriétaire français de son hôtel, ont beaucoup misé sur le potentiel de Nosy Be, la destination plage la plus populaire de cet immense pays, grand comme une fois et demie la France pour moins de 20 millions d’habitants.

Comme beaucoup de résidents, Marcello vit une relation passionnelle avec l’île, « belle, sauvage », et ses habitants, « attachants, authentiques ». A Nosy Be, le temps semble s’être en effet figé depuis le départ des Français, en1960. «Alors que tout les pays célébrait l’indépendance, nous avons refusé d’y participer, en signe de protestation. Nous ne voulions pas voir les français partir», nous expliquera plus tard avec fierté un guide local originaire de l’île.

Cet attachement à la France a une histoire. Elle commence en 1840. Les Sakalava, peuple qui dominait le côte nord-ouest de Madagascar, sont alors menacés par les Merinas, ethnie des Hauts Plateaux, anciens maîtres du pays. Profitant du passage dans le canal du Mozambique d’un navire français, le Colibri, ils demandent la protection de la France. Le contre-amiral de Hell, gouverneur de l’ile Bourbon (ancien Réunion), au patronyme inoubliable, va alors obtenir de la reine Sakalava Tsiomeko le protectorat du pays Boina. De Hell donnera plus tard son nom au chef-lieu et port de Nosy Be, Helle-ville. Les cultures de vanille, d’indigo, de plantes a parfum comme l’ylang-ylang, puis de cannes à sucre, sont introduites par des colons venus de La Réunion. L’ile va alors rapidement prospérer et devenir un comptoir commercial important.

Après 1960, Nosy Be, qui mise sur ses nombreux trésors naturels, se tourne peu a peu vers le tourisme. Mais l’extrême pauvreté provoquée par des périodes de troubles politiques qui vont traverser le pays en vagues successives jusqu’au milieu des années 90, vont refermer le pays sur lui-même et fortement ralentir son développement. L’activité touristique de Nosy Be est alors principalement concentrée autour du village balnéaire d’Ambatoloaka, où le tourisme sexuel devient florissant dans las années 80. Alimenté par des filles des familles pauvres venues de l’intérieur des terres chercher du travail, il est alors contrôlé par des vazahas (blancs) qui montent des bars, restaurants discothèques et petits hôtels avec la complicité des parrains locaux et d’une administration corrompue. Mais Nosy Be est aussi la destination privilégiée des expatriés d’Antanarive, qui viennent profiter pendant leurs congés du climat tropical et des plages de sable fin. Ils vont contribuer à inscrire l’île dans les circuits des tour-opérateurs comme l’une des destinations paradisiaques incontournables de l’Océan Indien.

Aujourd’hui, le gouvernement, conscient du formidable potentiel touristique de son joyau, en a fait un pôle de développement prioritaire. Les routes, en piteux état, sont en cours de réhabilitation et quelques hôtels de standing, dont un club de vacances italien, ont ouvert ces dernières années, attirant une clientèle plus huppée. Ils viennent compléter une gamme de petits établissements de charme tournes vers les voyageurs individuels. Mais l’Etat à lui seul semble incapable de subvenir aux besoins d’investissement nécessaire au développement de l’île. Les structures sanitaires et sociales sont quasi inexistantes. Le réseau électrique est encore alimenté par des générateurs et les Malgaches de l’île rêvent encore de voir un jour leur quotidien s’améliorer.

Si nombre d’entre eux dépendent de près ou de loin de l’industrie de tourisme, cette dernière est encore insuffisant pour faire vivre une population de 65000 habitants qui tirait principalement ses revenus de l’industrie agricole. Or le plus gros employeur de l’île, Sirama, la compagnie sucrière nationale malgache, a déposé le bilan en 2005, laissant de centaines de familles sans ressources.les ouvriers ont fini par brûler tous les champs de cannes a sucre qui servaient à la fabrication d’un rhum célèbre de Madagascar. Depuis, ils attendent sans trop d’espoir un hypothétique repreneur. Seule une distillerie-musée d’ylang-ylang, datant de l’époque coloniale, fait encore vivre quelques dizaines de familles. Mais pour combien de temps encore ?

A l’embarcadère du port de Hell-Vill, trois chalutiers a l’attache indiquent la présence d’une pêche industrielle. Sur le quai, des hommes tentent tant bien que mal de faire descendre d’une boutre de transport un troupeau de zébus. Ces barges traditionnelles, dont la voile triangulaire a été remplacée par un moteur pétaradant, ravitaillent l’île en denrées de première nécessité depuis Ankifi, sur le continent.

En quittant la rade, notre barge longue un grand paquebot de croisière en escale qui navigue entre les îles de l’Océan Indien. Une demi-heure plus tard, sous un ciel d’un bleu a l‘accent méditerranéen, nous atteignons Nosy Komba, « îles aux lémuriens. Très fréquentée en raison de sa proximité avec Nosy Be, elle est réputée pour la fabrication de pirogues à balancier. Une balade jusqu’au sommet de l’île permet de traverser des anciennes plantations d’ylan-ylan, de vanille et de poivre, et d’observer des lémuriens a l’état sauvage. Mais nous nous contenterons de traverser le minuscule village d’Ampangorina, où les insulaires tentent de des breloques aux touristes dans une fausse ambiance de musique et danses traditionnelles. Circuit privilégie des tour-opérateurs, cette balade d’une journée nous amène sur une autre ile proche, Tany Kely, pour un pique-nique-plongée-sieste tout aussi originale que la visite de James Bond Island en Thailande…Les mêmes groupes de touristes que nous avons croises a Nosy Comba nous ont précédés. Ils étalent leur masse de chair blanche au soleil tandis que des cuisinières malgaches partent préparer le repas composé de poisons succulents et de brochettes de crevettes et zébu grillés.

Mais le véritable intérêt de cette visite se trouve sous l’eau. Là, à deux mètres de profondeur, s’étalent des fonds coralliens si riches en poissons de toutes sortes que l’aquarium du Siam Paragon à Bangkok vous semble aussi ridicule que l’aquarium de votre poisson rouge ! Une torture marine m’observe avec ses grands yeux avant de s’éloigner de quelques mouvements gracieux de nageoires. Spectacle saisissant, enchanteur !

Le lendemain matin, nous reprenons la mer pour une longue traversée sur un petit hors-bord à fond plat muni d’un puissant d’un puissant moteur. Destination Nosy Iranja (l’île aux tortues), la perle des perles ; deux bouts d’îles entourées d’un lagon a l’eau cristalline digne des plus belles cartes postales. La plus grande est habitée par des familles de pêcheurs. Elle est reliée a sa petite sœur par une frange de sable que l’on traverse a pied a marée basse. En grimpant au sommet d’un vieux phare rouillé hors d’usage, construit autrefois par les Français, on distique de l’autre côté du cordon ombilical les bungalows d’un resort de luxe a l’accès interdit. En contrebas du phare, derrière la petite école qui a investi l’ancienne maison du gardien du phare, un remblaiement de latérite d’une centaine de mètres de long et de dix mètres de large recouvre le sommet de l’ile, étouffant la végétation. L’explication, à peine croyable, de ce chantier abandonné dans un lieu aussi sauvage et inaccessible nous sera donnée par le vieil instituteur de l’école. Suite à un conflit entre l’ancien propriétaire français du Island Dream Hotel, sur la petite île privée, et le palais présidentiel, l’autorisation de poser l’hydravion qui transportait la clientèle de l’hôtel fut retirée. Ne s’en laissant pas compter, le Français fit amener des bulldozers sur la grande île et entreprit la construction d’une piste pour y faire atterrir un ULM ! L’histoire rentrera surement dans la légende de ces aventuriers qui ne reculaient devant rien pour mener a bien leurs projets les plus fous. Mais il n’eut pas le temps de terminer son projet, laissant derrière lui une nature meurtrie. En redescendant sur la plage, à l’entrée du village, une pelleteuse rouillée par le sel a été abandonnée sur place…Aujourd’hui racheté par un groupe sud-africain, l’hôtel achète le poisson des pêcheurs et paye le salaire des deux instituteurs. Une façon sûrement plus équitable de cohabiter !

Les habitants de Nosy Iranjia n’ont quant à eux rien changé à leur mode de vie séculaire et semblent à la fois indifférents et heureux de partager quelques heures de la journée avec les touristes étrangers qui s’aventurent jusque-là.

Nous devons bientôt quitter l’ile car en fin d’après-midi, la mer se forme sous la poussée des alizés. Nous rejoindrons Nosy Be après une séance agitée de plus de deux heures sur une mer en tôle ondulée, non mécontents de retrouver la terre ferme ! Nous profitons du coucher de soleil pour une promenade dans les rues d’Ambatoloako. Entre boutiques de souvenir, bars et restaurants, la petite bourgade semble sortir d’une longue sieste. Des vazahas sirotent tranquillement leur bière sur une terrasse de café, tandis que quelques gamins disputent sur la plage une partie de ballon en poussant des cris à chaque but marqué.

Sur le chemin du retour, sur les hauteurs d’Hell-Ville, nous nous arrêterons quelques minutes a la distillerie ou est fabriquée l’huile essentielle d’ylang-ylang, dont la composition de parfums. Des ouvrières viennent déverser les sacs au pied d’un contremaitre qui note scrupuleusement chaque pesée dans un cahier. De vieilles machines sans âge sont exposées pour rappeler aux visiteurs le passe agricole de l’ile, un passe qui semble bel et bien révolu.

Malto C.

Ca peut toujours servir !

Comment s’y rendre ?
Au départ de Bangkok : Air Madagascar. Bangkok Antanarive avec escale d’une heure a Saint Denis de la Reunion. Vols deux fois par semaine.
www.airmadagascar.com
Tel : 022358226-9
Vols intérieurs quotidiens Antatanarive - Nosy Be.

Par la route
Comptez environ 24 heures de puis la capitale en taxi-brousse, au prix d’un long périple éprouvant, mais qui vous fera traverser des paysages varies de toute beauté. L’état des routes s’est amélioré, puisqu’il fallait deux jours il n’y a pas si longtemps pour rejoindre la capitale malgache ! Embarcadère pour Nosy Be situe a Ankify, près de Ambanja. Comptez deux heures de traversée en ferry jusqu’au port d’Hell-ville.

Climat et saisons
Climat tropical humide. De novembre a mars été austral, chaud et humide. D’avril à octobre: hiver austral, sec et frais.

Monnaie
Ariary (1 euros =2300 ariary).

Santé
Traitement préventif antipaludéen recommandé.

Visa
Délivré à l’arrivée. environ 20 euros validité maximale trois mois. Consulat honoraire de Madagascar à Bangkok Tel 026345838
Email : delevaux@truemail.co.th

Office du tourisme de Nosy Be Chambre de commerce Hell-Ville (la porte a cote du consulat honoraire de France)
Tel : (261) 30 04 163 78
ortnb@wanadoo.mg

Se loger
Choix nombreux en ce qui concerne les lodges, auberges, guest-houses et hôtels une étoile. En catégorie trois étoiles, le Vanila hôtel, au charme créole (à partir de 70 euros), sur la plage de Bemoko (www.vanila-hotel.com).Plus luxueux, l’Amarina Hôtel (à partir de 100€) sur le lagon d’Ambohida
(Tel : 261 (020) 86 921 28).

Festivals
Le festival Donia de Nosy Be a lieu en juin est célèbre dans tout l’océan Indien et attire 45000 spectateurs chaque année, qui viennent écouter les concerts de dizaines de groupes de la région et participer aux nombreuses animations folkloriques et culturelles.
Ca peut toujours servir !
Comment s’y rendre ?
Au départ de Bangkok : Air Madagascar. Bangkok Antanarive avec escale d’une heure a Saint Denis de la Reunion. Vols deux fois par semaine.
www.airmadagascar.com
Tel : 022358226-9
Vols intérieurs quotidiens Antatanarive - Nosy Be.

Par la route
Comptez environ 24 heures de puis la capitale en taxi-brousse, au prix d’un long périple éprouvant, mais qui vous fera traverser des paysages varies de toute beauté. L’état des routes s’est amélioré, puisqu’il fallait deux jours il n’y a pas si longtemps pour rejoindre la capitale malgache ! Embarcadère pour Nosy Be situe a Ankify, près de Ambanja. Comptez deux heures de traversée en ferry jusqu’au port d’Hell-ville.

Climat et saisons
Climat tropical humide. De novembre a mars été austral, chaud et humide. D’avril à octobre: hiver austral, sec et frais.

Monnaie
Ariary (1 euros =2300 ariary).

Santé
Traitement préventif antipaludéen recommandé.

Visa
Délivré à l’arrivée. environ 20 euros validité maximale trois mois. Consulat honoraire de Madagascar à Bangkok Tel 026345838
Email : delevaux@truemail.co.th

Office du tourisme de Nosy Be
Chambre de commerce Hell-Ville (la porte a cote du consulat honoraire de France).
Tel : (261) 30 04 163 78
ortnb@wanadoo.mg

Se loger
Choix nombreux en ce qui concerne les lodges, auberges, guest-houses et hôtels une étoile. En catégorie trois étoiles, le Vanila hôtel, au charme créole (à partir de 70 euros), sur la plage de Bemoko (www.vanila-hotel.com).Plus luxueux, l’Amarina Hôtel (à partir de 100€) sur le lagon d’Ambohida
(Tel : 261 (020) 86 921 28).

Festivals
Le festival Donia de Nosy Be a lieu en juin est célèbre dans tout l’océan Indien et attire 45000 spectateurs chaque année, qui viennent écouter les concerts de dizaines de groupes de la région et participer aux nombreuses animations folkloriques et culturelles.
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
(4)
anne 2011-08-31 14:30:14
paradisiaque
Pas d'accord. Nosy Be est peut-être plus touristique que jadis, mais cela va de pair avec une élévation du niveau de vie des populations indigènes. Ne l'oublions pas au nom d'une esthétique solitude !
Sahondra 2011-07-23 10:25:51
L'impossibilité d'une île
Nosy Be, c'est l'histoire d'une île gâchée par la politique touristique intensive. Terminé. Il faut mieux choisir Nosy Kely, à quelques encablures...
kassam 2010-11-25 08:33:48
Nosy-Bé cadre romanesque, décor de littérature !
Année 2043 : Autopsie D’une Mémoire est dans la Rubrique : Littérature Style : Roman Format : Livre de poche (11x17cm) / 450Pages. / N° ISBN : 978-2-9533865-0-9 / Dépôt légal : Bibliothèque Nationale de France. Détails du livre : Auteur : Tamim KARIMBHAY a écrit aussi le livre d’Histoire Nosy-Bé : Âme malgache, Cœur français disponible chez le même éditeur thebookedition.com, dans le catalogue Tourisme & voyages, Rubrique : Carnets de voyage, Format : Livre de poche (11x17cm), 331 Pages/ N° ISBN : 978-2-9533865-4-7 / Dépôt légal : Bibliothèque Nationale de France.
SALMANDJA 2010-06-01 15:28:45
Nosy-Bé, Âme malgache, Coeur français
http://www.thebookedition.com/nosy-be--ame-malgache-coeur-francais-tamim-karimbhay-p-28902.html LIVRE à LIRE SUR NOSY-BE
ABONNEMENT
bons plans de la semaine

Nous sélectionnons pour vous les meilleures offres et promotions du moment

Tous nos BONS PLANS

Newsletter

Chaque vendredi,
retrouvez les spectacles,
concerts, films, evenements
du week-end
a ne pas manquer.


Dans la même rubrique
TIMOR-LESTE « Sa place dans l’Asean est naturelle et justifiée »
INDONÉSIE De Florès à Komodo, au pays des volcans et des dragons
PHILIPPINES « Des intérêts divergents freinent le processus de paix »
Un nouveau mag « frenchy » à Phuket
Buffles, scooters et autres petits plaisirs aux alentours de Chiang Mai
Prévisions aujourd'hui

Click for Bangkok, Thaïlande Forecast

Vie Pratique
nos bonnes adresses
guide de l'expat
guide du voyageur
Programme Tele TV5
upmost-lemonaco
ani-s
decathlon-131211
samitivej
dfdl
facebook
guide-ecotourisme