Chiffres
« Peu de données sont disponibles. Dans un sondage de 1992, 3,3% des hommes et 1,2% des femmes affirmaient avoir déjà eu une expérience avec quelqu’un du même sexe. Un autre sondage de 2008 auprès de 411 élèves et étudiants de 12 à 24 ans montrait que 3,4% d’entre eux s’identifiaient comme homosexuels et 5,2% comme bisexuels. Des chiffres en deçà de la réalité qui se situerait au-dessus de 5% de la population. »
Législation
« Les homosexuels n’ont pas le droit de se marier ni d’adopter. Ils s’exposent à un traitement différent en matière fiscale, mais aussi pour ce qui est des assurances et de l’accès aux soins. La décriminalisation de la sodomie date de 1956, mais il faudra attendre 2002 pour que le département thaïlandais de la Santé mentale raye l’homosexualité de la liste des pathologies, suite à une action menée par Anjaree, une association lesbienne. Son homologue américain avait pris la même décision en 1973 ! D’où la difficulté pour les services médicaux qui continuent, pour certains, de vouloir traiter l’homosexualité comme une maladie indésirable. Une telle démarche peut conduire à des traumatismes. »
Violence
« Les violences interviennent surtout lorsqu’il y a un rapport hiérarchique, par exemple dans l’armée, les prisons, les centres de détention pour mineurs ou même dans les temples. Un sondage de 2006 auprès de 2 000 personnes identifiées comme des « hommes ayant des relations avec des hommes », a mis en évidence que 18,4% d’entre elles avait déjà été forcées à avoir une relation sexuelle. Il y a aussi le racket pratiqué par des policiers contre les transexuels accusés de « perturber le tourisme », notamment à Pattaya. Les violences psychologiques sont plus courantes : dénonciation publique, discrimination à l’emploi, discours homophobes... Pour certains, cela peut conduire au suicide. En 2002, un sondage indiquait que les tentatives de suicide ne touchaient que 1% de la population. Une étude de 2005 révélait que sur 224 transgenres thaïlandais, 22% avaient tenté de se suicider. On peut en déduire un risque plus important chez les transexuels. »
Sida
« En 2007, le virus HIV touchait de manière endémique la population homosexuelle masculine, notamment à Bangkok où le taux de prévalence est estimé à 30,7% contre 16,9% à Chiang Mai et 20% à Phuket (étude de Thanarak et al. 2008). Au niveau national, ce taux est de 1,5% (2006). Une étude a démontré que seulement 54,5% des gays utilisent un préservatif lors de rapports sexuels. Des chiffres inquiétants sachant que beaucoup ne sont pas conscients de leur séropositivité. »
Propos recueillis par NICOLAS BLANDIN
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Gavroche
06/06/2011
Société
L’homosexualité n’est plus considérée comme une maladie depuis 2002Diplômé en psychologie, Timo Ojanen vit en Thaïlande depuis six ans et travaille à la faculté des sciences humaines et sociales de l’université Mahidol. Il a notamment rédigé une thèse sur la gestion des minorités sexuelles par les services psychiatriques en Thaïlande.
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