Olivia Corre | Gavroche | 26/01/2010
Portrait  

Paul Dumont, président de la section Thaïlande des Conseillers du Commerce Extérieur de France (CCEF)

"Les conseillers sont avant tout des hommes et des femmes de terrain, des "praticiens" du commerce extérieur français."
Qu’est ce qu’un conseiller du commerce extérieur ?

Être « CCE », comme on nous appelle communément, c'est d'abord faire partie d'un réseau de 4 000 conseillers répartis dans plus d'une centaine de sections de par le monde, dont près de 400 en Asie. En Thaïlande, nous sommes actuellement 29 conseillers, qui représentent pour moitié des grands groupes français.

L’autre moitié est issue de PME, souvent de droit local. Les CCE sont nommés par le gouvernement français pour un mandat renouvelable de trois ans. C'est une institution assez originale, puisque nous sommes tous des bénévoles indépendants des pouvoirs publics mais, en même temps, nommés par eux. Les conseillers sont avant tout des hommes et des femmes de terrain, des « praticiens » du commerce extérieur français. Notre expertise « microéconomique » des marchés locaux est mise au service de nos compatriotes pour faire gagner « l'équipe de France ».

En quoi consiste exactement votre mission ?

A sa naissance en 1898, notre association avait pour objectif de lutter contre le protectionnisme ambiant. Aujourd'hui, nous avons d’autres priorités. Nos impératifs du moment sont de sensibiliser les Français à la nécessité de disposer d'un commerce extérieur performant, mais aussi de leur transmettre le goût de l'international.

Pour résumer, nous avons trois missions principales. La première est de conseiller les pouvoirs publics sur les questions relatives au commerce extérieur en Thaïlande. Notre seconde mission consiste à mettre notre expérience au profit des entreprises françaises désireuses de s’implanter. Notre troisième et dernière mission - et peut-être l’une des plus importantes - est d’encourager les jeunes à se tourner vers l’international.

Pour cela, nous avons notamment créé l’an dernier le grand prix du Volontariat International en Entreprise (VIE). Je pense que c’est par le biais d’initiatives comme celle-là que nous parviendrons à attirer d’avantage de candidats à l’expérience hors de l’Hexagone.

Existe-il de vrais échanges entre l’ensemble des conseillers ?

Nous organisons des rencontres régulières au niveau régional, pour bénéficier des synergies possibles entre sections CCE d'une même zone. Nous venons ainsi de réunir à Singapour l'ensemble des sections CCE des pays membres de l'Asean.

Le but était de faire le point de la situation économique dans nos pays respectifs. De ce point de vue, nous avons d'ailleurs noté que la Thaïlande se positionne plutôt bien par rapport à ses voisins. Et ce, que ce soit en termes de risque pays, de cadre juridique, ou encore d'infrastructures.

Mais nous avons surtout lancé un grand chantier, celui de répertorier les entreprises créées par des Français à l’étranger. Nous pensons qu'il en existe entre 150 000 et 200 000 dans le monde. Il y a là un potentiel formidable encore trop peu connu. Les CCE ont donc un rôle à jouer pour faire fructifier ce gisement .

Lire aussi : Un Stéphanois remporte le prix VIE
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