L‘Organisation Mondiale de la Santé (OMS) définit la dyslexie comme « une difficulté durable d’apprentissage de la lecture et d’acquisition de son automatisme chez des enfants intelligents, normalement scolarisés, indemnes de troubles sensoriels et de troubles psychologiques préexistants ». Des années de recherche ont mis en évidence, sans qu’on en ait encore percé tous les mystères, le caractère génétique de la dyslexie et sa cause neurologique : un défaut de maturation cérébrale de la partie du cerveau qui traite le langage écrit et se manifeste par un excès de matière grise.
Aujourd’hui fort connue, parfois même galvaudée, la dyslexie touche 10% de la population en âge scolaire. De façon surprenante, ce chiffre est le même quels que soient la culture, la langue, le pays ou le milieu socio-culturel d’appartenance.
L'importance de la prise en charge
Être dyslexique, c’est être frustré par des efforts non récompensés, très souvent fatigué, parfois démoralisé. C’est aussi apprendre à lire hors des sentiers battus, être un monstre de ténacité et possesseur d’un cerveau extraordinaire ! Mais l’échec scolaire guette malgré tout et l’orientation professionnelle peut être compromise. Heuresement, une prise en charge adaptée et la mise en place d’aménagements scolaires ouvrent les portes à de nombreuses possibilités. Tous les dyslexiques ne sont d’ailleurs pas en échec scolaire et tous les enfants en échec ne sont pas dyslexiques. Cela n’empêche pas de faire de grandes choses, comme nous l’ont prouvé les dyslexiques Léonard de Vinci et Albert Einstein.
Détecter la dyslexie
C’est au cours du CP que les parents et l’enseignant se rendront compte que l’enfant n’acquiert pas aussi facilement que ses camarades les mécanismes de lecture. En dehors des erreurs habituelles chez l’apprenti lecteur mais qui perdurent chez le dyslexique, on remarque une difficulté de discrimination auditive des sons proches (par exemple "p" et "b", "f" et "v", "ch" et "j"), de conscience phonologique et de traitement visuel. Même si le diagnostic ne sera posé de façon certaine que plus tardivement, il est impératif qu’une prise en charge orthophonique soit mise en place le plus tôt possible afin de soutenir cet enfant pas comme les autres et lui éviter les dégâts trop souvent rencontrés de mésestime de soi, d’études avortées et de honte dissimulée.
MARINE GUILLEMAIN
Samitivej Srinakarin Hospital
orthobkk@gmail.com













