A quelles difficultés doit-on faire face lorsque l’on organise un festival d’une telle ampleur ? La première des difficultés, c’est bien sûr de rentabiliser l’événement. On doit pour cela essayer de convaincre un maximum de talents de renommée internationale de participer au festival. Car les aides du gouvernement thaïlandais en faveur des événements culturels sont dérisoires. La seconde difficulté, c’est le manque de ressources humaines. Notre équipe est minuscule mais, heureusement, essentiellement composée de passionnés. Chacun se bat donc corps et âme pour présenter le meilleur au public. Évidemment, la solution de facilité aurait été de faire grimper le prix des billets. Mais nous nous y refusons. On sait que l’un des premiers budgets qu’une entreprise supprime lorsqu’elle est en difficulté, c’est le sponsoring. Mais il faut croire que nos sponsors sont altruistes, ou tout simplement visionnaires. La majorité d’entre eux nous accompagne depuis la première édition, avec une grande fidélité. Nous avons même réussi à gagner la confiance de deux nouveaux partenaires cette année. Mais je sais que nous faisons partie des privilégiés. Beaucoup trop d’artistes peinent encore à réunir des fonds pour exprimer leurs talents.
Que dire de la place faite à la culture en Thaïlande ? C’est très paradoxal. D’un côté, il y a cet héritage culturel incroyablement riche. De l’autre, un refus d’adapter et de perpétuer une culture d’encouragement et de soutien aux artistes. Autrefois, le savoir-faire était valorisé. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles le patrimoine du pays est si dense et varié. Mais aujourd’hui, tout cela a disparu. L’art plastique n’a plus sa place dans les écoles et les artistes sont trop souvent considérés comme des marginaux. C’est d’ailleurs pour cela que ce festival nous tient tant à coeur. Nous espérons ainsi contribuer à l’essor de l’art au niveau local. Mais aussi stimuler les artistes en leur montrant que tout est possible.
Diriez-vous qu’organiser ce genre de festival contribue à redorer le blason du pays sur la scène internationale ? Je n’apprends rien à personne en disant que l’art a l’étrange pouvoir de réunir les peuples. Il surplombe tous les conflits politiques et raciaux. Je dirais même que l’organisation de festivals culturels comme le nôtre est une chose vitale. Et même si cela reste compliqué, la sauce commence à prendre. Bangkok est aujourd’hui considérée comme la capitale de la culture en Asie du Sud- Est. Nous avons donc moins de mal à convaincre les artistes étrangers de se produire sur nos scènes. Et si beaucoup de touristes ont annulé leur visite du pays suite aux tensions politiques, ce n’est pas le cas des compagnies invitées au festival. Preuve, encore une fois, que l’art prend le pas sur tous les conflits. C’est en cela que la culture peut influer positivement sur l’image que renvoie la Thaïlande. Montrer qu’au delà des manifestations, il y a aussi de la créativité et de l’énergie à revendre.
Propos recueillis par Olivia Corre
Le festival a lieu du 7 septembre au 17 octobre 2009
Voir l'encadré ci-dessous pour le programme
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Gavroche
27/08/2009
Portrait
Jenjira Van Der Linden
Chargée de la programmation du festival international de musique et de danse de Bangkok (Bangkok’s International Festival of Dance & Music), elle revient sur la difficulté d’imposer la culture en Asie du Sud-Est.
Programme du Festival
Lundi 7 septembre
La Traviata, un opéra en trois actes de Giuseppe Verdi par le Ekaterinburg Opera Theatre de Russie Chef d’orchestre: Mikhail Granovsky du Bolshoi Theatre de Moscou En italien, avec sous-titres thaï et anglais. Mercredi 9 septembre Tosca, un opéra en trois actes de Giacomo Puccini par le Ekaterinburg Opera Theatre de Russie. Chef d’orchestre: Fabio Mastrangelo En italien, avec sous-titres thaï et anglais. Jeudi 10 septembe Concert symphonique par le Ekaterinburg Symphony Orchestra. Chef d’orchestre: Fabio Mastrangelo La première partie du concert sera consacrée à la Symphony No. 4 de Johannes Brahms et la seconde partie à la Symphony no 2 de Sergei Rachmaninov Vendredi 11 septembre Madame Butterfly, opéra en trois actes de Giacomo Puccini, par le Ekaterinburg Opera Theatre de Russie Chef d’orchestre: Mikhail Granovsky Dimanche 13 septembre Carmen TV, ballet moderne en deux actes par le Kiev Modern Ballet Theatre Mardi 15 septembre La Forza del Destino, opéra-ballet moderne en un acte. Par le Kiev Modern Opera/Ballet Theatre. Mardi 17 septembre Punarnava : To Kathak Anew, danses classiques de l’Inde, première mondiale. . Mardi 22 septembre et mercredi 23 septembre Moon Water, danse contemporaine, par le Cloud Gate Dance Theatre, de Taiwan. Danse contemporaine infusées d’éléments de philosophie orientale. Le chorégraphe derrière ce succès, Lin Hwai-Min, a reçu les plus hautes récompenses en Europe. Samedi 26 septembre et dimanche 27 septembre The Imperial Ice Stars: Cinderella on Ice, un spectacle sur glace, production de Lunchbox Theatrical Productions, GB. Avec les patineurs surdoués de l’Imperial Ice Stars, plus de vingt champions du patinage artistique, Mardi 29 septembre Carmina Burana, ballet contemporain, par le Spellbound Dance Company, Italie. Musiques par: Carl Orff, A.Vivaldi, V. Caracciolo. La compagnie italienne de danse contemporaine, Spellbound Dance Company, dirigée par le chorégraphe Mauro Astolfi joue pour la première fois à Bangkok. . Jeudi 1er octobre Première partie: Starch, Jazz band de Suisse. Les sept membres hyper créatifs du groupe Starch ont réuni leurs énergies pour créer leur propre musique, qu’ils décrivent comme une fusion de funk, rock, jazz et hip hop. Deuxième partie: Beets Brothers Jazz Band, de Hollande Le quartet de jazz qui réunit trois frères, Marius, Alexandre et Peter Beets, et un batteur connait une renommée mondiale pour ses interprétations talentueuses et les nombreux albums à son credit. Dimanche 4 octobre Romeo and Juliet, ballet en trois actes par le Shanghai Ballet. Le Shanghai Ballet, reconnu internationalement, présente son premier spectacle à Bangkok avec ce ballet classique, chorégraphié par Derek Deane, ancien directeur artisitique du ballet national anglais. Mardi 6 octobre La Sylphide, ballet en deux actes, par le Shanghai Ballet. Version ré-arrangée de la version originale d’Auguste Bournonville, par le chorégraphe français Jean-Paul Gravier. Jeudi 8 octobre Mariza, chanteuse de Fado, nominée aux Oscars, Portugal. Mariza, c’est l’univers de la musique de Fado à Bangkok. Souvent décrit comme “le blues de Lisbonne”, le Fado parle de saudade (la nostalgie avec toutes ses nuances, tristeese, joie, douleur et amour). C’est l’âme du Portugal qui nous est révélée. Samedi 10 octobre et dimanche 11 octobre Fuego! Par le Carmen Mota’s Flamenco Dance Group, Espagne. Fuego, le feu en espagnol, c’est bien ce qu’exalte les rythmes effrénés de ce spectacle contemporain de flamenco, avec danseurs et chanteurs Vendredi 16 octobre et samedi 17 octobre Les Ballets Trockadero De Monte Carlo, New York Les Ballets Trockadero De Monte Carlo, qu’on appelle généralement The Trocks, est une troupe composée uniquement de danseurs masculins, pouvant aller de la performance ultra classique à la danse la plus moderne. Ils ont la technique du ballet classique (pouvant jouer un rôle feminin sur pointes) et ce sont en même temps des caricaturistes hilarants. Tous les spectacles ont lieu au Thailand Cultural Centre Soirées à 19h30, matinées à 14h30 Navettes gratuites entre la station MRT Thailand Cultural Centre et le Centre culturel entre 17h3 et 19h les jours de spectacle. Billets (de 400 baht à 4000 baht) par Thai Ticket Major Tel: 02 262 3456 ou www.thaiticketmajor.com Plus d’informations sur le festival: 02 204 2394 www.bangkokfestivals.com
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