C’est bien connu: le seul endroit où l’on sait cuisiner,c'est chez nous, tous les quartiers du monde sont comparables à une région de France,
bref, à peine arrivé dans un pays où les gens «parlent étranger», on a hâte de rentrer à la maison pour regarder Questions pour un champion à la télé. Mais ce n’est pas tout: selon une étude du groupe de recherche britannique FDS, les employés français sont même les plus râleurs au monde! Rien que ça.
A en croire le nombre d’exemples glanés ce mois-ci à la rédaction, le Français expatrié ne déroge pas à la règle. Il râle de voir le prix de son café au lait passer de 40 à 55 bahts dans son troquet préféré, râle de voir la «tradition républicaine» remise en cause, râle que sa bière ne soit pas assez fraîche, mais rechigne à l’accommoder de glaçons, râle de ce que l’on écrit de lui dans la presse…
Ah, parlons-en du journaliste! Toujours prêt à se plaindre et en plus, à l’écrire haut et fort! Il râle alors qu’il n’est pas invité à des soirées qu’il aurait de toute façon boudées et il se plaint de la durée de la réception ou de la qualité des petits fours quand on lui demande de faire l’honneur de sa présence. Oui, le journaliste incarne bien, à lui tout seul, le râleur français dans toute sa splendeur.
Mais finalement, pourquoi se priver? Même si cette habitude typiquement franchouillarde s’adapte mal à la philosophie mai pen rai de nos hôtes, râler ne serait-il pas un antidépresseur indispensable? Une soupape de décompression vitale, même?C’est la même étude diablement sérieuse qui nous le dit. On y apprend que si les Français râlent, ils gardent tout de même le moral. Soit l’exact contraire de la situation des Japonais, qui affichent le moral le plus bas de l'échantillon international interrogé mais qui ne se plaignent
pas outre mesure, puisqu'ils apparaissent au douzième rang en termes de récriminations. Donc déculpabilisons- nous: râler, c’est bon pour la forme. En outre, le râleur n’est pas une espèce à part.Non, la différence fondamentale réside dans la perspective et la notion même du mot «poisse». Le râleur professionnel a souvent les mêmes problèmes que Monsieur et Madame Tout-le-monde, sauf que son seuil de tolérance est beaucoup moins élevé.
Et comme compter sur le râleur pour se lasser de lui-même, c’est comme se retirer un pansement tout doucement -c’est peine perdue-, nous avons décidé de vous donner la parole. Gavroche vous offre une tribune libre: tous les mois, nous publierons une lettre «coup de gueule» sélectionnée parmi les courriers de nos chers lecteurs, envoyés sur gavroche@loxinfo.co.th ou par l’intermédiaire de notre site internet www.gavroche-thailande.com. Pour ne pas faire (uniquement) du «mauvais esprit»,vos «coups de cœur» auront aussi leur place. Alors, à vos marques, prêts, et râlez sans entraves !
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Gavroche magazine
05/08/2008
Société
Je râle donc je suis
Les Français sont-ils vraiment les incorrigibles râleurs caricaturés à l’étranger? Oui, c’est même statistiquement prouvé! Un très sérieux institut de sondage publiait récemment, à la demande du voyagiste en ligne Expedia, les résultats d’une enquête réalisée auprès de 4000 hôteliers de six pays- l'Allemagne, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie, le Canada et les Etats- Unis-, plaçant nos chers compatriotes au troisième rang des nationalités qui «se plaignent le plus» lors d’un séjour à l’étranger. Juste derrière les Indiens et les Chinois!
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