Anonyme | Gavroche | 18/01/2012
Portrait  

Trois questions à Bruno Delvallée

L’inspecteur de l’éducation nationale pour la zone Asie-Pacifique, souligne la qualité de l'enseignement français en Asie.



Que dire de la qualité générale de l'enseignement français à l’étranger?


La spécicité du réseau des établissements français à l’étranger appartenant au réseau AEFE (Agence de l’Enseignement Français à l’Étranger) est que nos établissements sont homologués par le ministère de l’Education nationale française. Nous mettons en oeuvre les mêmes programmes, avec les mêmes professeurs, selon la même organisation pédagogique qualitative qu'en France. Les diplômes sont les mêmes et ont donc la même valeur. Les professeurs sont tous des professionnels, pour la plupart titulaires, de l’éducation nationale en France, et bénécient d’actions de formation et d’inspections régulières en Asie comme ailleurs. La majorité des établissements situés à l’étranger enregistrent, d’ailleurs, souvent des résultats supérieurs à ceux obtenus en France, que ce soit au niveau du primaire, du brevet, ou du bac. Et les établissements français en Asie sont parmi ceux qui ont les meilleurs résultats au monde. La maîtrise des langues étrangères, qui n’est pas toujours notre fort côté français, représente l'un des atouts majeurs des établissements asiatiques. Nos lières bilingues français-anglais sont uniques dans la région et représentent une expertise difficile à imiter.


Quelles sont les problématiques majeures auxquelles vous devez faire face ?

La principale difficulté est linguistique, puisque les élèves qui fréquentent nos établissements ne sont pas toujours francophones et que la langue du pays n’est pas le français (radio, TV, journaux). Nous avons donc des dispositifs pour aider ces élèves à acquérir très rapidement les bases du français oral an d’être en mesure de suivre les cours normalement. D’autre part, nous devons prendre en compte les habitudes culturelles de nos élèves et de nos professeurs locaux. La seconde difficulté majeure est le coût de la scolarité. Quoique, souvent moins chers que d’autres établissements concurrents, les frais de scolarité peuvent vite devenir un obstacle à la scolarisation en lycée français pour certaines familles. Un système de bourses et d’aides pour les familles aux revenus les plus modestes a donc été instauré pour faciliter l’accès au plus grand nombre. Mais, dans la zone Asie sud, nous ne pouvons pas parler vraiment de problèmes « majeurs », juste d'ajustements et d'adaptations face aux contextes locaux, tous très différents bien que très proches géographiquement parlant.


Comment faire de l'Asie un vrai pôle d'enseignement du français ?

En Asie, nos établissements sont à la pointe de l’enseignement multilingue et de l’ouverture sur la culture du pays de résidence, ce qui les rend très attractifs en terme de qualité de parcours scolaire. Les familles ont la garantie d’un enseignement en français, mais également d’un enseignement en anglais très soutenu, auquel se rajoute un enseignement de la langue locale ou d’autres langues étrangères au collège et au lycée (chinois, allemand, espagnol, etc.). L’ouverture de lières bilingues français-anglais dans tous les lycées de la zone est actuellement notre chantier le plus important. Nous avons également de nombreux projets immobiliers puisque nos établissements sont en croissance constante et rapide. Dans certains pays, nous devons toujours refuser des élèves faute de place.Nous explorons donc aussi toutes les possibilités pour installer des établissements dans de nouveaux pays de la zone où il y a encore une carence. Singapour n'a qu'un lycée mais la communaute francaise s'y développe à vive allure et nous n'avons pas d'écoles françaises aujourd'hui en Nouvelle Zélande, par exemple. L'Australie offre aussi des perspectives intéressantes pour développer notre réseau dans de nouvelles villes comme Brisbane ou Perth, et je suis sûr que nous n'avons pas épuisé toutes nos potentialités dans certains pays tels que l'Indonésie ou la Birmanie. Une grande attention est aussi portée à l’usage des technologies de pointe, comme l'e-learning et l'e-teaching. Tous nos établissements s'équipent actuellement en tableaux blancs interactifs (TBI), ce qui permet un enseignement beaucoup plus efficace et accessible. L'étape suivante est de developper le parc informatique des classes pour que les élèves puissent s'entraîner à mieux lire, mieux compter, mieux écrire. Cela nécessite de changer parfois nos façons d'enseigner : un professeur doit savoir être un ingénieur des nouvelles formules d'apprentissages du XXIème siècle. Sur un continent aussi concurrentiel que l'Asie, doté de nombreux lycées internationaux, l'Education nationale française a conscience qu'elle ne doit pas se reposer sur ses acquis.

Propos recueillis par
OLIVIA CORRE

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expat 2012-01-21 08:14:40
Et la raison reelle c'est ???
Les profs qui enseignent a l'etranger etant les memes et les eleves ayant le meme quotient intellectuel,les resultats scolaires sont la peuve eclatante de.... ? que l'on nie bien sur en France.
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