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THAÏLANDE – SOCIÉTÉ : Quand l’argent devient un instrument de contrôle familial

Date de publication : 22/09/2026
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Famille Thaïlandaise - économie

 

Contrôler l’argent de son conjoint, utiliser sa dépendance financière pour exercer une pression ou priver un proche de ressources : la Thaïlande veut mieux prendre en compte la violence économique au sein des familles. Six projets de loi examinés par les députés doivent moderniser une législation qui remonte à 2007.

 

Les violences familiales ne commencent pas nécessairement par des coups. Elles peuvent aussi passer par l’argent, la dépendance financière, les menaces ou le contrôle exercé sur un proche.

 

C’est l’une des évolutions importantes de la réforme actuellement examinée par la Chambre des représentants thaïlandaise. Le gouvernement veut élargir la protection accordée aux victimes et mieux prendre en compte des formes de violence qui restent parfois invisibles parce qu’elles se déroulent derrière les portes du foyer.

 

Le 17 septembre, les députés ont examiné ensemble six projets de loi consacrés à la protection des victimes de violences domestiques. Ils émanent notamment du gouvernement, d’administrations et de propositions issues de la société civile.

 

Quand l’argent devient un moyen de pression

 

Parmi les évolutions débattues figure la violence économique. Elle désigne notamment l’utilisation de l’argent ou d’une situation de dépendance financière pour contrôler, intimider ou contraindre un membre de la famille.

 

Le député Pheu Thai Jakrapob Penkair a particulièrement insisté sur cette question lors des débats. Dans le texte de son intervention transmis à Gavroche, il souligne que le phénomène n’est pas nouveau mais qu’il reste difficile à combattre précisément parce qu’il se produit au sein de la famille.

 

Le député attire également l’attention sur une catégorie moins souvent associée aux violences familiales : les personnes âgées. Elles peuvent elles aussi subir des pressions psychologiques ou financières, être marginalisées ou amenées à se sentir comme une charge pour leur entourage.

 

« Ne pas se mêler des affaires de famille »

 

La réforme touche ainsi à une question plus profonde : jusqu’où l’État peut-il intervenir dans la sphère familiale ?

 

Jakrapob Penkair estime que l’ancienne conception selon laquelle les affaires familiales doivent rester privées doit désormais céder devant la protection des droits individuels. L’État, explique-t-il en substance, n’a pas vocation à se substituer aux parents ou à diriger la vie familiale, mais doit pouvoir intervenir lorsqu’une famille ne parvient plus à protéger l’un de ses membres.

 

Cette évolution apparaît également dans le projet soutenu par le gouvernement. Celui-ci élargit la définition des violences domestiques au-delà des seules atteintes physiques et prévoit des mécanismes permettant aux autorités d’intervenir plus rapidement pour protéger une victime. La protection doit également couvrir notamment les anciens conjoints et certaines personnes partageant le même foyer.

 

Une loi de 2007 jugée insuffisante

 

La Thaïlande dispose déjà depuis 2007 d’une loi spécifique contre les violences domestiques. Le gouvernement considère toutefois que certaines de ses dispositions ne correspondent plus aux réalités sociales et qu’elles ne définissent pas suffisamment les moyens d’intervention des autorités.

 

La réforme prévoit notamment des mesures temporaires de protection et veut mieux coordonner l’action des services concernés. Le gouvernement souhaite également faire des violences domestiques une infraction qui ne puisse plus simplement disparaître à la suite d’un arrangement entre les parties.

 

Pour Jakrapob Penkair, le véritable test viendra cependant après le vote : l’application de la loi. Il estime que les policiers, travailleurs sociaux et autres agents devront être suffisamment formés pour intervenir dans des situations où les relations humaines et familiales rendent souvent les faits difficiles à identifier.

 

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