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Vue d’ailleurs, Christine Draghi à l’Élysée

Date de publication : 04/11/2026
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Christine Lagarde

Chaque semaine, Richard Werly, conseiller éditorial de Gavroche et correspondant international reconnu, livre son regard sur la France dans les colonnes du média suisse Blick.

Nous vous proposons ci-dessous son dernier éditorial. Pour découvrir l’intégralité de sa newsletter, Republick, cliquez ici.

Avouez que ce duel aurait de l’allure. Deux France, deux visions du monde et de la politique. Christine Draghi-Lagarde face à Marine Le Pen, au second tour de la présidentielle française, en avril-mai 2027. J’écris « Draghi-Lagarde » pour bien souligner le trait. Lorsque l’Italie faillit sombrer sous le poids de son endettement public record, début 2021, l’ancien patron de la Banque centrale européenne arriva à la rescousse avec le soutien des principaux partis politiques italiens, Giorgia Meloni exceptée. L’heure était trop grave pour ne pas reprendre les rênes financières de la « Botte ». Un an plus tard, en octobre 2022, la cheffe du parti d’extrême droite Fratelli d’Italia remportait les législatives à la tête d’une union des droites. Bye-bye « Super Mario ». Le pays, sorti du purgatoire, avait relevé la tête.

Le cas de la France en campagne électorale n’a rien à voir. Le régime présidentiel, tel que l’a voulu le général de Gaulle, impose d’être élu par le peuple au suffrage universel. Mais pourquoi pas un scénario de sauvetage démocratique ? Un « front républicain » qui n’aurait pas pour but d’empêcher l’arrivée au pouvoir du Rassemblement national, mais celui de sauver la France de la faillite. Je sais, je divague. Une campagne se gagne sur le terrain. Avec ce qu’il faut de promesses, de démagogie et d’empathie. Je note juste que Christine Lagarde, qui vient d’annoncer sa démission de la Banque centrale européenne, a le sens de l’État, la pratique des négociations (en bonne avocate) et l’aura internationale indispensables en temps de crise aiguë. Trop grande bourgeoise ? Trop loin du peuple ? Trop proche des milieux d’affaires ? Trop liée à l’Europe ? Tout ça est juste. Mais est-ce insensé d’y croire (un peu) ?

Bonne lecture, avec ou sans Christine !

(Pour débattre : richard.werly@ringier.ch)

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