Catherine Vanesse | Gavroche | 04/11/2014
Société / Actu  

Thaïlande : apprendre le thaï, mission impossible ?

Avec son système d'écriture alpha-syllabaire, sa syntaxe et ses tons, la langue thaïe, c'est un peu comme apprendre le chinois ! Mission impossible ? Pas tant que ça. Entre l'enthousiasme des Thaïlandais pour vous encourager et une grammaire relativement simple, nombreux sont les étrangers à se lancer dans son apprentissage, souvent avec succès.
Une dizaine d’élèves sont déjà assis dans la classe lorsque la professeure arrive. Elle commence d’entrée de jeu avec l’apprentissage de deux nouvelles lettres. Ici, on inclut directement la lecture et l’écriture, deux ou trois lettres par cours. « Plus, ça devient rébarbatif », comme l’explique Jean-Luc Puong, manager de My Thai Language School, école de langues basée à Bangkok. Le cours continue avec comme thème « sortir » et tout le vocabulaire et la grammaire associés. La professeure fait participer les élèves, qui répètent ensemble les sons, les mots.

A la pause, les étudiants discutent entre eux. Des étudiants de tout âge, d’un peu partout, aux motivations diverses. « Au départ, c’était pour avoir droit au visa étudiant. Après, c’est vrai que c’est utile d’apprendre la langue du pays dans lequel on vit, raconte Yann, un jeune homme d’une vingtaine d’années. Ça fait neuf mois que je suis là. J’ai commencé à apprendre le thaï dès le début, mais je n’ai pas l’impression d’avoir progressé. Les cours sont bien, même si parfois je trouve que ça manque de rigueur, il faut travailler à côté. » Pour Frédéric, qui vit à Koh Samui depuis un an, c’est un peu différent : après six mois, il estime qu’il peut se débrouiller. Son amie thaïlandaise l’aide beaucoup, ce qui lui permet de pratiquer au quotidien. Le Français passe aussi pas mal de temps en dehors des cours à étudier. Pour Lilly, autodidacte, le déclic c’est vraiment fait le jour où elle s’est retrouvée aux urgences avec son petit garçon : « Je ne comprenais rien, je me suis rendu compte que je ne pouvais pas continuer à vivre ici sans parler la langue ».

Peu importe les motivations de chacun, il y a simplement ce moment où l’on décide d’apprendre une langue. Et le thaï, avec son alphabet propre, ses tons, ses mythes, souvent véhiculés par les Thaïlandais eux-mêmes pour plaisanter sur la difficulté de leur langue, peut sembler compliqué. Pourtant, nombreux sont les étrangers à le parler. Pour cela, il importe de se donner le temps et les moyens. La première question que l’on peut se poser est de sa- voir si l’on peut apprendre par soi-même ou si des cours sont nécessaires.



Quelle méthode ? En Thaïlande depuis huit ans, Lilly parle, écrit et lit le thaï couramment : « Je n’ai jamais pris de cours, j’ai lu je ne sais combien de livres de méthode de thaï, que ce soit en français ou en anglais. Au tout début, j’ai commencé avec Assimil, une méthode un peu ennuyeuse mais qui offre une bonne base et qui est en français. Il y a un an et demi, j’ai commencé à apprendre à lire et à écrire. Là, j’ai demandé à quelqu’un de m’aider. J’avais une méthode mais je ne comprenais rien, je ne savais pas par où commencer et puis ça m’a motivé. Après, je pense qu’il faut varier les outils, sinon on s’ennuie : livres, MP3, chansons, poèmes, films en VO… J’ai regardé certains films plus de dix fois, au début avec les sous-titres avant de les cacher. »
Nalinee Udomsinn, enseignante de thaï et co-fondatrice de la Maison de la Thaïlande à Paris, est persuadée du contraire : on ne peut pas apprendre le thaï par soi-même. « Il faut une certaine ouverture d’esprit, c’est une langue particulière, ce n’est pas comme l’espagnol ou l’italien où on peut trouver des équivalences. Je ne dis pas que c’est totalement impossible, mais je constate que les gens qui apprennent seuls, au bout d’un moment, atteignent une limite. La syntaxe fait souvent défaut, on reste dans un thaï basique. » Jean-Luc Puong, directeur de My Thai Language School, tempère : « Il est possible d’apprendre par soi-même via des livres, des sites internet... Je le recommande aussi à nos élèves pour ceux qui veulent commencer à apprendre avant de suivre des cours, pour diversifier les apprentissages. Le thaï de base est assez simple, les mots sont courts, il n’y a pas de temps passé, futur, donc on peut vite faire des phrases. Après, pour atteindre un niveau avancé, c’est autre chose. C’est une langue subtile pour laquelle il faut tenir compte de la culture, car on ne parle pas de la même façon à un ami ou à un professeur ou à un moine. Le thaï est vraiment compliqué, peut-être même plus que le français, il faut des années pour le maîtriser. Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut se décourager, insiste Jean-Luc Puong. Un étudiant qui s’y met de manière régulière peut, en six mois, parler le thaï de tous les jours, avoir une conversation avec des amis, prendre un rendez-vous, commander à manger. Ce qui est sûr, c’est qu’un élève qui n’est pas timide, qui côtoie au quotidien des Thaïlandais, apprendra plus vite que celui qui reste enfermé dans sa communauté d’expatriés. »

Si dans le cadre d’un apprentissage plus scolaire de la langue on peut comprendre que les écoles préconisent d’étudier l’alphabet, elles ne sont pas les seules : « Je me suis mise sérieusement à étudier le thaï il y a cinq ans. Et puis il y a un an et demi, j’ai commencé à apprendre à le lire et à l’écrire, ça m’a beaucoup aidé, reconnaît l’autodidacte Lilly. C’est l’erreur que j’ai faite au début, d’apprendre tout en phonétique. Il y a un moment où tu n’avances plus. Avec mon expérience, c’est un conseil que je donnerais à toute personne qui souhaite apprendre le thaï. Ce n’est pas si difficile que ça en a l’air ». Nalinee Udomsinn ajoute : « C’est un peu comme quand j’ai appris le français, pour moi « on, en, un », c’était le même son. C’est en le lisant, en le voyant dans d’autres mots que j’ai pu les prononcer correctement. En thaï c’est pareil. »

Comment choisir une école ? Ce ne sont pas les écoles qui manquent en Thaï lande pour apprendre la langue du pays du sourire. Si pour beaucoup d’apprenants le critère de proximité primera sur le reste, dans certaines villes, cela peut vite devenir compliqué compte tenu du choix. Dans un pays où les visas restent parfois un vrai casse-tête pour les expatriés, certaines écoles ont su profiter du filon et créer un véritable business où l’argent prime sur la qualité des cours (voir encadré). Comment éviter ces écoles qui n’en sont pas ? « D’abord, il faut regarder la méthode. Si c’est une école à visas, elle n’aura pas sa propre méthode et utilisera plutôt des livres disponibles dans le commerce, explique Jean-Luc Puong, de My Thai Language. Ensuite, le nombre de classes : si vous arrivez dans une école où il n’y a que deux classes mais où cent personnes font la queue à l’accueil, en général ce n’est pas bon signe. Troisième critère, le prix. Si c’est trop peu élevé, ce n’est pas normal, car il faut payer les professeurs, le loyer, le marketing, tout ça a un coût. Quatrième critère, parler aux enseignants afin d’évaluer leurs connaissances, pour voir si ce sont des gens dédiés à l’éducation ou juste des personnes pour faire votre paperasse pour votre visa. Pour terminer, la mention « Reconnu par le ministère de l’Éducation » n’est pas un critère. En Thaïlande, toutes les écoles sont reconnues par le ministère de l’Éducation, même celles qui ne font que donner des visas. Mais peut-être que cela va changer. Actuellement, le cahier des charges pour ouvrir une école s’est fameusement allongé, et il devient beaucoup plus difficile d’ouvrir une nouvelle école, et même pour les anciennes, de plus en plus d’écoles ferment.»

Visa ED : ce qui pourrait encore changer


Suivre des cours de thaï permet aux étudiants de bénéficier du visa non-immigrant ED, ou visa éducation. Mais depuis quelque temps, la réglementation sur les visas a tendance à se durcir, comme on a déjà pu le constater avec les séjours touristiques, et le visa ED ne fait pas exception. Alors qu’il suffisait jusqu’à présent de suivre 4 heures de cours par semaine, soit 12 mois pour une session de 200 heures, les cours obligatoires devraient prochainement passer à 8 heures par semaine, ce qui réduirait la durée des sessions à 6 mois. Cette mesure, dont on ne connaît pas encore clairement les contours ni la date de son entrée en vigueur, obligerait les étudiants à renouveler leur visa tous les trois mois. Plus aucun visa étudiant « multiples entrées » valable un an n’est actuellement délivré par les ambassades à l’étranger. Les autorités souhaitent ainsi mettre fin aux abus qui permettaient à de pseudo-étudiants d’obtenir un permis de séjour longue durée en s’inscrivant dans des écoles qui n’avaient d’autres préoccupations que d’encaisser les frais de scolarité.

Catherine Vanesse ( www.gavroche-thailande.com )
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Maeva Thai 2016-09-04 00:00:00
visa étudiant thailande
Sauf erreur de ma part, l'ambassade demande maintenant d'avoir des cours de Thaï tous les jours de la semaine du lundi au vendredi et 5h par jour. Ce qui fait 25h par semaine. De quoi décourager probablement les plus motivés. Non seulement 25h par semaine pour apprendre une langue quand on est débutant je trouve ça énorme, mais je m'interroge vraiment sur le coup de cette formation ...
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