Marine Guillemain | Gavroche | 01/02/2012
Société  

Le rôle de l’interlocuteur (Plurilinguisme, partie 2)

Il existe, en vérité, une seule raison pour laquelle le nouveau né commence à développer des compétences langagières, une seule motivation d’enrichir sa ou ses langues, un seul moteur pour devenir un être communicant : l’amour qu’il porte à ses parents, l’appétence à la communication que lui procurent leurs stimulations, l’envie qu’il a de rentrer en interaction avec eux d’abord.

Peu importe la langue, chacun de ses interlocuteurs doit s’exprimer dans celle qu’il maîtrise le mieux, celle dans laquelle il connaît des comptines, des mots doux. Cette langue avec laquelle il sait dire ses émotions, mettre des mots sur tout ce qui l’entoure, Celle dans laquelle il connaît des mots rigolos, des mots d’enfants, cette langue qui est fluide et facile. Si le couple parle dans une troisième langue, alors il est possible de la parler au bébé quand le trio est réuni pour le plaisir d’échanger ensemble. Néanmoins, plus les parents parleront leur propre langue avec leur enfant, et le plus longtemps possible, plus ils lui donneront l’opportunité d’assoir de bonnes bases et d’acquérir plus facilement une troisième langue de scolarisation ou encore un bilinguisme le plus équilibré possible.

Quel que soit l’environnement, c’est l’échange qui est important et même si l’enfant réagit devant la télé ou répète les mots des vidéos qu’il regarde, rien ne peut être plus efficace qu’un échange avec l’autre. La télévision ne répond pas à l’enfant, elle ne s’adapte pas à lui, elle ne répète pas les mots qu’il a du mal à prononcer, elle rend l’enfant passif et n’enrichit pas son appétence à la communication. Alors, il est nécessaire d’entourer l’enfant d’interlocuteurs, dans les langues qu’il parle si possible. Si la famille élargie n’est pas présente, des copains parlant cette même langue pourront venir jouer le week-end. Les activités extra scolaires peuvent être choisies en fonction ou encore les parents pourront, certains jours, échanger leur rôle et faire en sorte que l’habillement, les repas ou l’histoire du soir ne se déroulent pas tous les jours dans la même langue. Il est bien évidemment difficile de suivre des conseils figés quand les situations sont si riches et variées mais il existe au moins un invariant : favoriser la communication avant tout !

MARINE GUILLEMAIN
Samitivej Srinakarin Hospital
orthobkk@gmail.com

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