Philippe Plénacoste | Gavroche | 16/03/2009
Société  

Qui doit-on juger ?

Deux mois après le terrible incendie qui a coûté la vie à soixante-six personnes, le Santika n’en finit pas de révéler les incroyables disfonctionnements de l’administration thaïlandaise.
Si on ne connaît toujours pas les circonstances exactes qui ont provoqué le départ du feu, l’enquête a mis à jour une responsabilité collective: tout le monde savait - police, administration, municipalité - que le pub opérait en toute illégalité. Mais tout le monde fermait les yeux. La raison, tout le monde aussi la connaît : la réglementation se nourrit de la corruption (et vice-versa), annihilant tous les mécanismes légaux et les outils de contrôle de ces mécanismes.

Devant les contraintes d’une loi servant les intérêts de quelques groupes influents, on cherche - et on trouve généralement - les moyens existants pour la contourner. Dans le cas d’un pub ou d’une discothèque par exemple, il est très difficile d’obtenir une licence d’exploitation. Principal obstacle: le zoning (les établissements de nuit sont cantonnés dans seulement trois quartiers de la capitale). C’est pourquoi la majorité des établissements nocturnes ne cherchent pas à obtenir cette licence, mais se rabattent sur une licence de restaurant.


A la justice de décider si le procès du Santika sera celui de quelques individus mal intentionnés ou du système à l’origine du crime


Aucune contrainte en matière de sécurité incendie (donc pas de contrôles), pas de taxes à payer sur les alcools et aucune obligation de zone : le calcul est vite fait. Le reste n’est que dessous-de-table, du permis de construire aux heures légales de fermeture. Un établissement comme le Santika, qui pouvait accueillir plus de cinq cents personnes et où l’alcool coulait à flot, a ouvert pendant cinq ans en toute illégalité. Sans être inquiété. Sans éveiller les soupçons.

A la justice de décider si le procès de cette affaire sera celui de quelques individus mal intentionnés ou du système à l’origine du crime. Espérons en tout cas, en mémoire des victimes, qu’il donnera au gouvernement et aux législateurs, l’envie de remettre tout le système sur de bons rails pour qu’enfin, un jour, la sécurité des clients passent avant l’appât du gain.

Philippe Plénacoste
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Frederic 2009-02-10 08:06:33
thailande
C'est comme le Vélo, une fois qu'on y arrive on oublie plus .... rappellons-nous le sort réservé aux Boat People du Vietnam, au réfugiés Khmers et Lao, des camps d'infortune avant leur transit vers l'Occident ... qui organisait et profiter de ces exactions ? Ca passera toujours dans l'opinion, avant ils étaient communistes aujourd'hui ils sont musulmans !
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