Avec l’arrivée du métro, on a cru au miracle. Espoir vite dissipé. Le réseau, encore peu étendu, soulage sans soigner. Et ne concerne, de toute façon, que les Bangkokois - peu nombreux à bien regarder - vivant et travaillant à proximité d’une station.
Dix ans, sûrement plus, seront nécessaires avant que l’extension programmée du Skytrain (BTS) n’atteigne les proches banlieues, là où la classe besogneuse vit. Mais se laissera-t-elle convaincre de délaisser la voiture, véritable culte du paraître dans les pays en voie de développement ?
Pour cela, l’Etat devra proposer aux usagers un système d’abonnements à tarifs réduits (notre carte orange), et inciter les entreprises à rembourser une partie de l’abonnement - aujourd’hui trop coûteux - à leurs employés qui choisissent les transports en commun rapides. Le gain de productivité (réduction du temps de trajet et des problèmes de santé dus au stress et à la pollution…) serait gigantesque.
Ne faut-il pas à tout prix épargner ces écoliers que se rendent à l’école le matin, à pied ou à moto, et qui inhalent ces gaz d’échappement si nocifs? Porter secours à ces policiers - rendons leur hommage pour une fois - chargés de réguler une circulation chaotique pendant les longues heures de pointe et à ces dizaines de milliers de mototaxis, de balayeurs, de marchands de rue et autres coursiers exposés à la chaleur, au bruit et à la pollution? C’est tout simplement inhumain de laisser mourir - car on en meurt - des gens comme ça!
Ce qui rassure toutefois, c’est que l’avenir de Bangkok est moins sombre qu’il n’y paraît. L’urgence environnementale qui oblige à adapter tous les véhicules de demain aux énergies propres, est porteuse d’espoir. Bus, taxis, voitures roulent déjà – pour certains - au gaz naturel, moins polluant. Malgré l’investissement colossal, les budgets ont été votés pour étendre le réseau (bus, métro) de la capitale. Sans la corruption, ce cancer généralisé qui a souvent freiné des projets ambitieux, Bangkok aurait peut-être dix ans de moins à rattraper.
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Gavroche
17/07/2009
Société
Vont-ils nous sauver ?
Bangkok souffre. N’en finit pas de souffrir: pollution, bruit, embouteillages... vingt ans que la défunte Venise de l’Orient, l’ancienne Cité des Anges, a perdu de son parfum envoûtant. Et une partie de son âme. Vingt ans qu’on lui administre des remèdes de chimère !
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