
Les bénéfices des grandes entreprises cotées en Thaïlande progressent fortement au troisième trimestre 2026. Pourtant, les premiers résultats déçoivent les analystes. Trois poids lourds du marché concentrent l’essentiel des mauvaises surprises.
Les profits des grandes entreprises thaïlandaises bondissent de 37 % sur un an. De quoi rassurer les investisseurs ? Pas vraiment. Les premiers résultats du troisième trimestre 2026 sont inférieurs de 10 % aux prévisions des analystes.
Entre le 14 et le 31 octobre, 19 sociétés de l’indice SET100 ont publié leurs comptes. Elles représentent moins d’un cinquième des entreprises de l’indice, mais près de la moitié de sa capitalisation boursière.
Trois géants concentrent les déceptions
L’essentiel de l’écart avec les prévisions provient de trois groupes : PTTEP, spécialiste de l’exploration pétrolière et gazière ; Siam Cement Group (SCC), présent dans les matériaux de construction et la pétrochimie ; et Delta Electronics Thailand, acteur majeur de l’électronique.
Le poids de ces entreprises suffit à tirer les résultats d’ensemble sous les attentes. Sans elles, les bénéfices et les chiffres d’affaires publiés correspondent globalement aux prévisions.
Derrière les 37 %, une croissance bien plus modeste
La progression spectaculaire des profits masque une réalité plus nuancée. Ce chiffre global est fortement influencé par quelques grandes entreprises. Si l’on examine les sociétés individuellement, la hausse médiane des bénéfices n’atteint que 7 % sur un an. Autrement dit, la moitié des entreprises enregistrent une progression inférieure ou égale à ce niveau.
Ce rythme est identique à celui du deuxième trimestre. Par rapport aux trois mois précédents, l’évolution médiane des bénéfices est même négative, à -1 %. Aucun signe d’accélération générale ne se dessine donc pour l’instant.
Les écarts entre secteurs sont considérables. L’énergie, les services aux collectivités et les matériaux affichent une hausse annuelle de 156 % de leurs bénéfices, mais un recul de 22 % sur trois mois. Dans la finance, les profits diminuent de 9 % sur un an. Les autres secteurs progressent de 7 %, tout en enregistrant un repli trimestriel de 3 %.
Les banques résistent, le pétrole reste une inconnue
Contrairement au deuxième trimestre, les banques ne créent pas de surprise positive majeure. Leurs résultats restent solides, mais les analystes anticipent un ralentissement des revenus de commissions en 2027.
Les prévisions de bénéfices du SET100 pour 2026 et 2027 ont d’ailleurs peu évolué en octobre. Les révisions favorables dans l’immobilier, les médias et les matériaux compensent les ajustements négatifs concernant Delta Electronics.
L’énergie demeure la principale inconnue. Les entreprises du secteur restent exposées aux fluctuations des cours du pétrole et à un risque de durcissement réglementaire, notamment pour les raffineries.
Plus de la moitié des sociétés du SET100 doivent encore publier leurs comptes. Leurs résultats permettront de déterminer si les déceptions restent limitées à quelques géants ou s’étendent à d’autres entreprises.
À ce stade, les profits progressent, mais pas suffisamment au regard des attentes pour convaincre les analystes.
Gaston Baht
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