Olivia Corre | Gavroche | 10/01/2011
Portrait  

Gérard Lalande

Médecin et fondateur de la société Ceo-Health, il revient pour nous sur la qualité des bilans de santé proposés en Thaïlande.


Que pensez-vous de la qualité des « check-up » médicaux proposés en Thaïlande ?

Il y a bien sûr quelques différences d’un hôpital à l’autre mais, globalement, la qualité des bilans médicaux est correcte en Thaïlande. Il existe plusieurs aspects relatifs à la qualité d’un bilan. En premier, la qualité technique, c’est-à-dire le degré de fiabilité des examens pratiqués. Cette qualité technique est habituellement excellente car les hôpitaux se sont dotés d’équipements modernes et bien entretenus. Vient ensuite la qualité éthique. Celle-ci correspond au choix rationnel des examens complémentaires proposés au cours du checkup. Il est bien sûr essentiel d’inclure ce qui est nécessaire mais aussi de ne rien omettre, ce qui nécessite au préalable un interrogatoire bien conduit. Or la majorité des bilans débute d’emblée par une succession d’examens standardisés. Bien que cette approche soit adaptée à une majorité d’individus, certaines personnes ne bénéficieront pas de tests spécifiques qui auraient été nécessaires à une évaluation optimale de leur état de santé. Enfin, la qualité des recommandations en fin de procédure, véritable valeur ajoutée du bilan, reste trop souvent limitée à de sommaires conseils diététiques et d’hygiène de vie.


Quelles sont les dérives engendrées par ce nouveau « business sanitaire » ?

Elles peuvent être de deux types : par excès ou par défaut. Dans le premier cas, les bilans haut de gamme incluent des examens très sophistiqués qui sont parfois prescrits en dehors de leurs indications. Certains peuvent être non seulement inutiles, mais aussi dangereux. Un exemple classique est le scanner du coeur de « 64 coupes », qui peut être justifié chez une personne ayant une maladie cardiaque avérée, mais qui n’est certainement pas recommandé, à cause de la forte irradiation occasionnée, en dépistage de routine chez des individus sans signe d’anomalie cardiaque. Dans le deuxième cas, par défaut, la popularité des bilans médicaux a généré un commerce de masse, avec une prise en charge de moins en moins individualisée et donc moins efficace en terme de prévention.


Quels sont les points auxquels porter attention pour être sûr que l'on s'engage dans un examen sérieux ?

Réaliser un bilan médical est une décision personnelle capitale car elle concerne notre bien le plus précieux, notre santé et en corollaire notre qualité de vie au long court. Il convient donc de s’informer sur la pertinence du produit que l’on va acquérir, de la même façon que l’on s’informe au préalable lors d’un achat majeur. L’élément déterminant reste le facteur humain, c’est-à-dire le médecin qui assure la coordination du programme. Un bilan sérieux et éthique débute par un questionnaire médical et par un interrogatoire rigoureux permettant de sélectionner les tests aux seuls besoins individuels. Les explications et recommandations doivent être de nature à mieux comprendre sa condition physique actuelle ainsi que les moyens, réalistes, à mettre en œuvre afin de maintenir et améliorer son état de santé. Enfin, l’expérience engendrée doit être source de motivation personnelle.



Propos recueillis par OLIVIA CORRE

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JPSIAM 2011-01-20 16:06:10
CHECK UP BUSINESS
Le Check Up en Thaïlande est avant tout du business, accueil avec des hôtesses comme dans un hôtel 5 étoiles. Il faut toujours se méfier de la façade et gratter le verni !... On se jette sur le patient, on lui prend la tension assis et souvent sur les vêtements, on pèse le patient tout habillé presque avec les chaussures, donc le calcul de la Masse Corporel est faux avant de commencer. La radiographie pulmonaire est effectue en écartant la chemise. L’électrocardiogramme s’effectue sans se déshabiller en soulevant la chemise ou le tee-shirt. L’échographie abdominale même chose. En Thaïlande on ne se touche pas. Donc aucun contact avec le patient. La prise de sang, je doute des résultats vu la vitesse de l’analyse. Jamais il n’y a un contact patient-médecin car il y a toujours un assistant. L’interprétation d’un médecin Thai ne tient pas compte de la spécificité d’un occidental. Exemple : La TSH en hausse donc montée du cholestérol systématique, Réaction du médecin : il voudrait baisser la dose journalière de LEVOTHYROX et faire prendre un médicament anti-cholestérol. En final 20000 Bahts environ 500 euros A vous de prendre vos responsabilités ! JPSIAM
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