"Santikalement"
L’information aurait pu passer inaperçue si une photo n’avait pas été publiée dans le Bangkok Post. Elle montrait l’ambassadeur chinois en Thaïlande, Guan Mu, accompagné de Manit Nopamornbodee, vice-ministre de la Santé, faire un don de 4 millions de bahts aux victimes de la tragédie du Santika.
Un geste exceptionnel dans ce genre d’affaire de la part d’un pays étranger, mais qui souligne à quel point la tragédie, qui a fait 66 victimes et de nombreux blessés, a marqué les esprits. Le Santika est cette discothèque de Bangkok qui a brûlé pendant la nuit du Réveillon du 31 décembre 2008. Les propriétaires et les gérants du club ont été inculpés après que l’enquête a mis en évidence de graves négligences.
Le feu aurait été déclenché lors d’un show pyrotechnique qui a enflammé le plafond en quelques minutes. Le procès, dont la date n’a pas encore été fixée, devrait aussi permettre de mieux comprendre pourquoi le club a pu opérer sans licence pendant cinq ans et sans qu’aucun contrôle ne vienne révéler les nombreuses malversations (fausses licences, structure du bâtiment non homologuée, normes incendie non respectées...).
La corruption semble encore une fois avoir joué un rôle primordial. Au-delà des indemnisations que les victimes et leurs familles réclament, l’affaire du Santika permettra peut-être au gouvernement de tirer des enseignements afin que plus jamais, la vie d’innocents ne soit mise en danger dans les établissements de nuit.
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