Même si votre dernière affectation n’était pas au sein du royaume, la Thaïlande est loin de vous être inconnue...
En effet, j’étais en poste à d’autres fonctions à la Mission économique il y a tout juste dix ans. Il ne s’agit pas non plus d’un premier contact avec l’Asie, où j’ai vécu au total près de 15 ans; au Japon, où j’étais d’abord étudiant avant de rejoindre l’Ambassade de France, ainsi qu’à Hong Kong. Mais ma précédente affectation, c’est vrai, était à Paris, où j’étais le Conseiller technique en charge des relations bilatérales et du commerce extérieur, au cabinet d’Hervé Novelli puis d’Anne-Marie Idrac, Secrétaire d’Etat chargée du commerce extérieur auprès de Christine Lagarde, Ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi.
Quelle est votre vision de la situation économique globale du royaume à l'automne 2008 ?
Compte tenu du contexte économique mondial et des moins bons résultats d’autres pays de la zone, comme Singapour et la Malaisie, la croissance a été bonne au premier semestre (5,7%). Cela révèle, si besoin en était, que les fondamentaux de l’économie demeurent solides. Le commerce extérieur, qui soutient traditionnellement la croissance en Thaïlande, connaît certes un déficit au premier semestre (environ deux milliards de dollars), mais il est lié au poids de la facture pétrolière, qui a doublé par rapport à l’an dernier. Ce déficit ne doit pas dissimuler la forte hausse des exportations (+26%), qui dynamisent la production industrielle dans les secteurs électronique, automobile et agroalimentaire. La consommation privée a rebondi récemment, encouragée par le package gouvernemental, dont on commence à sentir les premiers effets, dans un contexte où le revenu des agriculteurs a par ailleurs augmenté de 53%. Seule ombre au tableau, l’investissement privé peine à se redresser. Mais là encore, ce ralentissement des investissements, notamment étrangers, trahit davantage l’impact de la conjoncture internationale qu’une défiance à l’égard de la Thaïlande. Le potentiel et l’attractivité à long terme du royaume restent intacts. L’impact de la conjoncture politique locale sur l’économie est donc, à ce stade, globalement limité.
Qu’en est-il des relations bilatérales franco-thaïlandaises ?
Dans les domaines économique et commercial, elles sont étroites. La Thaïlande est le deuxième client de la France dans l’Asean (après Singapour) et nos échanges ont encore augmenté de 15% en 2007 soit environ 2,8 milliards d’euros. Toutefois, la France peut mieux faire car notre solde commercial est structurellement déficitaire, à l’exception de l’année 2005. Notre part de marché en Thaïlande, comme celle de nos partenaires européens, se contracte depuis 10 ans (environ 1% aujourd’hui), en raison du poids croissant de partenaires commerciaux plus récents de la Thaïlande, tels que la Chine, la Russie ou le Moyen-Orient. Néanmoins, 220 filiales d’entreprises françaises sont implantées ici, dont plusieurs sièges régionaux, employant plus de 70.000 personnes en Thaïlande. Si on y ajoute les nombreuses sociétés créées localement par nos compatriotes, nous estimons qu’il y a plus de 350 entreprises françaises présentes en Thaïlande, soit le troisième rang de la présence française en Asie du sud-est, après Singapour et le Vietnam. Et cette présence est appelée à croître encore.
Propos recueillis par Marie Normand
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Gavroche
24/11/2008
Portrait
Pascal Furth, chef de la Mission économique en Thaïlande
Pascal Furth a pris ses fonctions en tant que chef de la Mission économique en Thaïlande le 21 août dernier, succédant à Françoise Meley. Il revient pour Gavroche sur la situation économique du royaume et l’état des relations bilatérales entre la France et la Thaïlande.
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