
Chaque semaine, Richard Werly, conseiller éditorial de Gavroche et correspondant international reconnu, livre son regard sur la France dans les colonnes du média suisse Blick.
Nous vous proposons ci-dessous son dernier éditorial. Pour découvrir l’intégralité de sa newsletter, Republick, cliquez ici.
Il y a ceux qui cassent. Et ceux qui encaissent et se servent. Dans les rues de Paris livrées aux pillards samedi et dimanche, pour l’essentiel sur la rive droite de la capitale française, il s’agissait des mêmes. Les casseurs n’ont pas démoli les vitrines pour rien. Ils se sont ensuite servis. Si la responsabilité de l’ultragauche mise en cause par le gouvernement devait se confirmer, l’ironie serait tragique : ainsi donc, les anarchistes créent un chaos qui entraîne une ruée sur les boutiques de baskets pour ultrariches des beaux quartiers parisiens.
Il y a aussi ceux à qui la casse rapporte. Une France à genoux, au moins sur le plan symbolique, est un pays incapable de tenir tête à ses créanciers. Il lui faut, encore et encore, trouver preneur pour ses emprunts d’État. Les spéculateurs profitent donc du chaos provoqué par les casseurs. À chaque fois qu’une vitrine tombe dans un fracas de verre, les émissions d’obligations françaises en subissent le contrecoup. Le réflexe du vautour n’est jamais loin en matière de finance.
Puis il y a ceux qui paient. À tous les étages. À tous les niveaux. Il s’agit des contribuables et des entrepreneurs. La colère sociale française, réelle, se retourne donc in fine contre ceux qui réclament d’être enfin mieux traités et de pouvoir davantage respirer lorsqu’approchent les fins de mois. Eux n’ont rien à gagner à une France assommée. Alors que pour d’autres, derrière les écrans des banques ou dans les appartements où sont stockés les produits volés, ce pays K.-O. peut rapporter gros.
Bonne lecture, mais gare à la casse !
(Pour débattre : richard.werly@ringier.ch)
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