« É-ki-é-ké ! » (Cocorico ! en thaï)
L’armée des coqs glorieux célèbre
la victoire.
Le royaume du Siam a vaincu
les Birmans.
Fiers et chauvins, ces gallinacés
conquérants
Plastronnent silencieux,
tout couverts de gloire.
C’est ainsi qu’on les voit,
en ordre de combat,
Au sanctuaire Phawo, honorer
ici
Le courageux général Karen
qui défit
L’armée birmane avec ardeur
et éclat.
« É-ki-é-ké ! »
Sur la route Tak-Mae Sot, au
pied d’un massif
Karstique, dans un
foisonnement de verdure,
Se dresse dignement, tout
orné de dorures
Le « Shrine » de
Pho Phawo, muet et passif.
Dans cette passe qui mène
de Tak à Mae Sot,
Sa victoire permit, en bloquant
son accès,
D’empêcher les troupes birmanes
d’attaquer
L’armée siamoise, qui, dans
un parcours sans faute,
Regagnait la capitale,
alors Thonburi,
Après sa reconquête de
Chiang Maï. C’était
En
mille-sept-cent-soixante-quinze, année
Faste pour le roi Taksin, vainqueur
aguerri.
« É-ki-é-ké ! »
Depuis la route, on ne peut pas le rater.
De loin, on entend les
guirlandes de pétards
Qui crépitent dans un bruit
assourdissant tard
Dans la nuit tropicale, pour
fêter son passé.
Ce bruit se double des klaxons
des véhicules
Longeant le sanctuaire,
venus apporter
Leurs contributions sonores
à cette fierté.
Ce vacarme, comme un cri de
guerre, stimule
L’esprit des nombreux
visiteurs venus prier
Et rendre hommage au général
victorieux.
Un majestueux Bouddha surplombe
ce lieu,
Protégé par un beau « Naga »,
serpent sacré
A sept têtes, « Muchalinda ».
Endroit magique
Où silence alterne avec tintamarre,
Où des coq muets semblent
garder la mémoire
Des guerriers morts dans ces
évènements tragiques.
Michel Hermann




























