De quoi leur faire perdre un sourire pourtant légendaire. Et ce ne sont pas les prévisions - alarmistes - pour 2009 qui risquent de leur redonner un peu de baume au coeur. La croissance est en berne, le secteur touristique déprime, les exportations dégringolent, l’investissement fléchit et les industries dégraissent. On en oublierait presque que le baril de brut, après avoir explosé tous les records, est passé sous la barre des 50 dollars, permettant de desserrer un peu l’étau qui étouffait la consommation.
Un appareil d’Etat paralysé
L’appareil d’Etat, paralysé, fonctionne au ralenti et le pire reste à venir. Les plus optimistes ne voient pas de sortie à une crise politique qui s’enracine et divise le pays comme jamais. Comment, dans cette situation, la Thaïlande peut-elle éviter le grand plongeon et éloigner le spectre d’une crise sociale aux conséquences désastreuses?
Suite à la crise asiatique de 1997, le pays avait mis un genou à terre. Il a fallu une décennie et beaucoup d’humilité et d’abnégation pour le relever. Mais comment rebondir cette fois, alors que le fond n’a pas encore été touché?
L’enjeu est politique. Le rôle du gouvernement est primordial car c’est à lui de trouver un parachute pour freiner la chute de l’économie et amortir l’impact de la crise. Et il doit agir maintenant. Mais rien n’incite aujourd’hui à penser que le royaume sortira, dans les semaines ou les mois à venir, d’un conflit qui le consume à petit feu.
Quand des manifestants parviennent à fermer les deux principaux aéroports d’un pays, quand un gouvernement est contraint de “s’exiler” de la capitale pour continuer à diriger le pays, quand un Parlement ne peut pas se réunir de peur de provoquer des émeutes, quand l’ordre et la justice ne peuvent pas être appliqués, quand un ancien Premier ministre réfugié à l’étranger fout la trouille à tout le monde, c’est que l’Etat de droit ne fonctionne plus. En d’autres termes, c’est l’anarchie.
Philippe Plénacoste
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Gavroche
08/12/2008
Société
Une bien triste année !
Inutile d’y aller par quatre chemins. 2008 restera dans les annales du royaume comme une très mauvaise année. La pire peut-être depuis trente ans. Même 1997, l’année de la crise asiatique, pourtant terrible, ne lui arrive pas à la cheville. Et comme si la récession économique mondiale ne suffisait pas à enfoncer encore un peu plus leur moral déjà au plus bas, les Thaïlandais font face à un grave conflit politique.
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