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BIRMANIE EXPRESS – ACTUALITÉS : Que retenir de l’actualité birmane du 9 au 15 mars ?

Date de publication : 16/03/2026
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Gavroche a sélectionné pour vous quelques nouvelles saillantes en Birmanie durant cette semaine écoulée. Un survol de l’actualité indispensable pour tous ceux qui s’intéressent à ce pays d’Asie du Sud-Est.

 

Politique, diplomatie

 

Min Aung Hlaing a appelé mardi les groupes armés ethniques à engager un dialogue avec l’armée lors d’un discours à Naypyidaw. Il a également évoqué un transfert de l’autorité de l’État vers une administration liée au Union Solidarity and Development Party (USDP) après la convocation du Parlement le 16 mars. Selon Richard Horsey, conseiller de l’International Crisis Group, cette initiative viserait surtout à pousser les forces rebelles à se rendre. Le National Unity Government (NUG) affirme de son côté qu’aucune discussion de paix ne sera possible sans conditions préalables, notamment un dialogue menant à un système fédéral.

 

Lors d’une réunion à Naypyidaw marquant cinq années de pouvoir, Min Aung Hlaing a affirmé que d’éventuels amendements seraient soumis au prochain Parlement. Le régime évoque 43 points de modification, dont l’article 261 sur la nomination des ministres en chef régionaux. Plusieurs observateurs restent toutefois prudents. Ils rappellent que la Constitution de Birmanie de 2008 rend toute réforme majeure difficile : l’article 436 exige l’approbation de plus de 75 % des parlementaires, alors que l’armée détient 25 % des sièges. Dans ce contexte, ces annonces sont perçues par certains analystes comme des signaux d’ouverture limités, laissant intacte l’influence institutionnelle des militaires.

 

Min Aung Hlaing, a présidé cette semaine sur la base aérienne de Meiktila Air Base une cérémonie marquant l’entrée en service de quatre avions de combat, dont deux Sukhoi Su-30 d’origine russe et deux Hongdu K-8 chinois. Il a appelé l’armée de l’air à utiliser son arsenal « de manière efficace », alors que les frappes aériennes se multiplient dans les zones tenues par les groupes rebelles. L’événement visait à afficher la puissance militaire du régime. Mais des déserteurs liés au mouvement de désobéissance civile affirment que les appareils présentés seraient en réalité des avions plus anciens déjà en service, une hypothèse appuyée, selon eux, par les numéros de série visibles sur les photographies officielles.

 

Les Philippines ont appelé à renforcer d’urgence l’aide humanitaire en Birmanie. La secrétaire aux Affaires étrangères Theresa Lazaro, également envoyée spéciale de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), a présenté la situation devant le Conseil de sécurité des Nations unies. Elle a rappelé que le consensus en cinq points de l’ASEAN, signé en 2021 par Min Aung Hlaing, reste largement inappliqué. Selon l’Organisation des Nations unies, plus de 3,7 millions de personnes ont été déplacées par le conflit.

 

La marine a franchi une nouvelle étape dans son programme de modernisation avec la mise en service de l’UMS Thalun Min, la plus grande frégate jamais construite localement (135 mètres pour 3 500 tonnes), ainsi que l’inauguration d’un dock flottant de 40 000 tonnes à Rangoun. Lors de la cérémonie présidée par Min Aung Hlaing, le régime a également intégré quatre navires polyvalents destinés aux opérations fluviales dans le contexte du conflit interne et lancé la construction de deux bâtiments de lutte anti-sous-marine de 63 mètres. Dotée de systèmes de lancement vertical (VLS) pour la défense aérienne et d’équipements largement d’origine russe et chinoise, cette nouvelle frégate illustre la volonté du Tatmadaw de renforcer ses capacités maritimes et fluviales, tout en développant une industrie navale nationale malgré les sanctions internationales.

 

Économie

 

Lors d’une réunion de la Commission des finances à Naypyidaw, Min Aung Hlaing a présenté le budget 2026-2027, fondé sur une croissance prévue de 3,4 % et un PIB estimé à 195 billions de kyats. Ces projections interviennent alors que le régime évoque une transition politique après les élections annoncées pour avril. Plusieurs observateurs soulignent toutefois l’écart avec la réalité économique de Birmanie, marquée par les conséquences du séisme de 2025, une inflation élevée et les perturbations liées aux conflits. La Banque mondiale et des économistes indépendants évoquent par ailleurs une insécurité alimentaire touchant près de 15 millions de personnes, estimant qu’une éventuelle reprise ne serait qu’un rebond à partir d’un niveau d’activité très bas.

 

L’introduction par le régime d’un système de rationnement numérique en Birmanie a provoqué une flambée immédiate des prix du carburant et une vive exaspération chez les automobilistes de Rangoun, Mandalay et Naypyidaw. Ce dispositif, imposant des quotas stricts via codes-barres ou QR codes selon le type de véhicule, s’ajoute au système de circulation alternée (plaques paires/impaires) dans un contexte de tensions mondiales liées aux frappes israélo-américaines sur l’Iran. Entre pannes techniques identifiant mal les véhicules, files d’attente interminables et limites réelles souvent inférieures aux quotas officiels, transporteurs et propriétaires de véhicules non immatriculés se retrouvent étranglés, contraints pour certains de se tourner vers le marché noir alors que le prix du diesel premium a bondi de plus de 650 kyats par litre en une seule journée.

 

Dans plusieurs villes de Birmanie, les supermarchés restent approvisionnés, mais les produits importés se font plus rares. Les autorités ont en effet renforcé les contrôles sur les importations afin de préserver les réserves de devises. Depuis la mi-2025, l’octroi de licences d’importation a ralenti et la lutte contre la contrebande s’est intensifiée. Certains produits étrangers, comme la sauce Tabasco, ont vu leurs prix fortement augmenter. Le système TradeNet 2.0 impose désormais aux entreprises de disposer de revenus d’exportation pour importer certains biens. Selon des commerçants et des analystes, ces mesures compliquent l’approvisionnement et alimentent un marché parallèle des devises.

 

La Banque centrale de Birmanie a procédé ces derniers jours à plusieurs injections de devises pour soutenir les importations essentielles en Birmanie. Entre le 10 et le 13 mars, l’institution a vendu plusieurs millions de dollars à des entreprises important de l’huile alimentaire et annoncé la mise à disposition de 30 millions de dollars pour les importateurs de carburant. Parallèlement, la banque centrale a injecté plusieurs millions de bahts et de dollars sur le marché des changes, afin de faciliter l’approvisionnement en produits de base et de limiter les tensions sur les devises.

 

Société

 

Les pénuries de carburant et les restrictions de circulation imposées aux véhicules thermiques ont contribué à une forte hausse des prix des véhicules électriques. Ce marché bénéficie notamment d’exemptions fiscales décidées par les autorités. Plusieurs entreprises liées à Aung Pyae Sone et Khin Thiri Thet Mon, enfants du chef de la junte Min Aung Hlaing, figurent parmi les principaux importateurs de marques chinoises telles que BYD et MG Motor. Dans ce contexte, certains modèles d’entrée de gamme dépassent désormais les 100 millions de kyats.

 

L’Association des négociants et fabricants de coton et de produits du coton de Birmanie a examiné l’importation de semences de coton de qualité lors d’une réunion tenue le 12 mars au siège de l’Organisation de promotion du commerce de Birmanie à Naypyidaw. Les échanges ont porté sur l’approvisionnement en semences en provenance de l’Inde et de l’Ouzbékistan, afin d’introduire des variétés à fibre longue adaptées au climat et aux sols du pays et d’améliorer la qualité de la production cotonnière nationale.

 

En Birmanie, les forces de sécurité ont arrêté 155 ressortissants étrangers lors d’opérations visant des réseaux présumés d’escroqueries en ligne et de jeux d’argent illégaux dans le canton de Myawaddy Township, dans l’État Kayin. Les autorités ont d’abord interpellé 86 personnes le 14 mars près du village de Maethawtalay, puis 69 autres le lendemain lors d’une opération dans une zone forestière voisine. Les personnes arrêtées sont majoritairement des ressortissants chinois, mais comprennent aussi des citoyens du Vietnam, de Malaisie, de Russie et du Laos. Les suspects restent détenus à Myawaddy, où les autorités poursuivent leur identification.

 

Répression / Conflit

 

Les rebelles de l’Arakan Army accusent l’armée de l’air d’avoir bombardé, le 8 mars, un camp de prisonniers de guerre qu’ils administrent à Dar Lat Chaung. Selon eux, 116 soldats de la junte capturés ont été tués dans l’attaque, dont le général de brigade Myin Shwe.

 

L’offensive en tenaille menée par l’Armée d’Arakan (AA) s’intensifie autour de Sittwe, la capitale de l’État de Rakhine, où les troupes rebelles attaquent désormais la base navale de Shwe Min Gan au nord-est et une série d’avant-postes fortifiés le long de la rivière Mayu au nord-ouest.

 

L’armée birmane a mené mercredi deux frappes aériennes contre le village riverain d’Inbalar, dans le canton de Shwekyin Township, en Bago Region, tuant au moins six civils, dont deux enfants de six ans, selon la Karen National Union. Quatre autres habitants, dont une fillette de neuf ans, ont été blessés. Le village d’Inbalar fait face à Kyaunggone Village, dans le canton de Nyaunglebin Township, où une autre opération attribuée à l’armée avait déjà fait plus de 30 morts civils le 5 mars.

 

Des combattants de la Karen National Liberation Army et des People’s Defense Force ont pris mercredi un poste de l’armée dans le canton de Thayetchaung, dans la région de Tanintharyi, selon la Karen National Union. La base, située près du pont de Winwa sur la route reliant Dawei à Myeik, était occupée depuis plus de trente ans. Environ 40 armes et des munitions auraient été saisies.

 

Les forces de la People’s Defence Force (PDF) pourraient devoir se retirer de Tagaung, leur dernier bastion dans la Mandalay Region, face à une contre-offensive de l’armée birmane. Selon des sources sur le terrain citées par Democratic Voice of Burma, les troupes gouvernementales se trouvaient le 9 mars à environ six kilomètres au sud de la ville, prise par la PDF en août 2024. Située sur les rives de l’Irrawaddy, Tagaung constitue un point stratégique pour l’accès aux zones contrôlées par la résistance dans la Sagaing Region. Des milliers d’habitants ont quitté la zone ces derniers jours, selon des sources locales.

 

Une coalition de 149 organisations de la société civile a appelé le National Unity Government (NUG) à agir après des accusations de torture et de violences sexuelles visant une combattante de la résistance dans la région de Sagaing. Le NUG a annoncé la détention des suspects et l’ouverture d’une enquête. Des organisations de défense des droits des femmes réclament une procédure transparente et des sanctions, estimant que cette affaire pourrait affecter la crédibilité du mouvement de résistance.

 

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