Richard Werly | Gavroche | 17/06/2011
Société  

Preah Vihear : l'envers du décors

La multiplication des affrontements militaires meurtriers autour du temple frontalier n'est pas seulement le résultat d'une historique dispute territoriale. Elle illustre aussi la collison des ambitions opposées de Bangkok et Phnom Penh, matinées de contentieux affairistes.


Images de guerre

Publiés le 24 avril dans la presse siamoise, les clichés montrant d’un coté l’envoi de renforts thaïlandais dans les districts frontaliers de Surin, et de l’autre les batteries cambodgiennes de missiles Katyousha font réfléchir.

S’agit-il, entre deux pays voisins membres de la même organisation régionale – l’Asean – d'une situation normale ? Est-ce juste la preuve que, de part et d'autre, le nationalisme débridé des généraux l’emporte sur les diplomates et les juristes ? Négatif.

Ce qui se passe depuis des mois à cette frontière khmérothaïlandaise est la preuve que la crise engendrée par la dispute territoriale autour du temple de Preah Vihear n’est plus une succession « d’incidents » ou de rodomontades galonnées, mais bel et bien une bataille rangée entre Bangkok et Phnom Penh autour d'une conception erronée et fétide de la souveraineté, attisée sans doute par des contentieux affairistes locaux.



Tout, en effet, remonte à la surface à la faveur des meurtriers duels d'artillerie : l’antagonisme historique, les clichés populistes, les frustrations politiques et l’opposition irréductible d'une partie des élites au pouvoir. Il n’est plus rare, désormais, d’entendre des responsables thaïlandais parler du « Khmer rouge Hun Sen », qualifié au passage « de paysan assassin ». Une accusation pour le moins cynique de la part d’une administration thaïe qui apporta si longtemps son soutien aux fidèles de Pol Pot... La symétrie, coté Cambodgien, voit proliférer à Phnom Penh les accusations contre les « exploiteurs » et les « maquereaux » siamois accusés, pêle-mêle, de faire suer le burnous aux clandestins khmers et d’attirer leurs femmes dans les filets de la prostitution. Les clichés outranciers, sur fond de gesticulations kaki, deviennent des lieux communs.


Le temple de Preah Vihear et la délimitation controversée de la Cour internationale de justice ne sont finalement plus le sujet. L’Unesco a d’ailleurs fait des propositions. Son ancien directeur général, Koïchiro Matsuura, spécialement chargé de cette affaire par sa successeure, la bulgare Irina Bokova, pourrait fort bien assurer une médiation avantageuse pour les deux pays. « La sauvegarde culturelle et l’exploitation historique conjointe de ce site par les autorités thaïe et cambodgienne seraient un formidable symbole », nous confiait récemment cette dernière.

L’agence culturelle de l’ONU serait prête à faire beaucoup plus si l’opportunité lui était donnée. Son label « Patrimoine mondial » pourrait par exemple être attribué à une fondation binationale, dirigé par une présidence tournante et un comité scientifique paritaire. Folie ? « Des solutions existent, nous a plusieurs fois répété Irina Bokova. Cela aurait, en plus, une formidable valeur d'exemple ».

Impossible, malheureusement, de concilier une telle approche avec la surenchère actuelle, sur fond de « souveraineté » bafouée. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : souveraineté d'un État thaïlandais qui se prétend moderne mais reste obsédé par les concessions territoriales d’antan contre souveraineté d’un État cambodgien prédateur pour qui seuls valent les rapports de force.



La bataille s’incarne en plus pile dans les hommes 

Abhisit Vejjajiva, technocrate occidentalisé pétri d’arrogance aristocratique contre Hun Sen, despote affairiste habitué à négocier des compromis l’arme au pied. Idem pour les forces en présence : une armée thaïe pressée de défendre le peuple du nord-est déshérité dont elle a, à Bangkok, traqué, arrêté et parfois liquidé les porte-paroles en « chemises rouges », face à une armée khmère peu économe de ses soldats et habituée à tirer avant de négocier.

Moralité : l’antagonisme frontalier, avec ce qu’il réveille de ressentiments enfouis et de revendications mal assumées, sert les intérêts des deux gouvernements qui s’accommodent fort bien des souffrances infligées aux populations locales. Rien de tel, dans une Thaïlande politiquement et géographiquement divisée, qu’une opération musclée de police aux frontières pour démontrer aux paysans de l’Isan, entre Buriram, Surin et Ubon Ratchathani, que l’administration de Bangkok veille sur eux. Rien de tel, dans un Cambodge géré par un Premier ministre accusé de se comporter comme un parrain mafieux, qu’une bonne occasion pour celui-ci de réaffirmer sa force. Le reste, du coté des districts frontaliers de Surin où casinos et marché noir prolifèrent, rime sans doute avec rivalités sonnantes et trébuchantes. Entre la Thaïlande et le Cambodge, la guerre pour Preah Vihear reflète l’envers du décor.


Richard Werly

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
(4)
Expat 2011-07-06 08:48:14
Hum....Hum
Fais gaffe ,deja prof de francais tu peux pas le faire la-bas !j'espere que t'as beaucoup d'argent sinon ca risque de tourner mal,les illusions et les petites pepes khmers a la belle famille complaisante ca dure qu'un temps.Au Cambodge comme en Thailande que tu sois le barang ou le farang ils attendent de toi du fric.Et quel metier autorise tu vas faire pour vivre ?
yvan 2011-07-05 11:57:11
verifier vos dire en remontant tres res loin avant les français
ses deux pays sont ds un niveau de coruption : mais le cambodge tiens le ht de la medaille a tous les niveaux ; mais je comprend leur attachement a ses territoire qui en sont les legal et originale et legal proprietaires : les thais veulent des lors profiter de l afflut monetaire des siem rep et autres sites de ce genres ; le pays thai est un simple gros parasite sur un pays comme le cambodge qui fais du mieux pour se relever ; pour ma part j ai ds la but de mistaller au cambodge avec ma famille et les kmer s sont de fromdables travailleur pas trop futer qui vivent plus le jourle jour ss reellement kmer penser a demain ; ma belle famille est kmer sincerement yvan portafaix
norith 2011-06-29 12:33:28
histoire de tartuffe
Reclamer justice est un crime ? La Palestine n'aurait pas droit a un etat libre et independant en recuperant ses territoires d'Israel ? Besoin de vous informer un peu plus sur l'Histoire du Cambodge, une civilisation multi millenaire. La Tjailande est un royaune recent et predateur du sud de la Chine
ikie 2011-06-26 20:16:20
Soyons précis
Attention, la Thaïlande a accepté de céder le temple par la passé (d'ailleurs cela s'est fait injustement et était une conséquence du colinisateur français). Aujourd'hui on leur réclame un nouveau territoire ! Aucun pays n'accepterait cela...pour quelles raisons ? S'ils acceptaient, le Cambodge reviendrait à la charge sur d'autres territoires en conflit historiquement... La France a vraiment fait beaucoup de mal durant le colonialisme.
ABONNEMENT
bons plans de la semaine

Nous sélectionnons pour vous les meilleures offres et promotions du moment

Tous nos BONS PLANS

Newsletter

Chaque vendredi,
retrouvez les spectacles,
concerts, films, evenements
du week-end
a ne pas manquer.


Dans la même rubrique
38 divisé par deux = j’sais pas !
Plurilinguisme (partie 3) L’impact du facteur socio affectif
Mettre des mots sur les maux
Trois questions à Gilles Cretallaz
Une radio spéciale bambinos
Prévisions aujourd'hui

Click for Bangkok, Thaïlande Forecast

Vie Pratique
nos bonnes adresses
guide de l'expat
guide du voyageur
Programme Tele TV5
upmost-lemonaco
ani-s
decathlon-131211
samitivej
dfdl
facebook
guide-ecotourisme