Crise financière et immobilière, septembre 2001, le sras, la grippe aviaire, une insurrection, un tsunami (on a évité de justesse Nargis), un coup d’Etat, une crise politique, une fermeture d’aéroport(s), une récession touristique (c’est nouveau ça)..., et, last but not least, la “bataille de Songkran“. De quoi filer le bourdon aux positivistes les plus endurcis. La Thaïlande (et le monde, ne soyons pas si égoïstes) va ainsi. De crise en crise. De moments de répit en moments de dépit.
Mais cette fois, la récession qui s’annonce, se cristallise, ne peut être imputée à un mauvais karma. Le royaume est touché, comme les autres. Les capitalisés, communisés, totalitarisés. Les développés, les en voie, les pas du tout. Le Monde tremble de peur de voir le système qu’il a enfanté s’écrouler comme un château de cartes. L’angoisse. L’incertitude. Rien de tel pour déclencher le syndrome du wait and see, si meurtrier pour la consommation, l’investissement et donc la croissance. La perte de confiance, le cancer du capitalisme.
Car ce qui caractérise cette crise, c’est bien l’impression d’avoir plongé dans un trou noir. Un trou sans fond et sans lumière. Agences, organisations, experts, analystes et gouvernements dégurgitent des prévisions à faire passer les Aztèques pour des amateurs. Pas un jour sans que l’on annonce des fermetures d’usines, des vagues de licenciements, des taux de croissance revus à la baisse, des prévisions non atteintes, des pertes, des endettements records. «On sait que ça va mal, mais on sait pas quand ça ira moins mal».
On s’en sortira. Comme toujours. La Thaïlande émergente peut-être plus vite que nos pays vieillissants. Subsister, c’est comme une deuxième nature ici.
En attendant le Grand Rebond, allons brûler quelques cierges pour que Chinois et Américains continuent d’acheter des produits Made in Thailand, les touristes de voyager et les banques de prêter. Et si ça ne suffit pas, il restera la bonne vieille Providence. L’Etat. Le chirurgien. L’expert es-hémorragie. Et l’espoir que ces sauvages de la finance ne pourront plus décider, seuls, de l’avenir de milliards d’êtres humains.
Philippe Plénacoste
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Gavroche
27/04/2009
Société
Trou noir, trou d’espoir
Une crise en Thaïlande? Tiens donc. Ça faisait longtemps... Précisément depuis 97 et l’implosion de la bulle asiatique. Car il s’en est passé des choses depuis ce fameux juillet noir...
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