
Après un point bas en juillet, l’inflation thaïlandaise a accéléré en août à 2,5 % sur un an. Énergie, alimentation, repas préparés et transports tirent les prix vers le haut. La hausse pourrait désormais se rapprocher de 3 % dans les prochains mois, sans provoquer pour autant un changement immédiat de la politique monétaire.
L’inflation globale a atteint 2,50 % sur un an en août, contre 1,95 % en juillet, avec une hausse de 0,56 % sur un mois.
Le mouvement vient d’abord de la remontée des prix de l’énergie, mais aussi de l’alimentation. Sur les huit premiers mois de l’année, l’inflation moyenne reste toutefois limitée à 1,37 %.
Alimentation et énergie tirent les prix vers le haut
Les prix des produits alimentaires bruts ont augmenté de 2,73 % sur un an en août, contre 1,14 % en juillet. La hausse atteint notamment 5,68 % pour les légumes et les fruits, 3,96 % pour le riz, les farines et les céréales et 5,16 % pour les œufs et les produits laitiers. Autrement dit, la hausse commence à toucher plus directement le panier quotidien des ménages.
L’énergie contribue encore davantage au mouvement : les prix ont progressé de 8,59 % sur un an, contre 6,53 % un mois plus tôt, sous l’effet du rebond des cours mondiaux et de leur répercussion sur le marché thaïlandais.
La hausse se transmet aux repas et aux transports
Autre signal à surveiller : les hausses de coûts commencent à se retrouver plus clairement dans les prix facturés aux consommateurs. Les aliments préparés ont augmenté de 3,72 % sur un an, avec notamment +3,88 % pour les plats prêts à consommer et +3,60 % pour les livraisons de repas. Les transports publics enregistrent également une forte hausse, de 7,23 %.
Résultat : l’inflation sous-jacente, qui exclut les éléments les plus volatils, est remontée à 1,44 % en août, contre 1,34 % en juillet.
Vers 3 % dans les prochains mois ?
Selon cette analyse, l’inflation thaïlandaise aurait atteint son point bas en juillet et devrait continuer à progresser dans les prochains mois. La combinaison d’une énergie plus chère, d’une inflation alimentaire plus visible et d’effets de base favorables pourrait pousser l’inflation globale vers 2,9 % à 3 % au quatrième trimestre 2026 ou au premier trimestre 2027.
Pour les ménages thaïlandais comme pour les expatriés, le signal est simple : la pression sur le coût de la vie pourrait redevenir plus visible d’ici la fin de l’année.
La Banque de Thaïlande prise entre deux contraintes
Cette accélération ne devrait toutefois pas entraîner immédiatement un changement de cap de la Banque de Thaïlande. La faiblesse de la croissance du crédit et les difficultés persistantes des commerces et des PME devraient inciter le Comité de politique monétaire à maintenir ses taux inchangés à court terme.
L’équation devient néanmoins plus délicate. Relever les taux trop tôt risquerait de peser davantage sur la consommation, le crédit et les petites entreprises. Mais si l’inflation sous-jacente continue d’accélérer, si le baht s’affaiblit ou si la croissance surprend à la hausse, la Banque centrale pourrait être contrainte de revoir sa position.
Pour la Thaïlande, le défi consiste désormais à soutenir une économie encore fragile tout en surveillant le retour progressif des tensions sur les prix.
Gaston Baht
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