
Après plusieurs mois de mousson, les archipels de la côte occidentale thaïlandaise accueillent de nouveau les voyageurs. Des îles Similan à Maya Bay, les réouvertures marquent le début d’une nouvelle saison touristique. Mais derrière les plages paradisiaques, la Thaïlande doit aussi relever un défi : préserver les trésors naturels qui font le succès de la mer d’Andaman.
La mer d’Andaman retrouve ses visiteurs. Après cinq mois de fermeture saisonnière, les îles Similan, au large de la province de Phang Nga, ont rouvert le 15 octobre. Plus de 1 300 touristes s’y sont rendus dès la première journée, selon l’Autorité du tourisme de Thaïlande (TAT).
Quelques jours plus tôt, le 1er octobre, Maya Bay avait également rouvert ses portes sur l’île de Koh Phi Phi Leh, dans la province de Krabi. Rendue mondialement célèbre par le film La Plage, avec Leonardo DiCaprio, cette baie spectaculaire avait fermé pendant deux mois pour permettre à son écosystème marin de se régénérer.
Ces réouvertures annoncent le retour progressif de la haute saison touristique sur la côte occidentale de la Thaïlande. De Phuket à la frontière malaisienne, les compagnies maritimes reprennent leurs excursions, les établissements touristiques préparent l’arrivée des voyageurs et les professionnels espèrent profiter de la période la plus favorable de l’année.
La saison sèche ne s’installe toutefois véritablement qu’à partir de la fin novembre ou de décembre. En octobre, les pluies restent possibles et la houle peut encore perturber les liaisons maritimes.
Des îles paradisiaques sous surveillance
La réouverture des Similan constitue l’un des rendez-vous les plus attendus des amateurs de plongée. Cet archipel protégé doit sa renommée à ses eaux transparentes, ses immenses blocs de granit et ses fonds marins particulièrement riches.
Plus au nord, les îles Surin attirent elles aussi les plongeurs, notamment autour de Richelieu Rock, l’un des sites sous-marins les plus réputés du pays.
Mais ces paysages exceptionnels sont fragiles. Les autorités thaïlandaises ferment chaque année plusieurs parcs marins pendant la mousson, à la fois pour protéger les visiteurs des mauvaises conditions de navigation et pour laisser les milieux naturels se reposer.
Maya Bay illustre cette politique de protection. Après avoir subi les conséquences d’une fréquentation touristique excessive, la baie avait fermé pendant plusieurs années avant de rouvrir sous un régime d’accès réglementé.
Aujourd’hui encore, les bateaux ne peuvent pas pénétrer directement dans la baie. Les visiteurs débarquent de l’autre côté de l’île, puis empruntent un passage aménagé pour rejoindre la plage. La baignade y reste interdite afin de préserver les récifs et la faune marine.
Les modalités d’accès évoluent également. Depuis octobre 2025, six parcs nationaux marins, dont les Similan, les Surin et les Phi Phi, utilisent un système de billetterie électronique. La TAT recommande aux voyageurs d’acheter leurs billets à l’avance et de prévoir leur passeport.
De Phuket à Satun, une autre Thaïlande maritime
L’Andaman ne se résume pourtant pas à ses plages les plus célèbres.
Au nord de Phuket, la baie de Phang Nga abrite un labyrinthe de formations calcaires, de mangroves et de lagons dissimulés à l’intérieur des falaises. Les visiteurs peuvent explorer ces cavités naturelles, appelées hongs, à bord de petits canoës qui franchissent les passages rocheux lorsque la marée le permet.
Plus au nord, près de la frontière birmane, les îles Surin accueillent également des communautés Moken, un peuple traditionnellement tourné vers la mer. Certaines visites permettent de découvrir leur culture et leur mode de vie, à condition de privilégier des initiatives respectueuses des habitants.
En descendant vers Krabi, les falaises de Railay et les îles Phi Phi comptent parmi les paysages les plus photographiés du royaume. Mais les voyageurs qui poursuivent vers le sud découvrent une côte parfois moins fréquentée.
Dans la province de Trang, les îles de Koh Muk, Koh Kradan et Koh Libong offrent un visage différent de la mer d’Andaman.
Koh Libong est particulièrement connue pour ses dugongs, de grands mammifères marins herbivores qui se nourrissent dans les herbiers sous-marins. Leur présence reste toutefois précaire. La dégradation de ces prairies marines a provoqué une forte diminution de leur population ces dernières années.
Des observations réalisées en 2026 ont néanmoins apporté quelques signes encourageants. Les défenseurs de l’environnement insistent sur la nécessité de protéger les herbiers et d’éviter toute perturbation des animaux.
À l’extrême sud, la province de Satun réserve d’autres découvertes. Son géoparc mondial UNESCO témoigne d’une histoire géologique vieille de plusieurs centaines de millions d’années, avec ses formations rocheuses, ses fossiles et ses grottes marines.
Au large, l’archipel de Tarutao et l’île de Koh Lipe attirent les voyageurs à la recherche de paysages préservés et de fonds marins accessibles en excursion.
Une saison prometteuse, mais quelques précautions
Pour découvrir plusieurs provinces de la côte occidentale, la TAT suggère un voyage d’une dizaine de jours, de Phuket jusqu’à Koh Lipe, en passant par Phang Nga, Krabi et Trang.
Un tel itinéraire permet d’alterner les excursions en mer, la découverte des villages côtiers, la plongée et les visites culturelles. Il suppose toutefois de prévoir suffisamment de temps pour les déplacements, les îles les plus éloignées nécessitant parfois plusieurs correspondances maritimes.
Les autorités recommandent également de conserver une certaine souplesse dans son programme. En octobre et au début du mois de novembre, les conditions météorologiques peuvent entraîner l’annulation d’une sortie en bateau, même lorsque les parcs ont officiellement rouvert.
Les réservations deviennent par ailleurs plus importantes à l’approche de décembre et janvier, période durant laquelle les destinations les plus populaires accueillent une forte fréquentation.
Pour les voyageurs, cette nouvelle saison offre donc une occasion de redécouvrir l’une des régions les plus spectaculaires de Thaïlande.
Mais pour les autorités et les professionnels du tourisme, le défi dépasse désormais la seule fréquentation des îles. Il s’agit aussi de trouver un équilibre entre les revenus apportés par les visiteurs, la préservation des écosystèmes et le respect des communautés locales.
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