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Les suppléments du Gavroche / Supplément dossier : Retraite au soleil : Thaïlande, nouvel eldorado?

GAVROCHE MAGAZINE Marie Normand 28/07/2008

Tout ce que vous voulez savoir pour passer votre retraite à Ko Samui :

www.anniesamui.com

 

www.retraite-phuket.fr.st : le site des retraités de Phuket (peu mis à jour)

 

www.pattayaexpats.com : club d'expats de Pattaya (en anglais)

 

www.bct.clubnieuws.be : site de la communauté belge

 

infos supplémentaires : www.impots.gouv.fr rubrique non-résidents (MINEFI) ou (33) 1.44.76.19.90

ou par e-mail: cinr.paris@dgi.finances.gouv.fr

 

Autres liens utiles : www.legislation.cnav.fr/doc/pmt/psrco/dofisc/BNL-EX_PMT_PSRCO_DOFISC.htm#1

www.edvfrance.com/actualites/vous_quittez_la_france.html#t1

 

 

 

VISA - retraite

Depuis le 15 novembre 2001, les démarches ont été relativement facilitées. Ce visa d'un an, individuel et facilement renouvelable, vous évite la fastidieuse sortie du pays tous les mois. De plus, pas besoin de prouver un «lien de famille» comme pour les autres visas O. Tous les trois mois, vous êtes cependant censés faire tamponner votre passeport. Un cabinet d'avocat indique que ce type de visa «retraité», pas forcément à la portée de toutes les bourses, n'est pas utile si vous êtes marié à un(e) Thaïlandais(e).

Peuvent bénéficier d'un visa non-immigrant O («visa retraite») les plus de 50 ans, qui n'ont pas eu le moindre problème avec l'immigration thaïlandaise par le passé, à savoir qu’ils n’ont jamais été interdits de séjour (les petits soucis de dépassement de visa n'étant pas pris en compte).

Première étape: ouvrir un compte en Thaïlande et faire un virement de votre banque française. Rien de plus simple, avec votre passeport, trois sous et une adresse. Ceci étant fait, il vous faudra fournir:

- Un formulaire de demande de visa de long séjour catégorie «O» (disponible au bureau de l'Immigration) accompagné de deux photos d'identité.

- Taxes de 1900 bahts.

Effectif depuis le 26 août 2003.

- Une photocopie du passeport en cours de validité.

- Une photocopie de l'acte de naissance, de l'acte de mariage si l'intéressé est déjà marié.

- Un certificat médical d'un médecin faisant état de votre santé selon la loi thaïe, clause 17 1992.

- Une situation de garantie de la banque. C'est là que les procédures se corsent. Depuis le 15 novembre 2001, les retraités doivent fournir une garantie bancaire d'au moins 800.000 bahts ou, deuxième moyen, justifier d'une pension mensuelle de 65.000 bahts virée régulièrement sur un compte en Thaïlande (pas de capital nécessaire dans ce cas). Dernière solution, justifier une épargne et un revenu annuel équivalant à 800.000 bahts (par exemple 1000 euros par mois de pension et 300.000 bahts sur un compte épargne). Votre pension doit être garantie par une lettre de l'ambassade de France à Bangkok (attestation à faire traduire en thaï) et par votre banque, lors de la première application et lors des renouvellements annuels.

Petite précision: cet argent est supposé couvrir les frais de vie pendant l'année, il doit donc se trouver sur un compte à disponibilité immédiate (compte courant ou compte épargne) et non pas sous forme de placement en assurance vie ou autre. Il faut en outre l'utiliser. «Quelqu'un qui se présente un an plus tard avec ses 800,000 bahts sans y avoir touché paraîtra suspect et l'officier d'Immigration demandera certainement une enquête de police pour vérifier d'où provenaient ses revenus» indique un retraité qui souhaite garder l'anonymat. «Sachez aussi que le fait d'avoir un visa retraité vous interdit de travailler ici!, prévient Annie. Mais vous pouvez toujours écrire vos mémoires…»

Impôts : difficile d'y couper.

Qui dit retraite en Thaïlande ne dit pas forcément paradis fiscal. Une fois installé en Thaïlande, que devez-vous légalement à l'Etat français? Le cabinet d'avocats Vovan & Associés nous aide à y voir plus clair.

Lorsqu'il est fait état que vos «liens vitaux» (famille, logement…) se trouvent désormais en Thaïlande et que vous résidez dans ce pays plus de six mois par an, l’Etat français estime que votre résidence fiscale s'établit en Thaïlande. Cette considération sonne le glas des ponctions «CSG» et «RDS»; autrement dit, les cotisations obligatoires ne seront plus prélevées sur votre pension de retraite, qui vous parviendra «nette», pour autant que vous en fassiez la demande.

Malgré tout, vous restez soumis à l'impôt sur le revenu. L'article 18 de la convention fiscale de 1974 entre la Thaïlande et la France met les points sur les i: «Sous réserve des dispositions du paragraphe 1 de l'article 19, les revenus constitués par des pensions ou autres rémunérations au titre d'un emploi antérieur, provenant d'un Etat contractant et payés à un résident de l'autre Etat contractant, sont imposables dans le premier Etat.» En d'autres termes, même bien au chaud en Thaïlande, l'Etat français ne vous oubliera pas et comptera toujours sur vos deniers. C'est à vous de faire la démarche pour indiquer votre changement de résidence auprès de votre centre de perception, qui transmettra votre dossier au centre des impôts des non-résidents.

Attention: le barème fiscal pour les revenus de source française est différent de celui auquel vous étiez soumis dans l'Hexagone. Celui-ci s'établissait comme suit (chiffres de 2004): 0% d'imposition, si vous déclarez entre 0 et 10350€ par an net imposable, 15% si vous déclarez entre 10350 et 30030€, 25% au-delà.

Il est donc tout à fait possible d'avoir de bonnes comme de mauvaises surprises. Michel est ravi: «Ici, je ne paye que 12 euros d'impôts, ce qui est extrêmement avantageux!». Jean a, lui, un peu de mal à avaler la pilule. «Du fait de ma petite retraite, je n'étais pas imposable en France. Mais depuis que je suis résident en Thaïlande, on me demande 844 euros!», s'indigne-t-il.

Pour y parer, certains retraités conseillent de laisser une adresse en France pour conserver le même barème fiscal. Une solution illégale mais tout à fait possible, puisque si vous continuez à envoyer votre déclaration d'impôt normalement, l'administration n'ira pas vérifier si vous résidez toujours dans la Creuse ou si vous peaufinez votre bronzage à Phuket. Cependant, avant de foncer tête baissée, mieux vaut faire de savants calculs. En effet, il n'est pas certain que cette solution soit plus avantageuse. Car qui dit logement en France dit aussi taxe d'habitation et taxe foncière à débourser. «Et si vous gardez un logement en France, votre taxe d'habitation sera plus chère car il sera considéré comme une résidence secondaire», confie un particulier. Attention aussi aux appartements vides qui pourraient, d'après certaines sources, bientôt rentrer dans l'assiette de l'ISF. Reste donc à savoir si les économies réalisées sur l'impôt sur le revenu ne seront pas annulées par les différentes taxes liées à votre habitation-alibi. Certains n'ont pas marché dans la combine et regrettent de n'en tirer que des désavantages: «C'est totalement injuste, explique Jean, car si j'avais conservé une adresse en France pour échapper aux impôts, je pourrais aussi pomper des allocations pour mes trois enfants et bénéficier d'aides diverses, ce que je ne fais pas. En définitive, on me demande de payer des impôts alors que je fais faire des économies à la France!»

Du côté thaïlandais, en vertu du principe de la non double-imposition, vous ne payerez pas d'impôt sur votre pension de retraite. Mais vous devenez bien sûr imposable si vous louez une habitation dont vous êtes propriétaire en Thaïlande ou que vous effectuez des placements boursiers dans ce pays.


Et la santé ?

«Pour nous, la santé représente presque le problème numéro un» affirme une retraitée française de Koh Samui. «Même si on arrive en forme, sans trop de soucis de santé, il faut s'attendre à avoir un beau jour quelques désagréments inhérents à notre vieillissement», ajoute-t-elle. Alors pas question de prendre ce problème à la légère!

Pour commencer, un bilan complet s'impose avant le départ. Il est conseillé de demander à son généraliste un résumé médical avec antécédents, si possible en anglais. Une fois sur place, il est préférable de faire un check-up annuel. Tous les retraités vantent les mérites des soins médicaux en Thaïlande et leur moindre coût. «Ici, on est au top de la médecine. On est bien soigné», assure Michel. «Je me suis fait opérer du dos, raconte Claude, et je n'ai payé que 1600 euros tout compris, après cinq jours passés à l'hôpital. Tout est tellement moins cher ici.» Guy, opéré d'un cancer de la vessie à Bangkok il y a deux ans, confie n'avoir eu qu'à louer l'efficacité des médecins et la gentillesse des infirmières. Un bémol cependant du côté de Jean qui préfère toujours se soigner en France. «Les cadres ne sont pas toujours suffisamment formés», juge-t-il. On compte de plus en plus d'hôpitaux internationaux avec des médecins parlant anglais et parfois même un service de traduction en français. Les pharmacies fournissent la plupart des médicaments classiques, mais si vous suivez un traitement particulier, il est conseillé de s'assurer de sa disponibilité. Certains affirment enfin que les personnes souffrant de rhumatismes voient leur état s'améliorer grâce à l'humidité ambiante. «Si vous avez en France, Sécurité sociale et mutuelle, sachez que si vous êtes expatrié - et même si vous restez ici plus d'un mois d’affilée - vous n'êtes pas couverts pour vos dépenses locales, prévient Annie. Même si les prix sont sans commune mesure avec les prestations françaises, un accident, une maladie grave, coûtent parfois beaucoup d'argent.» Elle conseille de prévoir une assurance rapatriement et de contacter la Caisse des Français de l'Etranger, qui propose un volet «retraités». «D'autres assurances locales proposent des prix raisonnables» ajoute-t-elle. Enfin, dernière recommandation: ne pas oublier de boire (de l’eau!)






Réalisé avec l'aimable collaboration du cabinet Vovan & Associés, Bangkok.

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