En attendant un procès qui ne devrait pas se tenir avant de très longs mois, les familles des 66 victimes du pub Santika (voir notre numéro de février 2009)
ont appris que trois employés municipaux risquent le renvoi pour “négligence”. Ils sont accusés de ne pas avoir inspectéles locaux du pub qui s’est enflammé dans la nuit du 31 décembre 2008. Le bâtiment, qui avait été illégalement modifié et opérait sans autorisation, aurait dû être contrôlé par les services de la ville. Pourquoi ne l’ont-ils pas fait? Ont-ils volontairement fermé les yeux? La police, chargée de l’enquête, devrait prochainement demander des mandats d’arrêt, «une fois les preuves réunies», contre «deux ou trois» fonctionnaires de la Bangkok Metropolitan Administration (BMA) et d’autres individus directement impliqués dans la tragédie.
L’enquête devra aussi déterminer pourquoi la police, à qui incombe la vérification des licences, a laissé l’établissement opérer pendant 5 ans sans l’inquiéter. Cette affaire devrait permettre d’y voir plus clair sur l’ensemble du système de corruption qui a permis aux propriétaires du Santika de contourner la loi. Le tribunal aura la charge de juger des fonctionnaires de l’Etat pour “corruption ayant entraîné lamort d’autrui par négligence”. Une levée d’impunité que les victimes et leurs familles attendent sans aucun doute et qui inciterait peut-être le gouvernement à redéfinir les règles qui régissent le monde de la nuit.
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