Il faut dire que le dispositif mis en place par l'armée en imposait : le Palais du gouvernement, objet de toutes les convoitises, était mieux protégé que Fort Knox !
Une vingtaine de milliers de partisans "rouges" pro-Thaksin (à peine plus nombreux que les forces de l'ordre, en exagérant un peu...) avaient bravé les intempéries pour se rassembler sur la Place Royale. L'hommage à leur mentor en exil s'est finalement déroulé dans le calme.
La "crainte" diffusée par les services de renseignements que des groupuscules radicaux viennent faire péter quelques bombes ici et là ne s'est pas non plus matérialisée. Quant aux leaders de l'U.D.D (1), ils avaient annoncé leur intention de ne pas échauffer les esprits. Une ligne d'action que le mouvement continue de suivre après la déroute de Bangkok en avril dernier suite à la répression militaire.
Le Palais du gouvernement était mieux protégé que Fort Knox !
L'armée, qui a pris les pleins pouvoirs en matière de sécurité intérieure, a retenu la leçon : les généraux n'attendent plus que le contrôle de la situation échappe au gouvernement pour intervenir. L'I.S.O.C (2) lui permet de mettre en place des dispositifs préventifs impressionnants. Dissuasifs certes, mais qui ne justifient pourtant pas à eux seuls le semi-échec de la mobilisation anti-gouvernementale du 19 septembre, finalement peu suivie à l'échelle du pays. On retiendra toutefois qu'elle fut suffisante pour maintenir la pression sur un gouvernement toujours très fébrile face à des mouvements de protestation.
D'autant que les jaunes du P.A.D (3) s'y sont mis aussi. Les leaders du mouvement anti-Thaksin ont réussi le coup de force de détourner l'attention des médias avec moins de deux mille supporters. Leur réputation de se positionner au-dessus des lois a fait encore une fois merveille, le mouvement cherchant à revendiquer la souveraineté thaïlandaise du temple de Préah Vihéar en envahissant le no man's land où se font face depuis des mois les militaires des deux pays. Si l'on peut émettre certains doutes sur la portée politique d'une telle démonstration - la diplomatie a été privilégiée par les deux gouvernements pour régler ce conflit territorial -, la confrontation avec des groupes de villageois frontaliers qui s'opposaient à cette manifestation "inutile" a révélé de façon symptomatique l'état de la fracture sociale en Thaïlande : le peuple accepte de moins en moins que les affaires qui le concernent soient gérées sans son avis.
(1) Internal Security Operational Command
(2) National United Front of Democracy against Dictatorship
(3) People Alliance for Democracy
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Gavroche
06/10/2009
Société
A l'Est, rien de nouveau
Les manifestations du 19 septembre dernier, date anniversaire du putsch militaire de 2006, se sont déroulées sans heurts malgré l'ambiance un peu paranoïaque d'avant manif. Soulagement du Premier ministre, qui s'est finalement envolé pour New York le coeur léger, sûr de retrouver son fauteuil à son retour des Nations unies...
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