Qui n’a jamais imaginé voir un jour les rives de la Chao Praya ressembler, même de loin, à la Seine traversant Paris?
Certes, les nostalgiques d’un passé pas si lointain diront que les taudis s’accrochant aux deux rivages font partie du passé, comme l’odeur nauséabonde de l’eau! Et les bateaux-mouches siamois qui emmènent dîner les touristes sur la Rivière des Rois n’ont rien à envier à leurs cousins parisiens. Certes. Mais ils concèderont tout de même que nonobstant un vieux pont et quelques jolis temples, Bangkok est loin d’être la Ville des lumières.
La Cité des anges possède pourtant de beaux trésors que ne demanderaient qu’à retrouver la lumière. Des bâtisses coloniales comme la caserne des pompiers jouxtant la résidence de l’ambassadeur de France, ou l’ancien siège de la Compagnie d’Orient, voisine de l’hôtel Oriental, tombent aujourd’hui en ruine. Quant aux rives, elles ne sont pour ainsi dire pas aménagées ou inaccessibles aux piétons.
Si (beaucoup) d’eau devrait couler sous les ponts avant de voir un projet de réhabilitation se réaliser, la ville de Bangkok envisage de monter un dossier pour qu’une portion des rives de la Chao Praya longeant le quartier historique de Rattanakosin (entre le Memorial Bridge et le Wasukri Pier) soit classée au patrimoine historique de l’Humanité. Pour se faire, la BMA (Bangkok Metropolitan Administration) planche sur un plan d’aménagement et d’embellissement de la zone. Des mesures seront aussi proposées pour améliorer la qualité de l’eau.
Mais que les plus réfractaires se rassurent: il n’est pas question pour le moment de remplacer les bruyants (et polluants!) moteurs de camion montés sur les bateaux longue queue par des moteurs électriques silencieux.
Malto C.
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