Conscients que des actions violentes seraient vouées à l’échec - l’armée veille - et que les prochaines échéances électorales sont trop éloignées, les rouges pourraient bien miser sur la durée de vie « limitée » du gouvernement. Car la question est là : combien de temps la coalition démocrate aux pieds d’argile peut-elle tenir ?
Les mesures de relance de l’économie tardent à se faire sentir. Le conflit dans le Sud musulman reste insoluble. Les leaders des partis qui forment la coalition montrent un appétit politique de plus en plus aiguisé. Des membres du cabinet sont actuellement jugés pour des affaires de corruption. Bref, Abhisit a de quoi passer quelques nuits blanches. Sans compter que le chef du gouvernement, dont la cote de popularité n’a jamais décollé, doit aussi gérer les « affaires courantes », comme l’enquête sur la tentative d’assassinat de Sondhi (qui a valu au chef de la police sa mise à l’écart) et ses relations « pas toujours au beau fixe » avec les leaders militaires...
L’UDD (Front Démocrate Uni contre la Dictature), doit cependant maintenir une mobilisation constante de ses supporters, tout en essayant d’accélérer la chute de la coalition démocrate. Pour cela, ils ont dans leur jeu une pièce maîtresse : Thaksin.
L’ancien Premier ministre, qui dicte la stratégie du mouvement depuis son exil, a qualifié, dans une vidéo enregistrée, de « farce » sa condamnation à deux ans de prison et c’est la larme à l’œil qu’il a réitéré son allégeance indéfectible à la famille royale. Un one-man-show destiné à rappeler à ses supporters « l’injustice » dont il se sent victime. Si cela ne suffira sans doute pas à se faire réhabiliter – sa demande de pardon royal est non-recevable au regard de la loi - Thaksin a poussé le gouvernement à réagir, plongeant un peu plus le Palais dans l’embarras. Il a surtout envoyé un message clair au pouvoir : l’avenir du paysage politique démocratique thaïlandais ne se dessinera pas sans lui.
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Gavroche
10/09/2009
Société
Thaksin, l’incontournable
La « rentrée politique » en Thaïlande sera-t-elle aussi agitée que les années précédentes ? Les rouges pro-Thaksin, plutôt calmes depuis la débâcle de Bangkok, ont-ils abandonné une stratégie qui avait si bien réussi aux jaunes de Sondhi - occupation de la rue, paralysie du pays - pour une approche plus tactique, plus politique ?
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