Avec sa double casquette de monteuse et de scripte, Aude Corail-Lopez ne sait plus où donner de la tête. Pourtant, avant d’arriver à Bangkok, son parcours professionnel relevait plus de la galère que du sympathique parcours de santé. Pas facile de trouver du boulot dans l’ultra-concurrentiel monde du cinéma côté français. Mais depuis qu’elle a posé les pieds dans la Cité des Anges, plusieurs sociétés de production spécialisées dans l’assistance au tournage à destination des réalisateurs étrangers ont souhaité faire appel à ses compétences. « Ici, le métier de scripte reste encore très marginal, ce qui offre des opportunités auxquelles je n’aurais jamais eu droit en France », constate-t-elle. Il faut dire aussi qu’ils sont nombreux à se bousculer au portillon du pays pour y réaliser leurs films. En 2010, pas moins de 578 films étrangers ont été tournés dans le royaume, dont 255 spots publicitaires, 178 documentaires et 49 longs-métrages. Mais aussi plus de 40 séries télé et 50 clips musicaux. Montant total des bénéfices pour le pays ? Pas moins de 1,87 milliard de bahts, contre seulement 967 millions l’an dernier. Depuis dix ans, la Thaïlande ne cesse de voir se multiplier les demandes d’autorisation de tournage. En tête des pays les plus demandeurs, l’Inde, le Japon, mais également l’Europe, dont les sollicitations se font toujours plus grandes.
Lorsqu’il a créé Cineflash en 2001, Christian Gerber n’en attendait pas tant. Car, même s’il avait pressenti une puisqu’il est l’un des premiers à avoir misé sur le boum du cinéma francophone ici. Un coup de poker qu’il ne regrette pas aujourd’hui. « Il faut dire que le pays a beaucoup d’avantages. Des sites diversifiés et des équipes efficaces pour un coût de production sans commune mesure avec les tarifs européens », précise-til. Car même si cette année le taux du baht a explosé, il n’en demeure pas moins toujours avantageux. De l’avis général, produire ici reviendrait environ quatre fois moins cher qu’en Europe. « C’est vrai que, même si les tournages sont moins bon marché qu’avant, ils demeurent tout de même abordables aux petites productions. Je viens moimême de produire mon propre film, chose que je n’aurais jamais eu les moyens de faire en France », explique Christian Gerber. Les atouts propres au pays couplés au caractère francophone de sa société : il n’en fallait pas plus pour attirer en masse les productions françaises. « Ce n’est un secret pour personne : nos compatriotes ne sont pas des as de l’anglais. Tourner à l’étranger est toujours moins simple pour un réalisateur, alors je crois que faire appel à nos services apparaît à leurs yeux comme un moyen de s’éviter les complications », analyse le producteur. Ce que confirme Aude Corail-Lopez : « Cela rassure les réalisateurs étrangers de se savoir entourés d’une équipe ayant non seulement la même langue, mais aussi la même culture et des réflexes de travail similaires. »
Sur les traces américaines
Les premiers à avoir capté tous les atouts cinématographiques du royaume sont les Américains. « Les productions hollywoodiennes sont présentes sur le marché depuis plus de trente ans. Les Français, eux, ont longtemps été plus frileux. Ils ont attendu de constater les succès des autres pour se lancer en Thaïlande », affirme Christian Gerber. Mais, aujourd’hui, les réalisateurs français reviennent en force. Fin 2010, c’est Luc Besson qui posait ses valises dans le pays pour y tourner son dernier film relatant le parcours de Aung San Suu Kyi. « Comme il lui était impossible de filmer des scènes mettant en lumière la dissidente en Birmanie, nous avons fait plusieurs repérages au Laos et au Cambodge. Mais c’est finalement la Thaïlande qui a été retenue par Besson », raconte Georges Langlois, aux commandes de Siam Movies Production, société à laquelle s’est adressé le réalisateur pour l’assister lors du tournage. C’est aussi ici que Jérôme Salle avait choisi d’emmener de Largo Winch. Outre les longs métrages, de nombreuses chaînes de télé françaises font également confiance au royaume pour y produire leurs séries, comme ce fut récemment le cas de TF1. A l’été 2009, la chaîne offrait à sa « petite famille formidable » des vacances sous les tropiques siamois. Oliver Stone a fait place aux réalisateurs européens et à la french touch. Parmi les lieux de tournage les plus prisés par les francophones, les environs de Phuket et de Krabi, mais surtout la très cinégénique Bangkok. « Cette ville offre des possibilités incroyables », s’enthousiasme Christian Gerber, « son architecture et sa mixité, tant culturelle qu’économique, la placent en tête de la demande. » Cette démesure toute bangkokoise ne pouvait que gagner le coeur de Jean-Claude Van Damme. L’acteur loufoque a donc opté pour la grosse pomme siamoise comme théâtre pour son dernier film, Eagle Pass. « Son choix a été motivé principalement par les qualités matérielles du pays, tant du côté de l’imagerie que du son. Son film comportant beaucoup de prises de vue aériennes, il a beaucoup apprécié la facilité avec laquelle on peut s’y procurer un hélicoptère et les autorisations de tournage qui vont avec », illustre par l’exemple Alain Brulfert, de la société Repérages-Thaïlande. « Ici, c’est le paradis pour un réalisateur, car tout est plus simple », confirme Aude Corail-Lopez. « Si vous voulez filmer une scène dans le métro parisien, ça prend des mois. Alors qu’ici, en deux jours, on peut obtenir l’autorisation de tourner dans une station du Skytrain », rapporte Christian Gerber. Et c’est sûrement cette facilité qui a conduit à un tel développement du marché francophone et européen. A tel point que l’Office national du film de Thaïlande a ouvert en 2007 l’agence One-Stop. Le but ? Permettre aux réalisateurs étrangers d’effectuer l’ensemble de leurs démarches dans un seul et même lieu, et en un temps record. De seulement une poignée au début des années 2000, les prestataires de services spécialisés dans l’assistance aux cinéastes européens se sont multipliés et la concurrence fait désormais rage. Un combat de coq en technicolor qui fait les choux gras des réalisateurs francophones. « Comme l’entente n’est pas au beau fixe entre les prestataires, aucun accord sur une base tarifaire n’a été conclu entre eux et chacun tente d’être le plus compétitif possible. Donc les coûts des prestations ont considérablement baissé ces dernières années, attirant toujours davantage de réalisateurs », explique Régis Ghezelbash, le producteur français à l’origine du film d’animation Les Triplettes de Belleville. Mais, de l’avis de certains, l’âge d’or des productions européennes made in Thailand semble révolu.
Ombre au tableau
Depuis 2009 et l’intensification des tensions politiques dans le royaume, le marché a pris du plomb dans l’aile. « Depuis six mois, la demande est quasi nulle », constate Alain Brulfert. Entre 2008 et 2009, les bénéfices amassés par le pays grâce aux tournages étrangers avaient déjà dégringolé de 56%. Les événements d'avril et mai derniers à Bangkok n’ont évidemment rien arrangé. L’instabilité politique fait peur et certains réalisateurs se sont empressés de prendre leurs jambes à leur cou. « Notre société a déjà perdu le tournage d'un longmétrage de production européenne, ainsi qu'un documentaire, prévus à l’origine en février 2011. Je doute donc qu'il y ait toujours un engouement grandissant pour le pays en ce moment », regrette Alain Brulfert. Même son de cloche du ses tournages ont également été annulés. L’un concernait un film franco-russe, l’autre un film allemand. « La production est un métier déjà assez risqué à la base. Les réalisateurs n’ont donc pas envie de prendre des risques supplémentaires en se mettant dans une galère », explique-t-il. Ne connaissant bien souvent du pays que ce que la télévision veut bien leur montrer, beaucoup ont donc préféré attendre avant de s’aventurer dans un royaume capable de voir si rapidement sa capitale s’embraser. Dans le meilleur des cas, les projets de tournage ont été simplement repoussés. Mais la tendance est au repli vers les pays voisins, grands bénéficiaires des états d’âmes européens. « Je sais que certains producteurs ont déjà choisi de se rabattre sur le Viêt-Nam où les Philippines, qui offrent des paysages similaires », précise Régis Ghezelbash. Un phénomène surprenant lorsqu’on connaît les exigences de ces deux pays en termes d’obtention de visa pour les équipes de tournage. « Les autorisations y sont beaucoup plus compliquées à obtenir. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles 80% des publicités vietnamiennes sont aujourd’hui toujours réalisées en Thaïlande », affirme Serge Thimbre, un prestataire français auquel les publicistes de l’ancien territoire indochinois font souvent appel pour réaliser leurs spots. Bizarrement aussi, la Malaisie, pays musulman que l’on aurait pu penser bien moins permissif, apparaîtrait désormais comme une juste alternative au marasme thaïlandais. « Mais ce sont surtout les publicistes qui ont fuit vers l’Argentine ou l’Afique du Sud, moins les réalisateurs de longmétage », affirme Georges Langlois.
Aventurier n’est pas qui veut
« Je crois que cela dépend aussi beaucoup des réalisateurs », recadre Serge Thimbre, fondateur de TPHK productions. Christian Clavier, lui, n’a pas été effrayé par la vague rouge et son lot de complications. Prévu à hauteur de 80% en Thaïlande, le tournage des scènes de son premier film en tant que réalisateur a subi des contretemps dus aux blocages et au couvre-feu. Mais ce n’est pas pour autant que l’acteur a plié bagage. Cela ne l’empêchera pas non plus de revenir au printemps pour achever les dernières scènes de son long-métrage, accompagné de Jean Reno, Muriel Robin et Helena Noguera. « Soyons réalistes : même en temps de crise, les risques sont finalement très limités. Tout est fait par les autorités locales et les ambassades pour que tout se passe au mieux. Et puis, nous connaissons suffisamment bien le tissu social local pour savoir prévenir nos clients quand il n’est pas utile de se risquer à venir », ajoute Serge Thimbre. Réalité des risques ou pas, il n’empêche que le royaume a déjà essuyé un manque à gagner de 800 à 900 millions de bahts. Un constat d’échec commercial qui a poussé le pays à prendre le taureau par les cornes. Pas question de se laisser marcher sur les pieds par qui que ce soit. Et encore moins par des Etats dont il se sait nettement supérieur en termes de prestation de services. Branle-bas de combat au ministère du Tourisme et à l’Office du film pour contrer cette fuite.
Redorer le blason
Décision est donc prise de cajoler les cinéastes étrangers. Le gouvernement a sorti l’arsenal fiscal en approuvant toute une batterie d’allègements en août dernier. Fini les taxes sur les images réalisées au sein des parcs nationaux, lieux artistiques, chemins de fer et fleuves du pays. Il en va de même pour l'aéroport Suvarnabhumi. Et, comme cela n’a semble-t-il pas porté suffisamment ses fruits, une nouvelle série d’allègements est de nouveau en discussion depuis novembre. Il y serait question de supprimer les 10% de taxes applicables sur les salaires générés ici par les acteurs, ainsi que d’une baisse de 20 à 25% des taxes habituellement ponctionnées aux prestataires de services. Mais rien n’a encore été officiellement fixé. Cette prise de conscience politique n’est pas nouvelle puisqu’en juillet 2009, deux cents représentants de l’industrie du film étaient déjà réunis à Bangkok pour débattre des solutions à apporter au ralentissement du secteur. Un immense brainstorming à la suite duquel l’Office national du film s’est vu allouer la coquette somme de 14 millions de bahts et une équipe de douze personnes pour une mission séduction de grande ampleur menée en 2010. Mais, depuis les manifestations rouges, la tâche s’est un peu compliquée. « Les moyens ne sont plus suffisants pour promouvoir vraiment le pays auprès des producteurs étrangers », constate Wanasiri Morakul, la porte-parole de l’Office national du film. Peuton pour autant parler de crise du marché ? Non. Preuve en est cette étude réalisée par le magazine P3Update, un mensuel consacré aux activités filmiques dans le monde, qui révèle que la Thaïlande se place toujours en tête des pays d’Asie les plus prisés par les réalisateurs. Et ce pour la deuxième année consécutive. Une position de leader que le pays espère pouvoir conforter l’an prochain. « Nous misons beaucoup sur les retombées médiatiques de la sortie de plusieurs films européens et russes tournés ici avant les événements pour relancer l’industrie du cinéma en 2011 », confie Wanasiri Morakul.
Attirer les touristes
« Ce bouche à oreille pourrait bien aussi dynamiser le secteur touristique », pense la porte-parole. Certes. Mais à quel prix ? Car vendre du rêve en technicolor pour attirer le chaland n’est pas sans conséquences. Les exemples de dérives passées sont nombreux et le cinéma a déjà sévèrement contribué à modifier le visage du pays. Réalisé en 1973, le tournage du neuvième James Bond, L’Homme au pistolet d’or, sur Koh Khao, a conduit à un afflux massif de touristes dans la région. Résultat ? Une île rebaptisée depuis « James
Bond Island » et des dégâts environnementaux sans précédent. Même constat du côté de la baie de Koh Phi Phi à la suite du film The Beach, avec Leonardo Di Caprio et Virginie Ledoyen : surexploitation des ressources et surpopulation touristique. Et la liste est longue. Mais les six milliards de bahts amassés par le royaume grâce au cinéma étranger au cours des cinq dernières années poussent apparemment les autorités locales à l’amnésie. Pourtant, à trop faire fi des erreurs du passé, il se pourrait bien que le pays s’en morde un jour les doigts. Ce que viennent chercher ici les professionnels du cinéma, ce sont des images d’exotisme et de plages désertes. Les côtes souillées par le tourisme, elles, ne déplacent pas vraiment les foules. A force de galvauder ses attraits, le pays prend le risque de paraître beaucoup moins « sexy » aux yeux des cinéastes. Néanmoins, le royaume persiste et signe. Crise de myopie générale face aux erreurs passées, priorité aux scores financiers.
Censure
Troubles de la vue également face aux carences du secteur. Celle de la censure, d’abord, qui handicape considérablement le marché. Hurlé aux oreilles du monde par le lauréat de la Palme d’Or, Apitchatpong Weerasethakul, lors du dernier festival de Cannes, le manque de liberté artistique a fait beaucoup causer dans les chaumières. Derrière chaque tournage se cache un agent dépêché par les autorités locales pour vérifier que le script d’origine est bien respecté. « Pas de scènes de corruption et de prostitution, et aucune évocation négative à caractère religieux ou
royal », explique Christian Gerber. Bref, motus et bouche cousue sur ce qui pourrait faire mauvais genre dans les dîners internationaux. « Mais bon, on peut toujours discuter. Et puis ces restrictions concernent uniquement les images tournées ici, pas les équipes de post-production. Tant que les prises de vue n’ont pas pour décor la Thaïlande, aucun problème », tempère Régis Ghezelbash, qui a choisi Bangkok pour monter les images de bon nombre de ses films tournés hors du pays. Il n’en demeure pas moins que cette petite contrainte filtrante n’est pas du goût de tous. Que ce soit par simple conviction idéologique ou par peur de ne pas voir leur
projet initial réalisé, ces manipulations gouvernementales dérangent un peu la profession. « Cela handicape non seulement le développement du cinéma étranger mais également les productions locales », constate Pierre Laburthe, producteur du film Karaoké, tourné en Malaisie mais post-produit à Bangkok.
Carences éducatives
S’ajoutent à cela les piètres possibilités de formation offertes aux équipes thaïlandaises. « La majorité des équipes sont formées sur le tas », note Laburthe, également attaché culturel à l’Alliance française de Bangkok. Dans la capitale, seules deux universités proposent un cursus relatif au cinéma. Des formations bien plus brèves et bien moins consistantes que celles dispensées en Occident et qui, au final, appauvrissent la qualité artistique plus qu’elles ne l’encouragent. « Les programmes n’ont rien à voir avec ce qui se fait ailleurs. L’histoire du cinéma, par exemple, n’y est jamais évoquée. Seuls les auteurs contemporains sont mis en valeur, souvent via des productions pauvres en contenu. Cela entretient le culte du
cinéma prêt à consommer, sans place réelle pour le cinéma d’auteur », constate-t-il. « Il est vrai que les équipes qui n’ont pas été formées aux côtés de prestataires étrangers sont moins efficaces », confirme Alain Brulfert. Pierre Laburthe surenchérit : « Soyons honnêtes, seuls ceux qui ont eu la chance de faire leurs études hors du pays peuvent prétendre faire la différence un jour au cinéma. Ce sont majoritairement des Sino-Thaïs issus de la classe moyenne et de la haute société, au final peu représentatifs des réalités locales. Le pays souffre d’un mal d’éducation chronique au niveau artistique qui freine l’émergence d’un vrai cinéma de qualité. »
Changer la donne ?
Alors, que dire de l’avenir ? « Tant qu’il n’y aura pas une prise de conscience politique, les choses resteront les mêmes. Sans davantage d’éducation du public et de subventions, ce sera le statu quo », fait valoir Pierre Laburthe. Dans un pays qui laisse bien peu de place aux initiatives individuelles, difficile de faire admettre les bénéfices d’une once de liberté et d’encouragement culturels. C’est sûrement là une des raisons pour lesquelles le cinéma thaïlandais a tant de mal à s’exporter. Car, passé l’effet de mode suscité par la dernière Palme d’Or, bien peu nombreux sont les films à avoir supporté le voyage. « Le cinéma asiatique en général a une identité très forte, ce qui le rend fascinant, certes. Mais il est aussi trop souvent bien peu abordable pour les spectateurs étrangers », regrette Pierre Laburthe. Car, à part certains films comme Ong-bak qui ont percé le marché mondial en exploitant le créneau porteur de la boxe thaïe, sorti du filon sports de combat, c’est le grand vide. Alors, puisqu’il est toujours impossible d’espérer des revenus suffisants via les ventes à l’étranger, l’industrie du film se voit contrainte de se retourner vers le marché local (60% de la programmation des salles l’an dernier). Se présente alors un cercle vicieux qui condamne le cinéma thaïlandais à se reposer sur ses propres lauriers culturels pour l’export. Au regard du potentiel de talents que compte le royaume, le désintérêt manifeste des autorités pour ses réalisateurs pourrait passer pour du sabotage.
Gâchis culturel
Cette fatalité-là, Régis Ghezelbash ne pouvait pas se résoudre à l’admettre. C’est pourquoi le producteur travaille actuellement à l’établissement d’un partenariat avec Gaumont visant à réduire cette carence éducative. « En venant tourner ici, les réalisateurs étrangers prennent beaucoup mais donnent finalement peu. J’essaie donc de développer un système d’échange basé sur l’apport mutuel. En résumé, utiliser les compétences locales, oui, mais en échange d’une offre de perfectionnement des équipes auxquelles les réalisateurs font appel », explique-t-il. Un principe basé sur le donnant-donnant qui, selon lui, pourrait faire décoller le septième art. Puisque rien ne sert de courir après les aides gouvernementales, autant partir à point en se dirigeant vers les encouragements extérieurs. « Cela permettrait de multiplier les couleurs du cinéma thaïlandais et de l’orienter davantage vers l’international. Il y a beaucoup de talents ici encore mal exploités et c’est dommage. Le cinéma n’est pas le seul à être touché, c’est la même chose pour la télévision », dit-il. « Moi, j’ai la chance de travailler avec des pointures,
des gens vraiment doués, et cela m’énerve quand j’entends parler de défaut de qualité des équipes thaïlandaises. Je crois tout simplement
que leur travail n’est pas suffisamment mis en valeur », constate de son côté Serge Thimbre. Pour davantage de valorisation, pas de secret : seule la multiplication des échanges entre équipes de production locales et étrangères peut vraiment changer la donne. L’essor des contacts constaté depuis vingt ans a déjà considérablement fait évoluer le cinéma national, en rendant possible l’émergence de toute une nouvelle vague de réalisateurs. Pourtant, il reste encore beaucoup à faire pour permettre au pays de prendre le TGV.
O.C.
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Gavroche
10/05/2011
Société
Thaïlande : Ca clape dur !Depuis une dizaine d’années, la Thaïlande a su se tailler une place de choix dans l’industrie du cinéma mondial. Les atouts du royaume le placent en tête des destinations asiatiques les plus prisées des cinéastes étrangers. Résultat ? Des prestataires de services d’assistance aux tournages européens toujours plus nombreux, notamment à destination des réalisateurs francophones. Mais jusqu’à quand ? Et à quel prix ?
En 2010...
Pas moins de 578 films étrangers ont été tournés dans le royaume, dont 255 pubs, 178 documentaires et 49 longs métrages. Mais aussi plus de 40 séries télé et 50 clips musicaux. Montant total des bénéfices pour le pays ? Pas moins de 1,87 milliard... CE QUE DIT LA LOI
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