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THAÏLANDE – ÉCONOMIE : L’inflation repart, mais l’économie ne s’emballe pas

Journaliste : Gaston Baht Date de publication : 07/10/2026
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L’inflation a atteint 2,82 % sur un an en septembre en Thaïlande. Une accélération largement alimentée par l’énergie et, dans une moindre mesure, par l’alimentation. Mais derrière cette hausse se cache une réalité plus nuancée : la pression sur les prix reste modérée dans le reste de l’économie, tandis que la consommation intérieure demeure fragile.

 

Les automobilistes thaïlandais en ont probablement davantage conscience que les économistes : la hausse des prix est de retour. En septembre, l’inflation a atteint 2,82 % sur un an, contre 2,53 % en août. Les prix ont progressé de 0,25 % sur le seul mois de septembre.

 

Cette accélération reste néanmoins inférieure aux prévisions du marché, qui tablaient sur 3,1 %, relève Kiatnakin Phatra dans sa dernière analyse de l’économie thaïlandaise.

 

L’énergie explique une grande partie du phénomène. La remontée des cours mondiaux s’est répercutée sur les stations-service : les carburants coûtent désormais 20,69 % de plus qu’un an auparavant. Cette envolée contraste avec les tarifs de l’électricité, en baisse de 7,53 % grâce à une nouvelle structure tarifaire.

 

Les prix alimentaires continuent eux aussi de progresser, mais plus modérément. Les produits alimentaires bruts augmentent de 2,83 % sur un an. Les céréales et produits à base de farine enregistrent notamment une hausse de 4,87 %, tandis que les prix de la viande, de la volaille et du poisson sont repartis à la hausse.

 

Une inflation surtout tirée par l’énergie

 

Ces chiffres pourraient donner l’impression d’une poussée inflationniste généralisée. Ce n’est pas encore le cas.
L’inflation dite « sous-jacente », qui écarte notamment les produits dont les prix fluctuent fortement afin de mieux mesurer la tendance de fond, s’établit à 1,50 % sur un an. Surtout, elle n’a pratiquement pas progressé entre août et septembre.

 

Pour Kiatnakin Phatra, c’est un signal important : la hausse passée des prix de l’énergie se transmet de moins en moins au reste de l’économie.

 

Les plats préparés coûtent encore 3,8 % de plus qu’il y a un an, mais leur progression ralentit. La consommation reste par ailleurs suffisamment fragile pour empêcher de nombreuses entreprises de répercuter intégralement leurs hausses de coûts sur leurs clients.

 

La Thaïlande connaît donc une inflation plus élevée, mais pas une flambée générale des prix provoquée par une économie en surchauffe.

 

Le seuil des 3 % pourrait être franchi

 

La tendance devrait néanmoins se poursuivre dans les prochains mois. Kiatnakin Phatra estime que l’inflation pourrait dépasser 3 % d’ici à la fin de l’année. Cette progression ne signifierait pas nécessairement une nouvelle accélération brutale des prix. Elle s’expliquerait en partie par un phénomène statistique : les prix de l’énergie actuels seront comparés à ceux, nettement plus faibles, enregistrés un an auparavant.

 

L’inflation pourrait ainsi atteindre un sommet entre la fin de 2026 et le début de 2027. Si les cours mondiaux de l’énergie reculent ensuite, elle devrait commencer à ralentir à partir du deuxième trimestre 2027.
Le principal risque reste un maintien durable des prix du pétrole à des niveaux élevés.

 

La Banque de Thaïlande face à un choix délicat

 

Cette situation place la Banque de Thaïlande dans une position inconfortable. Relever les taux permettrait de lutter contre une inflation persistante et de soutenir le baht, mais risquerait aussi de peser davantage sur une économie intérieure déjà fragile.

 

Les ménages fortement endettés et les petites entreprises rencontrent notamment des conditions de crédit difficiles. Dans ces circonstances, Kiatnakin Phatra estime que la banque centrale devrait conserver son taux directeur inchangé pendant quelque temps.

 

Une remontée des taux pourrait toutefois revenir sur la table en 2027 si le pétrole restait cher et surtout si le baht se dépréciait fortement.

 

La situation thaïlandaise présente donc un paradoxe : l’inflation pourrait bientôt dépasser 3 %, sans que cette hausse constitue nécessairement le signe d’une économie en pleine accélération.

 

Gaston Baht

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