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Tourisme

GAVROCHE MAGAZINE Raymond Vergé 21/07/2008

Les trésors cachés de Pattaya (suite...)

Il suffit de faire quelques kilomètres en dehors de la ville pour retrouver la Thaïlande authentique, sa culture religieuse et ses traditions spirituelles. Sans compter quelques ajustements harmonieux grâce aux techniques occidentales.
Toujours dans le domaine du Wat Yan Sangwararam (voir Gavroche du mois de juin), après la visite du temple-musée chinois, on peut, par un chemin bitumé, traverser une forêt où les bonzes ont leurs ermitages et suivent la voie du Bouddha en se retirant du monde pour méditer.

Non loin de là, une surprise attend les visiteurs téméraires: une vue panoramique s’offre au regard depuis le magnifique petit sanctuaire, situé en haut d’une colline accessible par une route en lacets ou par un impressionnant escalier de 288 marches. Cet oratoire est supposé abriter une empreinte du pied du Bouddha.

De ce belvédère, vous pouvez admirer, à deux kilomètres au sud, la gigantesque image du Bouddha sur la paroi d’une montagne escarpée, du nom de Khao Chee Chan (le Mont de la nonne Chan) qui servit de carrière d’extraction de pierres pendant la guerre du Vietnam pour la construction de l’aéroport d’U-Tapao et des routes locales. Il est très facile de s’y rendre depuis le Wat Yan Sangwararam en suivant les panneaux indicateurs.

Les étrangers disent «La colline du Bouddha» pour simplifier, mais ce portrait de l’Eveillé a été baptisé «Phra-Phuttha-Maha-Vachira-Uttam-Opas-Satsada» (Bouddha, le maître qui illumine et brille comme le diamant), par le roi Bhumibol lui-même. Sa Majesté avait initié le projet courant 1976 en prévision du cinquantième anniversaire de son accession au trône (jubilé d’or), célébré en 1996.

L’image mesure 109 mètres de haut sur 70 de large. C’est la plus grande effigie du Bouddha au monde. Elle a d’abord été gravée en deux jours par la projection d’un rayon laser mais il fallut ensuite des mois pour incruster les contours à la feuille d’or. Coût de l’opération: environ 150 millions de bahts!

Des ouvriers spécialisés (une trentaine) ont dû être formés à la varappe pour réaliser cette œuvre unique en son genre. Conçue par le Département des Beaux-arts (dans un mélange des styles Sukhothai et Lanna), elle représente le Bouddha en méditation, installé sur un lotus géant, la main gauche en son giron, paume vers le haut, et la dextre reposant sur le genou, les doigts pointant vers la terre, dans la situation dite de «Mara-Vijay» (prononcé Man-Vitchaï) ou «Victoire sur Mara» le tentateur. Selon la légende, ce dernier essaya en vain de détourner le ‘presque’ Bouddha de son cheminement intérieur qui le conduisait à la libération spirituelle.

Au pied de cette vénérable falaise, un parc a été aménagé, avec des plans d’eau, des pavillons ouverts pouvant abriter les pèlerins, des temples miniatures et des jardins ornementaux. Non loin se trouvent les vignobles du domaine Silverlake qui ne proposent pour l’instant que du jus de raisin. Il est bien sûr question d’y produire du vin, mais les essais de vinification ne sont pas con-cluants et personne ne peut encore dire quand sortiront les premières bouteilles.

Autre curiosité de ce domaine: un petit amphithéâtre à ciel ouvert, en maçonnerie, a été construit au bord de l’eau. Prévu pour l’organisation d’évènements musicaux, il a déjà vu passer (en marge du festival de Hua-Hin) des artistes comme Billy Cobham et Bill Bruford, deux grosses pointures du jazz-fusion. Le premier a joué avec Miles Davis et John McLaughlin (parmi les plus connus) et le second avec les groupes Yes, King Crimson et Genesis, entre autres. Il n’y a pour l’instant pas de programmation régulière mais cela prouve que Pattaya peut offrir autre chose que ce pour quoi elle est connue...
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