Quel visage a la clientèle française qui investit à Bangkok dans l’immobilier ?
Il ressort trois catégories de clients : les investisseurs, les résidents permanents à Bangkok et les résidents à temps partiel qui souhaitent s’offrir un pied-à-terre dans la capitale. Les investisseurs ont entre 35 et 55 ans et mettent en location l’appartement acquis. Ils pensent parfois l’occuper une fois le temps de la retraite sonnée. La rentabilité nette de l’opération est bien supérieure à celle qu’ils obtiendraient en France, en raison du faible montant des taxes et du prix très raisonnable de l’immobilier en Thaïlande. La facilité d’éviction des locataires ne s’acquittant pas de leur loyer renforce encore la confiance des investisseurs. Nombreux sont aussi ceux qui veulent diversifier leurs avoirs, tant sur le plan monétaire que géographique, et les Français commencent à avoir une vision mondiale de leur patrimoine pour diviser les risques. Des résidents permanents, locataires d’un logement, décident d’acquérir un appartement pour faire l’économie des loyers versés à fonds perdus, car être propriétaire de sa résidence principale reste la première étape de la constitution d’un patrimoine. Certains d’entre eux, actifs et bénéficiaires d’une allocation logement mensuelle venant de leur entreprise, utilisent cette indemnité pour rembourser leur investissement, ou les mensualités d’un prêt éventuel souscrit en France. Trois à cinq ans suffisent généralement pour rembourser 30 à 50% de l’investissement. Les acheteurs savent aussi qu’en cas de départ de Thaïlande, ils pourront revendre leur appartement ou le louer. En ce qui concerne l’acquisition d’un pied-àterre, les retraités, les femmes et hommes d’affaires sont les plus demandeurs. Venant régulièrement à Bangkok, ils ne veulent plus séjourner à l’hôtel et ont envie de se sentir chez eux, tout en réalisant un investissement. Ce segment du marché prend de plus en plus d’importance, car il devient commun de voir des gens se rendant quatre à six fois par an dans le pays.
Quel est le profil des clients que vous recevez ?
Les candidats à l’achat maîtrisent de mieux en mieux l’environnement de la ville suite à des séjours réguliers. Familiers de Bangkok et du mode de vie des Thaïlandais, ils disent en apprécier la qualité de vie et vouloir fuir les « complications » françaises, que ce soit le coût de la vie, l’insécurité ou la pression fiscale. Ici, leur pouvoir d'achat est décuplé, d’où l’accroissement incessant du nombre de candidats à l’expatriation. En revanche, les Français sont souvent perdus face à l’environnement juridique de la propriété immobilière en Thaïlande. La grande majorité d’entre eux pense encore qu’il n’est pas possible de posséder un appartement « condominium » en pleine propriété, confondant en général les restrictions s’appliquant à l’acquisition de terrains. Néanmoins, le passage à l’acte d’achat se fait beaucoup plus rapidement qu’avant. Nous accueillons aussi de plus en plus de familles souhaitant réaliser un nouveau projet de vie. S’ajoute à cela le nombre croissant de travailleurs opérant à distance par le biais d’Internet et gérant leurs activités françaises depuis Bangkok. Il est à noter que les Français parlent de mieux en mieux anglais, et ils ont aussi de moins en moins de complexes et d’appréhension face aux problèmes de communication. Les Français aiment le pays et l’on estime qu’ils sont 50 000 à fouler en permanence le sol thaïlandais. Les perspectives d’avenir du marché francophone sont donc importantes.
Quels sont les points qui différencient acheteurs français et thaïlandais ?
Les Thaïlandais ont une parfaite maîtrise de leur environnement, et investissent en priorité dans leur résidence principale – il s’agit d’un marché de besoin –, comme le font les Français vivant en France. Ici, les Français, comme les étrangers en général, recherchent principalement l’achat plaisir et une meilleure qualité de vie, tout en réalisant un bon investissement. Áutre point de distinction, les Français, en général, préfèrent se faire assister dans leur recherche par un professionnel du secteur, en raison notamment de la barrière de la langue.
Propos recueillis par O.C.
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Gavroche
06/06/2011
Portrait
Cyrille Hareux
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