Quelles sont les actions menées par Greenpeace en Thaïlande ?
Nous agissons ici depuis une dizaine d’années. Notre fer de lance, c’est l’éducation et l’information. La population du pays manque cruellement de connaissances environnementales, ce qui nuit considérablement à l’écologie. Nous sommes persuadés que si chaque citoyen avait davantage conscience de son impact sur la nature, la Thaïlande n’en serait pas là aujourd’hui. Nous menons donc régulièrement des campagnes d’information sur l’économie d’énergie, le tri des déchets et la réduction des emballages. Nous intervenons aussi ponctuellement pour limiter les risques, lorsque certains industriels peu scrupuleux prennent trop de libertés avec les lois.
Quels sont les problèmes majeurs auquel doit faire face le pays ?
La Thaïlande est l’un des pays d’Asie du Sud-est les plus avancés en termes de législation environnementale. Mais, paradoxalement, c’est aussi l’un des pays où le concept de protection de la nature a le plus de mal à prendre. Je crois que cette incohérence vient du fait de la piètre application des lois. Donc, c’est très frustrant ! Il faudrait que le gouvernement fasse preuve de davantage de vigilance et s’attelle à faire respecter les mesures environnementales en vigueur. Car si ne serait-ce qu’un tiers des lois étaient réellement appliquées, tout irait beaucoup mieux.
Que pensez-vous du développement du tourisme « vert » ?
Je n’aime pas ce mot. Je préfère parler de tourisme « responsable », celui qui prend en compte les données économiques, écologiques mais aussi, et surtout, culturelles. Développer le tourisme vert en milieu rural est une chose compliquée. C’est un peu à double tranchant. D’un côté, cela permet d’assurer la pérennité de communautés qui se meurent. Mais c’est aussi prendre le risque de dégrader en profondeur leur qualité de vie. Selon moi, l’intrusion du tourisme, où que ce soit, a un effet néfaste inéluctable sur l’environnement. Car qui dit plus de visiteurs dit aussi plus de véhicules polluant sur les routes, plus de traces laissées sur place, donc plus de dégâts au niveau écologique et culturel. Mais cela vaut toujours mieux que la politique de tourisme de masse en vigueur jusque-là. À condition, bien sûr, de disposer d’organes de contrôle suffisamment efficaces pour éviter les dérives.
Propos recueillis par OLIVIA CORRE
www.greenpeace.org
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