Les professionnels du cinéma auront attendu des années mais ils viennent enfin d’obtenir gain de cause: le gouvernement a accepté la mise en place d’un système de classification des films, comme il en existe un peu partout dans le monde. Cette mesure qui entrera en vigueur dès le mois de mai devrait donner aux cinéastes, systématiquement freinés par la censure, plus de liberté pour aborder des thèmes sensibles et les inciter à une plus grande créativité.
Sept catégories départageront les films (tout public, moins de 13 ans, 15 ans, etc). Pour la première fois, les scènes de sexe seront autorisées au cinéma (plus de 20 ans), à condition toutefois qu’elles n’exposent pas les parties génitales. Des thèmes de société jusqu’alors tabous comme le trafic de drogue ou les histoires criminelles entreront eux aussi dans cette catégorie.
Si les critiques envers la monarchie restent bien entendu proscrits, les oeuvres jugées comme “menaçant la sécurité ou l’unité nationale, insultant envers une religion, manquant de respects envers des «figures honorables», ou mettant en doute la «morale établie»” resteront bannies.
Si cette avancée peut être jugée «minime» vue de l’étranger, elle marque une victoire pour l’industrie du cinéma thaïlandais qui s’est toujours battue contre les jugements parfois aléatoires d’un comité de censure confié à la police et peu au fait de l’art cinématographique. Or la nouvelle commission de classification comprendra dorénavant des membres de la profession, plus sensibles au message artistique. Les cinéastes espèrent ainsi réactiver l’enthousiasme des producteurs qui se contentaient jusqu’à présent de financer des comédies plus proches de la “débilisation grand public” que du septième art.
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