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CAMBODGE – CONFLIT : Deux pays en chiens de faïence avec la France au milieu

Journaliste : Yann Moreels Date de publication : 08/02/2026
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Hun Manet et Emmanuel Macron

 

Une chronique cambodgienne de Yann Moreels

 

Deux pays se regardent ce mois-ci en chiens de faïence.

 

Si le cessez-le-feu tient entre les deux royaumes, il n’en va pas de même de la guerre des positions et des mots. Les tensions entre les gouvernements thaïlandais et cambodgien semblent même, en ce moment, s’accentuer au fil des déclarations des uns et des autres. Il faut reconnaître que lorsque les hommes politiques siamois se calment, ce sont les militaires qui occupent l’espace médiatique, espace laissé plus ou moins vacant par les impératifs de la période électorale.

 

Côté cambodgien, ce sont les interventions du Premier ministre Hun Manet qui retiennent l’attention. Chaque sortie vise à lancer un message qui n’est pas seulement tourné vers les oreilles khmères.

 

Ainsi, il apparaît une dimension que tout le monde attendait à Phnom Penh, mais n’osait pas ouvertement espérer. La France pourrait peut-être enfin s’exprimer sur un conflit frontalier dont elle apparaît, en quelque sorte, un peu coupable selon certains.

 

Photos du Premier ministre avec Emmanuel Macron à l’appui de l’annonce faite cette semaine que le Cambodge a écrit à l’Élysée ! Certes, il s’agit des efforts tous azimuts du gouvernement cambodgien, non seulement pour internationaliser les possibles solutions du conflit, mais aussi pour que chacun sache que le territoire du Cambodge est partiellement occupé par l’armée thaïlandaise.

 

Ainsi, une aide technique (et sans doute historique !) est-elle demandée, et il semblerait que l’ambassadeur de France à Phnom Penh y soit favorable, de façon que certaines vérités juridiques soient officiellement réaffirmées sur les accords de 1904 et 1907 entre les deux pays.

 

La France, qui est effectivement depuis toujours l’amie des deux pays, apparaît comme un arbitre crédible. C’est en effet sous son autorité, durant le protectorat en Indochine, que les négociations furent menées et les accords signés.

 

Diplomatie française disponible

 

Un communiqué de presse du 5 février 2026 du ministre khmer des Affaires étrangères confirme que la France avait exprimé récemment souhaiter recevoir une requête, et que celle-ci avait été aussitôt transmise par le Premier ministre. En même temps, la démarche épistolaire suggère que la France pourrait initier un engagement pour faciliter la résolution pacifique du conflit. Sous-entendu que les règles internationales (et le Conseil de sécurité de l’ONU ?) soient rappelées aux Thaïs afin de libérer les zones occupées ? Il reste concrètement près de 10 000 réfugiés n’ayant pas pu réintégrer leurs domiciles…

 

Dans le même temps, le gouvernement royal cambodgien est scandalisé par la venue de journalistes (sans visa d’entrée, évidemment), invités par les militaires occupants, sur le site d’O’Smach, pour la tenue d’un narratif anti-gouvernemental cambodgien, aux vues d’un casino détruit et d’un centre technique probablement utilisé à des fins de crimes en ligne…

 

La guerre, vue du Cambodge, apparaissait cette semaine, pour les Cambodgiens et quelques experts, comme déclenchée « apparemment » pour des vestiges de vieux temples khmers sur la ligne de frontière, mais plus vraisemblablement pour d’autres raisons plus administratives, policières, voire autant politiques que financières. Des motivations stratégiques possibles pour détruire ouvertement les activités dénoncées de « scams » du voisin afin de ne pas attirer l’attention sur les actions intérieures entreprises chez soi.

 

Il serait grand temps de régler ces différends violents pour que les deux pays se reparlent et rouvrent des voies diplomatiques. Quelle que soit l’issue de la sortie des urnes siamoises, il n’y a pas d’autre chemin.

 

La France colonisatrice avait mis fin à la décadence khmère de quatre siècles sous tutelle siamoise. Cette fois, la sagesse devrait prévaloir pour ne pas attendre quatre mois de plus depuis l’accord de Kuala Lumpur du 26 octobre dernier… pour atteindre la paix.

 

Yann Moreels

 

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