
Dans les soutes meurtrières de la « belle colonie française ».
C’est un polar qui commence à Marseille et s’égare à Saïgon pour le plus grand bonheur des lecteurs «asiates» . Trois hommes. Trois amis comme dans les « civilisés » de Claude Farrère. Lyon, 1944. Sous les coups du nerf de bœuf de Klaus Barbie, Rémi Pellegrin, jeune résistant, croit vivre ses dernières heures. Lors de son transfert, il est sauvé par deux camarades.
Dix ans plus tard, les trois amis se retrouvent en Indochine, où la France fait la guerre à Hồ Chi Minh. Pellegrin travaille pour les services secrets. Un autre, petite main de bandits corses, fait le pont entre Saïgon et Marseille. Le troisième grenouille dans le cloaque de l’époque. « À Saïgon comme à Marseille, on croise des parrains, des barbouzes et des mercenaires, de la drogue, des filles exploitées. Mais aussi quelques Américains qui se préparent à prêter main-forte aux Français. Dans les zones grises du bien et du mal, Patrick Bard laisse ses personnages se demander ce que la France fait en Indochine » interroge Le Point. A Gavroche, nous avons ressenti la même chose.
Saïgon-Marseille, de Patrick Bard – Gallimard, 416 p., 22,50 €).








