
L’Union européenne vient d’actualiser le 17 février, sa liste des juridictions fiscales jugées « non coopératives ». Pour l’Asie du Sud-Est, la décision marque un tournant : le Vietnam figure désormais sur cette liste noire, tandis que le Brunei bénéficie d’un délai supplémentaire pour réformer son système fiscal.
Pourquoi le Vietnam est-il concerné ?
Le Conseil de l’Union européenne explique que cette décision fait suite à une évaluation internationale menée dans le cadre de l’OCDE. Selon cette analyse, le Vietnam ne répond pas encore pleinement aux standards exigés en matière d’échange d’informations fiscales sur demande entre administrations.
Concrètement, cela signifie que les mécanismes permettant à d’autres pays d’obtenir des informations fiscales dans le cadre d’enquêtes ou de contrôles ne sont pas jugés suffisants par les autorités européennes.
Être inscrit sur cette liste n’entraîne pas automatiquement des sanctions économiques, mais cela peut avoir un impact en termes d’image et compliquer certaines relations financières avec l’Union européenne. L’objectif affiché par Bruxelles est d’encourager les pays concernés à adapter leur législation aux standards internationaux.
Brunei : un sursis de six mois
De son côté, le Brunei n’est pas inscrit sur la liste noire, mais reste sous surveillance. Le pays a obtenu un délai supplémentaire de six mois pour réformer son régime d’exonération des revenus de source étrangère.
L’Union européenne attend des ajustements afin de garantir que ce régime ne favorise pas des pratiques d’optimisation fiscale jugées dommageables. Ce délai doit permettre au sultanat de modifier sa législation pour se conformer aux critères européens.
Une liste révisée deux fois par an
Créée en 2017, la liste européenne des juridictions non coopératives est mise à jour deux fois par an. Elle vise à promouvoir davantage de transparence fiscale, une concurrence plus équitable entre États et la lutte contre l’évasion fiscale.
La prochaine révision est prévue pour octobre 2026. D’ici là, le Vietnam pourrait être retiré de la liste s’il apporte les garanties attendues, tandis que Brunei devra concrétiser ses engagements pour éviter une inscription formelle.
Pour les deux pays d’Asie du Sud-Est, l’enjeu est clair : renforcer la coopération fiscale internationale afin de préserver leur attractivité économique et leur crédibilité financière sur la scène mondiale.
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