Sur cette crise, plus encore que sur les précédentes, tout aura été dit et entendu. De la grande confusion des pouvoirs publics en passant par les analyses médiatiques douteuses et les conversations de comptoir, la situation a vite tourné au cauchemar. Pourtant, les inondations, bien qu’exceptionnelles, ne sont pas un phénomène nouveau. Celle qu’on surnommait jadis la « Venise d’Orient », cette cité mythique de Bangkok dont le nom a pour traduction « terre inondable parmi les roseaux » (beung kok), n’a jamais rien caché de sa fragilité face aux eaux. « Les inondations saisonnières ne sont pas une chose extraordinaire dans les plaines situées au nord du fleuve Chao Phraya. C’est un phénomène naturel géo-climatique en vigueur depuis toujours dans la région », explique l’urbaniste Niramon Kulsrisombat, de l’université Chulalongkorn à Bangkok.
Depuis plus de deux siècles, la vie de la capitale s’organise autour du fleuve Chao Phraya, « grand Duc » en thaï, nommé en raison de sa longueur (372 kilomètres). Historiquement, c’est autour et grâce à l’existence de ce fleuve que Bangkok est parvenu à se développer pour devenir un pôle d’échanges important au niveau régional, d’abord du côté de sa rive gauche, puis de sa rive droite vers Thonburi. Mais entre le Chao Phraya et Bangkok, c’est un peu l’histoire du « je t’aime, moi non plus ». Un film noir et blanc circule actuellement sur You Tube, montrant déjà Bangkok sous les eaux en 1942. S’en sont suivies, pour ne parler que d’un passé récent, les grandes inondations de 1983 et 1995, dont le pays n’a apparemment pas su tirer les justes enseignements. D’où les discours et interminables palabres sur l’origine de la crise auxquels chacun a eu peut-être l’occasion d’assister. Il est toujours plus facile de noyer le poisson lorsque l’on a conscience de ses lacunes, que d’avouer ses carences et la vétusté de son système de contrôle des flux hydrauliques.
À mousson exceptionnelle, problème exceptionnel
Certes, 2011 a connu une mousson exceptionnelle, avec « une pluviométrie de 40% supérieure aux moyennes habituellement enregistrées », explique Niramon. « Des inondations ont lieu tous les ans, mais l’histoire n’a aujourd’hui plus rien à voir avec le présent et encore moins l’avenir, ajoute George G. van der Meulen, spécialiste en hydrologie au sein du cabinet d’expertise Compulplan. Le changement climatique est un facteur avec lequel il faut désormais composer. » Autrement dit, la région de Bangkok et ses terres ne doivent plus être considérés comme à l’abri. L’élévation du niveau de la mer dans le golfe de Thaïlande et l’affaissement des sols dû à l’abondance des flux d’eaux souterrains ne permettent plus aujourd’hui de garantir la sécurité de la capitale, en tout cas pas en l’état actuel des choses.
« Les gouvernements qui se sont succédé n’ont jamais accordé suffisamment d’attention, ni à la gestion de l’eau, ni a la planification urbaine et régionale. C’est pourquoi le pays souffre chaque année du même problème », fustige Niramon. Pourtant, les affaissements de terrain dans le prolongement du delta devraient faire l’objet d’une attention de chaque instant. Pree Buranaseri, ancien gouverneur de l’Autorité nationale du Logement, avait proposé une solution pour ouvrir les débats avec le gouvernement et aboutir à une meilleure protection de la capitale et des zones urbaines en général.
Pour Bangkok, l’idée était de fermer le golfe de Thaïlande à l’aide d’un barrage, situé à 120 km en amont. La première délibération sur la validité ou non de ce scénario a eu lieu en février 2009. En juillet 2010, le ministre thaïlandais des Sciences et des Technologies (MOST) a invité une délégation d’experts hollandais à se rendre dans le royaume pour un grand audit des structures actuellement en place afin de déterminer les améliorations à apporter. Durant une semaine, en février dernier, cette délégation a sillonné le pays au côté des membres de l’institut thaïlandais de l’Environnement (TEI), avant de remettre son rapport aux autorités. Et, le moins que l’on puisse dire, c’est que le rapport est édifiant. En résumé : zéro prévention, zéro coordination et zéro actualisation des systèmes et infrastructures de gestion des eaux. Les problèmes de flux sont gérés au coup par coup, dans l’urgence, et sans plan d’évacuation à plus long terme.
Des troupes dispersées
« L’organisation de la gestion des eaux est particulièrement compliquée en Thaïlande, dans la mesure où la planification actuelle des terres à inonder n’est plus d’actualité, explique Georges G. Van Der Mulen. « Les décisionnaires de la gestion des ressources en eau sont aussi beaucoup trop nombreux pour être vraiment efficaces. Il n’y a finalement aucune politique globale », ajoute l’un des experts hollandais ayant participé à la rédaction du rapport. « La bureaucratie thaïlandaise est trop lente. Elle n’est pas armée pour gérer de telles crises. Pas moins de quinze agences et neuf ministères sont en charge de la gestion de l’eau durant les inondations », confirme Thitinan Pongsudhirak, un analyste politique de l’université Chulalongkorn. Selon lui, si la bureaucratie avait déjà montré ses limites lors des crises politiques qui se sont succédé dans le pays depuis 2006, ses faiblesses en matière de gestion des risques naturels apparaissent aussi désormais comme une évidence. Ne se sentant pas jusqu’ici menacé, le pays a réduit au strict minimum ses mesures de protection des zones urbaines, se basant sur le fait que, historiquement, le niveau des eaux y était toujours demeuré raisonnable, et donc « gérable ». Mais au regard de la croissance actuelle et future de la capitale ajouté aux effets du changement climatique, un examen approfondi des zones fragilisées de la ville s’impose. Mais l’urgence est loin de concerner seulement Bangkok. Des centaines de petites et moyennes collectivités locales sont également concernées par les inondations. D’où l’importance de poser désormais les bonnes questions : Pourquoi ? Et surtout : que faire ?
Une catastrophe annoncée ?
Entre l’absence de mesures de protection efficaces, la déforestation et le manque de sensibilisation aux risques d’inondation, cette situation n’est pas vraiment une surprise. S’ajoute à cela la piètre efficacité des retentions d’eau, construites sans réelle étude préalable sur une répartition stratégique d’emplacements des réserves hydrauliques au niveau national. « Les réservoirs de la plaine du nord ont cédé cette année les uns après les autres, rendant la situation incontrôlable malgré les réflexes acquis par tous depuis toujours pour faire face à la montée des eaux », explique l’urbaniste Niramon Kulsrisombat. Même si le sud de la capitale s’est doté d’un système de klongs et d’écluses particulièrement élaboré, la catastrophe n’a cette fois pas pu être évitée. « La mauvaise gestion des barrages hydrauliques, comme notamment ceux de Bhumibol et Sirikit, n’a fait qu’aggraver la situation. La libération de leurs eaux ne s’est pas faite dans les délais à la mi-saison des pluies, ce qui a abouti à un gigantesque ruissellement d’eau d’un seul coup sur la plaine centrale », estime la professeure de Chulalongkorn, furieuse contre les incohérences du système et les incompétences de ceux qui en ont eu la charge. « Le manque d’expérience de Yingluck et le fait qu’elle soit entourée par des gens qui n’ont pas la capacité à gouverner ont aggravé les choses. Mais cette crise aurait été dure à gérer pour n’importe quel gouvernement », précise Thitinan Pongsudhirak. Lorsque les digues censées canaliser les flots cèdent tour à tour, surtout en présence d’un tel coefficient de marée, il paraît bien difficile de condamner de but en blanc quelques acteurs de la scène politique thaïlandaise. « La situation était déjà la même avant l’arrivée du gouvernement de Yingluck, continue Niramon Kulsrisombat. Rien n’a jamais été fait pour faire avancer les choses. Mais il est vrai qu’elle aussi, tout comme les autres, a fait les mauvais choix au mauvais moment. » Selon l’urbaniste, le gouvernement a échoué dans sa façon de répondre à la crise : « Yingluck a trop longtemps sous-estimé la gravité des inondations, puisque son gouvernement a mis en place le Flood Relief Operation Center (FROC) seulement le 9 octobre, bien après le début du déluge. Mais, surtout, elle a mis à la tête les mauvaises personnes pour diriger les opérations. » En cause, le directeur du Froc, Pracha Promnok, un ancien général de police à la retraite devenu aujourd’hui ministre de la Justice. « Son parcours professionnel précédant ne démontre aucune connaissance en matière de gestion de l’eau ou de situation de crise. De plus, d’un point de vue politique, il est issu du Pheu Pandin, un petit parti sans grande influence. Il est donc fort probable que le cabinet et les députés ne se soient pas sentis obligés de l’écouter. Il semblerait qu’il soit incapable de mobiliser les gens. » Même topo pour la seconde personne clé du Froc, le ministre de l’Intérieur Yongyuth Vichaidit, au sujet duquel Niramon Kulsrisombat ne se montre pas plus élogieuse : « Il n’a rien dit ni fait et est resté sur la touche, alors qu’il était selon moi bien plus compétent pour gérer la crise ». Par ailleurs, au début de la crise, aucun expert ou personne suffisamment bien informée sur les questions de gestion de l’eau ou de situation de crise n’a été consulté pour conseiller le FROC sur les orientations à prendre. « Il a fallu attendre jusqu’au dernier moment, lorsque le déluge a atteint les portes de Bangkok, pour voir arriver des gens aux compétences requises. Malheureusement, il était déjà trop tard », déplore-t-elle.
Des divisions qui pèsent lourd
« La division politique du royaume est si profonde qu’elle a empêché le Puea Thai au pouvoir et les Démocrates de l’opposition de travailler ensemble, malgré la dureté de la crise », enchaîne Thitinan Pongsudhirak, le politologue. Dans un pays en mal de cohésion politique, économique et sociale, les divisions ont donc fini par peser très lourd sur la balance des cafouillages. Selon lui, les disparités sociales et le fait que les richesses à préserver en priorité dans le pays se trouvent concentrées principalement à Bangkok n’ont fait qu’attiser les tensions existantes. Voir Bangkok menacée a réveillé les ferveurs de l’opposition qui s’est empressée d’envoyer au charbon ses inspecteurs des travaux finis pour incriminer Yingluck Shinawatra, que tous attendaient au tournant. « Pourtant, c’est précisément pendant la période de transition entre son gouvernement et le précédent que les bonnes décisions en termes de gestion de l’eau auraient dû être prises », estime Niramon Kulsrisombat. Pour cette experte, la succession de cafouillages en tous genres a plus pour origine la discorde existante entre Yingluck Shinawatra et le gouverneur démocrate de Bangkok, Sukhumbhand Paribatra, qu’autre chose. Depuis deux mois, les deux ennemis politiques ne sont jamais parvenus à s’entendre pour trouver un accord sur le moyen de faire converger leurs efforts dans la même direction. La confusion entre les informations diffusées par l’un et par l’autre a déclenché un vent de panique sur toute la population de la ville, rendant toute prise de décision sereine impossible. Des inepties réductrices comme « on a inondé les pauvres pour sauver les riches » ont pris racine, et les divergences politiques ont finalement pris le pas sur le bon sens et la logique scientifique. « Depuis le début des inondations, des dysfonctionnements dans le drainage des eaux, directement liés aux juridictions politiques, sont apparus. Pour simplifier, elles peuvent se résumer ainsi : – C’est mon bastion, je n’autoriserai pas l’écoulement des eaux dans cette zone », constate avec regret Niramon Kulsrisombat.
Complètement faussée au niveau local, la gestion des inondations a donc tourné à la crise nationale ingérable. Un peu à la manière d’une chronique d’un désastre annoncé contre laquelle on ne peut finalement rien. « De la façon dont se sont déroulées les choses, il est clair que la division entre les Thaïlandais va encore davantage accentuer la fracture existante », estime le politologue Thitinan Pongsudhirak. Mais ce n’est pas tout. Il y a aussi ce curieux plan de révision des sols à classer, ou non, dans la catégorie des terres agricoles. Et c’est justement sur ces fameuses terres qui sont passées au fil des ans du grade de « culture » à celui de « soudure » ou de « peinture » que les pires inondations ont eu lieu, entraînant la fermeture de milliers d’usines de production.
Mises en garde internationales
L’UNISDR, organe de l’ONU en charge du développement des politiques de réduction des risques de désastres, a demandé récemment au gouvernement thaïlandais d’ouvrir des discussions avec le secteur privé. « Des ajustements doivent être apportés pour implanter les usines dans des zones protégées en cas de catastrophe naturelle, a déclaré Jerry Velasquez, le coordinateur régional pour l’Asie de l’UNISDR. Il en va aussi de la protection des ouvriers, contraints de loger à proximité de leur lieu de travail, dans des zones inondables. » Selon lui, si la réduction des risques est l’affaire de tous, elle l’est d’abord des entreprises présentes sur les zones récemment inondées. Partout dans la région, le bien-être de millions de gens a été considérablement affecté par la perte de leurs moyens de subsistance après la fermeture des usines. C’est sans compter le secteur agricole, qui aura, lui aussi, bien du mal à s’en remettre. « Ces inondations sont les pires depuis un siècle, et la situation pourrait encore s’aggraver à l’avenir. Si nous savons où elles peuvent se produire et à quel degré, alors nous pouvons y être mieux préparés, ce qui n’a malheureusement pas été le cas cette fois-ci », déplore le coordinateur de l’UNISDR.
Bangkok touchée, Bangkok coulée ?
« Si l’on ne fait rien, Bangkok va couler, c’est un fait », a prévenu le professeur Cor Dijkgraaf, un planificateur urbain spécialiste des questions climatiques, lors d’une récente conférence au Club des correspondants de presse étrangers (FCCT) de Bangkok. Selon lui, s’il reste encore quelques années pour prendre les bonnes décisions et éviter le pire, agir maintenant relève de l’urgence pour parvenir à préserver la capitale. La Banque mondiale, elle, estime que si rien n’est fait, un million d’habitants se retrouveront les pieds dans l’eau d’ici à 2050. Alors que Bangkok représente 40% du produit intérieur brut du pays, les dégâts économiques augmenteront ainsi de 761 millions à 3,2 milliards d’euros par an. S’ajouteraient aussi à la facture 2,3 milliards d’euros de dégâts infrastructurels. Le Sommet de Copenhague sur le changement climatique de décembre dernier plaçait également l’Asie comme l’une des régions les plus vulnérables au changement climatique, classant Bangkok dans le « Top ten » des villes à risque. A tel point que certains députés du Pue Thai parlent désormais de déplacer la capitale...
Quelles solutions ?
Alors que faire ? Une digue géante pour protéger la ville ? C’est en tout cas l’une des nombreuses solutions qui ont jusque-là été proposées, notamment par Cor Dijkgraaf et par Seree Supharatid, du Centre thaïlandais de recherche sur les catastrophes naturelles. L’idée serait de construire une digue de 100 km le long du golfe de Thaïlande, entre Hua Hin et Pattaya. Un projet titanesque de trois fois la taille du plus grand barrage au monde, en Corée du Sud. « L’inconvénient de cette digue est qu’elle va transformer la mer en lac. Mais Bangkok a la chance d’être l’une des seules villes au monde à pouvoir régler le problème avec un seul barrage, grâce à sa configuration géographique », explique Cor Dijkgraaf. La Banque mondiale voit les choses d’une toute autre façon, en apportant des solutions plus « classiques ». Dans son dernier rapport, elle estime que l’élévation de la crête des digues situées autour de Bangkok et sur les berges du Chao Phraya sera insuffisante à long terme. D’autres projets sont préférés, comme la consolidation des digues et l’augmentation des capacités de pompage, en particulier dans l’est de la capitale. Autre proposition : multiplier par deux ou trois la capacité de contenance des canaux. Et, pour la partie ouest de la ville, augmenter l’efficacité des trois stations de pompage existantes. « Selon la simulation effectuée par les services de la Banque mondiale, ces mesures permettraient de réduire de 51% les zones inondables à Bangkok et Samut Prakarn », précise le rapport.
Élaborer une vraie stratégie nationale reste toutefois la priorité. Là encore, experts, urbanistes, organisations internationales et décisionnaires politiques proposent des pistes de travail bien différentes. Pourtant, tous s’accordent sur un point : il faut maintenant penser « global ». Mais, suite à l’annonce faite par Yingluck Shinawatra sur les nouvelles mesures qu’elle comptait mettre en place pour améliorer le système (lire l’encadré : Les « 3 R » de Yingluck), la majorité des experts parlent « d’espoir en demi teinte ». « Le nouveau plan de reconstruction annoncé par Yingluck ne comporte aucun détail concret concernant les mesures et solutions proposées par le rapport du groupe d’experts hollandais, déplore le spécialiste en hydrologie George G. van der Meulen. Mais, dans une certaine mesure, les choses avancent puisque le gouvernement a tout de même accepté une étude décentralisée des zones les plus problématiques, comme celles de Thung Song, Changwat et Nakhorn Si Thammarat, pour y évaluer les modifications à réaliser. Mais beaucoup de décisions jugées prioritaires par le rapport ne sont toujours pas d’actualité. » « Tout ça me semble bien insuffisant, dans la mesure où la gestion de l’eau est d’abord et surtout une question de planification et de coordination régionale. C’est cela qui devrait être la priorité du gouvernement, et non de simples analyses locales isolées. Il est par exemple très important de concevoir une stratégie d’augmentation des bassins de rétention d’eau pour combler les pertes de capacité enregistrées au cours de ces dernières années, notamment dans la région du Nord, pour enfin parvenir à maîtriser les flux hydrauliques », propose de son côté l’urbaniste Niramon Kulsrisombat.
Une réflexion régionale
Au drame vécu par la Thaïlande vient s’ajouter le demi million d’individus touchés au Viêt-Nam, et les 250 décès enregistrés par les autorités cambodgiennes. Le problème ne se réduit donc plus à de simples questions de gestion nationale des flux. Selon Dominique Van der Borght, directeur de l’organisation Oxfam365 au Laos, « la gestion des ressources en eau devrait être pensée de manière durable et collective afin d’éviter des conflits hydriques et bénéficier à tous. » La Commission Mondiale des Barrages (CMB), créée en 1998 et réunissant des experts du monde entier, a rendu récemment des conclusions très critiques sur les grands barrages à travers le globe, et notamment sur les structures asiatiques. Selon elle, « les promoteurs veulent trop souvent gagner du temps et se montrent dans l’incapacité constante et systématique d’évaluer le potentiel d’impact négatif de ces projets ». Partant de ces observations, la CMB a proposé une approche nouvelle de la prise de décision en sept points, dont l’un des volets majeurs est de « partager les cours d’eau pour la paix, le développement et la sécurité ». L’OMS a exprimé son « soutien sans réserve » à ces objectifs. De même pour le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). Malheureusement, d’après l’ONG International Rivers, le Mékong est aujourd’hui en proie à l’appétit grandissant des pays de la région pour les barrages hydro-électriques. Suivant l’exemple de la Chine, qui a déjà entamé la construction d’une série de barrages controversée sur la partie supérieure du Mékong, la Thaïlande, le Laos et le Cambodge prévoient d’en construire à leur tour dans le bassin inférieur. Le deuxième Sommet de l’Eau pour l’Asie et le Pacifique aura lieu les 5 et 6 février 2012 à Bangkok. Une réunion à l’initiative du CESAP (ONU), articulée autour du thème de la sécurité de l’eau dans la région. L’ambition de ce somme test de parvenir à fixer des objectifs communs aux pays concernés, à moyen terme (2011-2015) et à long terme (2011- 2020). « L’objectif est de convaincre les institutions régionales gouvernementales et non gouvernementales de bâtir une vision commune de gestion et de partage équitable des ressources hydrauliques d’ici à 2020, a précisé le porte-parole du CESAP. Cela passera forcément par le développement des compétences de chacun sur le sujet, ainsi que l’analyse en profondeur. des problématiques globales en profondeur. » Un objectif qui, s’il est atteint, permettra aussi de sauver de nombreuses vies.
OLIVIA CORRE













